Le dollar a repris des forces hier sur les marchés des changes internationaux après l’annonce de la prise de Kaboul par l’Alliance du Nord, chassant les taliban après cinq années de mainmise des miliciens fondamentalistes sur la capitale afghane. Cela d’autant que la thèse de l’accident a été privilégiée pour expliquer le crash la veille d’un Airbus d’American Airlines à New York. En revanche, l’euro a souffert de la menace de démission du chancelier allemand Gerhard Schröder en cas de vote défavorable du Parlement à son projet d’envoi de troupes en Afghanistan, et des chiffres de l’inflation française, plus mauvaise que prévu. À cet égard, les opérateurs ont été mal impressionnés par les statistiques publiées hier par l’Institut de la statistique et des études économiques (INSEE) que l’indicateur d’inflation sous-jacente a augmenté de 0,3 % le mois dernier et de 2 % en glissement annuel contre 1,8 % en septembre. De ce fait, la monnaie unique est allée vers le bas jusqu’à se négocier sous le seuil de 0,88 dollar par moments (à 0,8792 dollar), soit son plus bas niveau depuis le mois d’août. De l’avis unanime des cambistes, l’euro devrait rester faible face au dollar jusqu’à l’arrivée des pièces de cette monnaie dans les portefeuilles des ménages européens au début de l’année. Par rapport aux autres grandes monnaies, le billet vert s’est également apprécié d’une façon notable contre le franc suisse, qui avait joué la veille le rôle de valeur refuge après le crash de l’avion de ligne américain à New York, pour frôler le seuil de 1,67 FS, soit son cours le plus élevé à la veille des attentats du 11 septembre. Cela étant et compte tenu aussi de la forte reprise de Wall Street et de la bourse électronique Nasdaq, l’engouement pour les placements en actifs américains s’est accentué, faisant négocier le dollar à New York à la hausse comme suit : – 0,8815 pour un euro contre 0,8945, la veille à Londres – 1,4435 pour un sterling contre 1,4545 – 2,2190 DM contre 2,1865 – 7,4415 FF contre 7,3335 – 1,6695 FS contre 1,6365 – 2 196,55 lires contre 2 164,65 – 121,55 yens contre 120,45. Forte hausse de Wall Street et du Nasdaq Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières se sont nettement raffermis hier, dopés par les développements en Afghanistan et les premiers résultats de l’enquête sur le crash d’un avion de ligne américain la veille à New York. Cinq semaines après le début de l’opération armée américaine en Afghanistan pour déloger le terroriste présumé Oussama Ben Laden, la capitale Kaboul est tombée hier aux mains des forces de l’opposition de l’Alliance du Nord, chassant les taliban et sonnant le glas du régime fondamentaliste dans ce pays. Les investisseurs boursiers ont estimé que ce développement permettra aux Américains de concentrer leurs efforts sur la reprise de l’économie perturbée par les attentats du 11 septembre. «Il y a un espoir concret que la guerre ne sera plus aussi longue que l’on craignait. C’est clairement ce qui donne l’impulsion à la progression du marché», a observé une analyse de la firme américaine de courtage Ehrentkrantz, King and Nusbaum. Par ailleurs, après avoir craint la veille que le crash de l’avion d’American Airlines sur un quartier résidentiel de New York n’ait été le fait d’un nouvel attentat terroriste, le marché a été sensibilisé hier par les déclarations d’un responsable de l’enquête qui a indiqué que selon les résultats préliminaires rien n’indiquait qu’il pouvait s’agir d’autre chose qu’un accident. Cette nouvelle a donc rassuré les investisseurs qui ont racheté les valeurs américaines. Les compagnies aériennes n’ont pas tardé à remonter la pente après avoir dégringolé la veille. AMR, maison mère d’American Airlines, a gagné sensiblement du terrain ainsi que United Airlines et Delta Airlines. Les financières ont été également recherchées, notamment Citigroup, Bank of America, Goldman Sachs et Bear Stearns. Les titres des chaînes de magasins ont aussi retenu l’attention après la publication de leurs résultats, dont Home Depot, JC Penney et Wal-Mart. Les technologiques ont ignoré l’avertissement