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Actualités - Chronologies

Les aléas des nouveaux médicaments

Il y a deux mois, la firme Bayer retirait du marché mondial un de ses médicaments contre les taux élevés de cholestérol, la cérivastatine, vendue, selon les pays, sous les noms de staltor, cholstat, baycol et lipobay. D’après la presse étrangère, ce médicament aurait provoqué plus de 1 100 cas de graves lésions musculaires dans le monde, dont 52 cas mortels mentionnés dans le rapport de l’Agence allemande du médicament, repris par la presse européenne. Cette affaire a mis en évidence le problème des nouveaux médicaments prescrits massivement dans le monde sous l’impulsion, voire la pression, de grands laboratoires pharmaceutiques, mettant ainsi en tragique évidence d’éventuelles séquelles ignorées ou négligées jusqu’à présent... Le processus de la preuve certaine d’effets secondaires d’un médicament est complexe et très long. La cérivastatine fait partie du groupe des statines dont les effets secondaires, du moins de cinq d’entre elles, avaient déjà été relevés dans un rapport de l’association des consommateurs «Public Citizen» des États-Unis. Le rapport en question mettait en cause ces cinq statines dans la survenue de 385 cas de complications graves, dont 81 mortels. Le retrait de la cérivastatine, donc, pose avec urgence le problème des effets secondaires des nouveaux médicaments. Vantés par les fabricants, relayés par la presse, friande de nouveautés sensationnelles, et les grands «gourous» généralement très écoutés par un public à l’affût de conseils «avisés», de nouveaux remèdes «miraculeux» créent et nourrissent un emballement général. Les surprises, malheureusement, peuvent-elles aussi ne pas manquer de survenir. Dans le cas présent, les statines, dont fait partie l’anticoagulant incriminé, constituent un progrès indiscutable dans le traitement des taux élevés de cholestérol, source d’accidents coronariens graves, souvent mortels... Ce qui explique le fait que partout dans le monde, les cardiologues, à partir des années 80-90, les prescrivent régulièrement chez les sujets ayant un accident cardiaque coronarien, indépendamment jusque-là de leur taux de cholestérol, en guise de prévention. D’autant plus qu’un taux élevé de cholestérolémie est un risque, celui d’un facteur parmi d’autres, d’accident cardio-vasculaire. Au même titre que la cigarette, l’hérédité, l’hypertension, le diabète et la sédentarité. La prescription massive, toutefois, des statines, considérées comme «le» médicament-miracle, n’est pas malheureusement sans séquelles pour tout le monde... Leur prescription chez des sujets à taux de cholestérol élevé, on vient de le constater, entraîne des risques très graves... Il faut toutefois signaler que les doses prescrites aux États-Unis dans l’emploi de ces remèdes sont, de l’avis des spécialistes français, deux fois plus élevées que celles proposées ailleurs. Ce qui pourrait expliquer leur effet négatif. Ainsi, au stade présent, l’Agence européenne du médicament va réunir toutes les données notifiées sur l’ensemble des applications des statines afin de mieux cerner le problème, d’éviter tout risque dans l’avenir et d’affronter le problème présent en toute connaissance de cause...
Il y a deux mois, la firme Bayer retirait du marché mondial un de ses médicaments contre les taux élevés de cholestérol, la cérivastatine, vendue, selon les pays, sous les noms de staltor, cholstat, baycol et lipobay. D’après la presse étrangère, ce médicament aurait provoqué plus de 1 100 cas de graves lésions musculaires dans le monde, dont 52 cas mortels mentionnés dans le rapport de l’Agence allemande du médicament, repris par la presse européenne. Cette affaire a mis en évidence le problème des nouveaux médicaments prescrits massivement dans le monde sous l’impulsion, voire la pression, de grands laboratoires pharmaceutiques, mettant ainsi en tragique évidence d’éventuelles séquelles ignorées ou négligées jusqu’à présent... Le processus de la preuve certaine d’effets secondaires d’un...