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Actualités - Opinions

Le destin de l’Orient ancien

… Ce n’est pas un hasard la guerre. Certes l’histoire que l’on écrit aujourd’hui n’est plus celle des batailles livrées et des traités conclus. Mais, comme l’écrit justement J. Deshayes, le destin de l’Orient ancien n’a malheureusement été qu’une longue succession de guerres de conquête, de royaumes édifiés puis anéantis par la force. L’auteur a démonté les ressorts de ces peuples exploités tentant d’échapper à l’asservissement auquel ils étaient soumis. Les progrès économiques ont naturellement été la conséquence de l’urbanisation et de la centralisation du pouvoir. Mais le développement des modes de production, favorisé par les princes et les prêtres, ne devait finalement servir qu’à eux. Les besoins dévorants du palais et du temple et le cloisonnement des classes sociales entraînèrent un système d’exploitation sévère et souvent inhumation. Le seul mode de gouvernement demeura un despotisme appuyé sur le clergé et la force militaire. Le souverain, protégé par la divinité, exigeait une obéissance absolue qu’aucune évolution politique ne vint tempérer. La formation des grands empires développa et ramifia une bureaucratie qui constituait le rouage essentiel de l’État. Seule la civilisation minoenne semble aujourd’hui, au travers de ses vestiges matériels, offrir un certain visage de bonheur. Ailleurs, la vie des populations paraît marquée du sceau de l’insécurité et de la crainte. La vie religieuse elle-même respire un air d’inquiétude anxieuse. Si le souverain est tout-puissant sur terre, la divinité est, elle aussi, exigeante et redoutable. Certes, les panthéons ont été divers suivant les peuples et se sont modifiés au gré des vicissitudes politiques. Mais les exigences des dieux n’ont jamais faibli. Il fallait se garder avec le plus grand soin de tout manquement aux règles du culte, de tout acte, comprendre les signes constamment envoyés sur terre par les dieux. Les bibliothèques de la Mésopotamie ancienne contenaient une foule de manuels destinés à la formation des devins, et l’importance de la mantique babylonienne ne saurait être surestimée. Il s’agit d’une discipline d’une incroyable complexité qui reposait sur des siècles d’observation et donnait les règles d’interprétation convenable du signe-présage. Science fausse, s’il en fut jamais, mais qui repose sur un esprit d’observation d’une qualité rare et qui nous fait rentrer en profondeur dans une psychologie marquée par la crainte constante de manquer aux injonctions divines et par le souci de sonder un avenir décidé et déterminé par les puissances d’en haut. Cependant, dans cette atmosphère pesante, une éthique individuelle surgit avec les doctrines israélite et zoroastrienne. Le monothéisme juif va s’isoler au milieu des croyances enracinées dans l’ancien Orient et l’avenir lui est réservé. La création artistique est, de son côté, multiforme et ne se laisse pas réduire à des définitions trop simples. Religieux, monarchique, dynastique, l’art aura pour but essentiel d’exalter la personne du souverain et de célébrer la puissance du dieu. On le voit ici et là se fixer dans des conventions et des formules qui ne varieront guère avec le temps. Cependant l’art crétois n’a pas reculé devant l’audace, et sa fantaisie et son naturalisme lui donnent une place à part au milieu de la koinè de l’Orient ancien.
… Ce n’est pas un hasard la guerre. Certes l’histoire que l’on écrit aujourd’hui n’est plus celle des batailles livrées et des traités conclus. Mais, comme l’écrit justement J. Deshayes, le destin de l’Orient ancien n’a malheureusement été qu’une longue succession de guerres de conquête, de royaumes édifiés puis anéantis par la force. L’auteur a démonté les ressorts de ces peuples exploités tentant d’échapper à l’asservissement auquel ils étaient soumis. Les progrès économiques ont naturellement été la conséquence de l’urbanisation et de la centralisation du pouvoir. Mais le développement des modes de production, favorisé par les princes et les prêtres, ne devait finalement servir qu’à eux. Les besoins dévorants du palais et du temple et le cloisonnement des classes sociales...