Une trentaine d’associations, d’organisations et de collectivités de cinq pays européens soutiennent un projet intitulé «Europe de la mémoire» pour mieux connaître les heures noires de l’histoire du continent entre 1915 et 1945.Ce réseau rassemble des collectivités locales, des musées, des mémoriaux, comme ceux de Drancy et d’Oradour-sur-Glane, des organisations représentant les déportés ou les communautés juive ou arménienne. Ils sont originaires de France, d’Allemagne, de Belgique, du Royaume-Uni et d’Italie. Signataires d’une charte, ils se donnent pour objectif de «poursuivre et d’intensifier, séparément et en commun, leur action pour perpétuer la Mémoire». Ils veulent notamment «favoriser l’enseignement des conflits, déportations, génocides, persécutions et tragédies qui ont marqué le continent européen au cours des années 1915 à 1945», depuis le génocide arménien jusqu’à celui des juifs. Alors que les derniers témoins disparaissent, «les gestionnaires des lieux de mémoire se posent la question de la transmission» du souvenir de ces tragédies, explique Alain Kremenetzky, délégué général de l’association «Europe de la mémoire» et directeur du Conservatoire historique du Camp de Drancy, près de Paris. Lancé en janvier dernier, ce projet a été présenté le week-end dernier lors d’un premier colloque franco-allemand sur les lieux de mémoire réunissant une soixantaine de spécialistes au couvent de la Tourette, à Eveux, près de Lyon (sud-est de la France). «Nous réunissons des gens qui travaillent sur ces périodes différentes, le génocide arménien, la guerre civile en Espagne, la Seconde Guerre mondiale, nous voulons mélanger nos expériences», explique M. Kremenetzky. La période retenue, restreinte de trente ans, s’explique par des questions de moyens, mais aussi par la nécessité d’avoir un certain recul, selon lui. Les membres du réseau échangent des informations, préparent des dossiers pédagogiques à destination des écoles, organisent des expositions d’artistes. À moyen terme, les promoteurs du projet veulent aussi mettre sur pied un «Centre de documentation sur la mémoire européenne» et éditer un guide des lieux de mémoire européens avant la fin 2002. «Nous travaillons également sur le thème du sport et de la mémoire pour faire connaître les parcours des sportifs déportés, dont certains ont été assassinés», poursuit Alain Kremenetzky. La première opération, qui a reçu l’aval de la Fédération nationale de natation, portera sur la vie et la carrière d’Alfred Nakache, surnommé le «nageur d’Auschwitz». Elle s’achèvera par une compétition internationale à Toulouse en mars 2002.
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