lancé par Oracle que son bénéfice serait inférieur aux attentes au deuxième trimestre (clos fin novembre courant) de son exercice 2001/02. En effet, l’indice composite Nasdaq est parvenu à frôler le seuil des 1 900 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 9 551,43 points et un plus haut à 9 755,78 points avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 734,74 points, en hausse de 180,37 points sur la veille. Les Bourses européennes tirées à la hausse par les technologiques et Wall Street Les valeurs européennes ont clôturé en hausse mardi à la faveur de la bonne tenue de Wall Street, elle-même favorisée par l’avance fulgurante de l’Alliance du Nord en Afghanistan et par le regain d’intérêt suscité par le secteur de forte croissance, mieux à même de bénéficier d’une éventuelle reprise économique. L’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a progressé de 40,99 points, soit 3,4 %, à 1 247,98 points, l’indice DJ Euro Stoxx 50 (valeurs vedettes de la zone euro) a pris 150,43 points (4,22 %) à 3 717,98 et le DJ Stoxx 50 (valeurs vedettes de toute l’Europe) a gagné 129,69 points (3,65 %) à 3 684,26. La Bourse de Paris a gagné 4,32 %, Londres 2,54 % et Francfort 2,63 %. Comme aux plus beaux jours de la «nouvelle économie», les TMT se taillaient part du lion, à commencer par Alcatel. Le groupe français de matériel de télécommunications, actuellement en pleine restructuration et considéré comme particulièrement bien placé en cas de redressement des technologiques DJ Stoxx des technologiques européennes progressait de 6,78 %. Parallèlement, les indices sectoriels des médias et des télécommunications gagnaient respectivement 5,11 % et 4,84 %. Enhardis par les récentes baisses de taux d’intérêt, les investisseurs ont commencé à se préparer à une reprise économique au deuxième semestre 2002. Tokyo : en baisse avec les secteurs de l’aviation et du tourisme L’indice de référence Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé mardi en baisse de 0,5 % (51 points) à 10 030,56 points sur des ventes de titres des secteurs du transport aérien et du tourisme à la suite de la catastrophe aérienne survenue lundi à New York, ont indiqué des courtiers. L’indice élargi Topix a reculé de 4,63 points à 1 016,48 points, dans un volume d’échanges de 684 millions de titres, contre 614 millions lundi. «Quand les investisseurs ont commencé à croire à la thèse de l’accident concernant le crash aux États-Unis, il y a eu un début de reprise et on a terminé au-dessus de 10 000 points», a indiqué Hiroichi Nishi, analyste à Nikko Securities. «Bien que ce crash semble être un accident, il renforce les craintes sur le transport aérien. Les investisseurs sont préoccupés par une éventuelle aggravation des pertes des compagnies et des agences de voyage», a relevé de son côté Tatsuo Kurokawa, analyste de Nomura Securities. Japan Airlines (JAL) a abandonné 10 yens, soit 3,4 %, à 287 yens et All Nippon Airways (ANA) a perdu 6 yens, soit 1,9 %, à 305 yens. JAL et la compagnie intérieure japonaise Japan Air System ont annoncé lundi qu’ils fusionneraient, créant la sixième compagnie aérienne mondiale. Le voyagiste Kinki Nippon Tourist a reculé de deux yens à 258 yens. L’annonce de l’entrée de l’opposition talibane dans la capitale afghane, Kaboul, n’a pas eu d’impact, estimaient les courtiers. «Le marché ne réagit pas à ce genre de développement dans une guerre», a indiqué Masaaki Higashida, de Nomura Securities. Les grands groupes ont reculé en raison de préoccupations croissantes sur l’accélération de la détérioration de l’économie nippone, selon les opérateurs. Le PIB s’est contracté de 0,7 % au Japon sur les trois mois avril-juin et tous les indicateurs vont dans le sens d’une nouvelle contraction du PIB sur les trois mois suivants. Le groupe informatique Fujitsu a cédé 14 yens à 880 yens et Hitachi 30 yens à 857 yens. Sony a perdu 10 yens à 4 800 yens. Les banques étaient mitigées en raison d’incertitudes sur le plan que va mettre en place le gouvernement pour effacer leurs créances douteuses.
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