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Actualités - Chronologies

L’hiver pourrait favoriser - les soldats américains

Les forces américaines, bien entraînées et équipées, n’ont pas peur du rude hiver afghan qui pourrait cependant ralentir les opérations militaires. Washington et Londres, annonçant l’envoi de soldats de forces spéciales sur le terrain, ont confirmé ces jours-ci la poursuite de la guerre y compris pendant le ramadan, le mois du jeûne musulman, qui commence cette année le 17 novembre, au début de l’hiver. «Il est possible que l’hiver serve la coalition», estime Andrew Krepinevich, directeur du Center for Strategic and Budgetary Affairs à Washington. «Ce qui typiquement gêne les opérations à cette saison, c’est le manque de ravitaillement, la difficulté à acheminer carburant et munitions». Mais, ajoute cet expert de défense, «Américains et Britanniques ont certainement la capacité aéroportée, s’ils le veulent, de maintenir le ravitaillement aux forces de l’Alliance du Nord, compliquant les choses pour les taliban». Pendant la guerre froide, ajoute Andrew Krepinevich, les troupes de l’Otan ont acquis une grande expérience d’opérations dans le froid de la Norvège, du Canada ou de la Corée. «Certes l’environnement afghan est difficile, mais le défi peut être relevé». Anthony Cordesman, qui vient de consacrer une étude sur la question pour le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), dresse un tableau nuancé : «Personne ne gagne le front météo dans la guerre, et le rythme des opérations devrait baisser», écrit-il. Il souligne que les conditions météo – températures, couverture nuageuse, précipitations, vents – varient beaucoup suivant la géographie contrastée de l’Afghanistan depuis Kandahar, au bord des déserts du Sud, jusqu’aux montagnes centrales de l’Hindu Kush. Ainsi Chagharan, à 2 200 mètres, est sous la neige d’octobre à avril et la température peut descendre à -46 degrés Celsius en février ; Kaboul (1 800 mètres) peut être enneigé de novembre à mars. Cordesman estime qu’il sera plus facile d’aider l’opposition près d’Herat (est) ou Mazar-i-Sharif (nord) que dans les montagnes du Panchir. Pendant l’occupation soviétique, l’hibernation était de rigueur, note James Phillips, expert à la Heritage Foundation. «Les combats devraient faiblir bientôt, mais pas forcément l’activité américaine par avions et hélicoptères», estime-t-il. Mais la comparaison avec les Soviétiques s’arrête là, selon les experts, car les soldats d’élite professionnels occidentaux sont jugés mieux équipés et entraînés, plus motivés que les conscrits de l’ex-URSS. «Les forces américaines et britanniques au sol sont mieux habillées pour l’hiver, ont des capteurs et armes mieux adaptés que les Russes, mais l’endurance des combattants afghans est stupéfiante historiquement», selon M. Cordesman. Parmi les avantages technologiques à disposition des Américains en 2001, il y a en effet les systèmes de vision de nuit et de détection thermique à infrarouge y compris par avion : ces derniers peuvent même être plus efficaces pour détecter les caches de l’ennemi dans le froid. «Il est aussi plus facile de repérer depuis les airs dans la neige les traces de chevaux et des trous au sol que dans la poussière des cols», relève Dan Gouré, du Lexington Institute. Les soldats de la 10e division de montagne d’infanterie légère, qui s’entraînent en Alaska ou dans le Colorado, sont stationnés dans l’Ouzbékistan voisin. Couverts de vêtements spéciaux, munis de rations alimentaires à haute teneur calorique, ils peuvent au besoin intervenir à skis, raquettes ou motoneiges. Reste, selon les experts, que Washington risque de perdre dans l’opinion «la bataille de l’humanitaire», car les largages aériens ne suffiront pas pendant l’hiver à assister des centaines de milliers de civils afghans affamés par des années de sécheresse.
Les forces américaines, bien entraînées et équipées, n’ont pas peur du rude hiver afghan qui pourrait cependant ralentir les opérations militaires. Washington et Londres, annonçant l’envoi de soldats de forces spéciales sur le terrain, ont confirmé ces jours-ci la poursuite de la guerre y compris pendant le ramadan, le mois du jeûne musulman, qui commence cette année le 17 novembre, au début de l’hiver. «Il est possible que l’hiver serve la coalition», estime Andrew Krepinevich, directeur du Center for Strategic and Budgetary Affairs à Washington. «Ce qui typiquement gêne les opérations à cette saison, c’est le manque de ravitaillement, la difficulté à acheminer carburant et munitions». Mais, ajoute cet expert de défense, «Américains et Britanniques ont certainement la capacité aéroportée, s’ils le...