Il a connu toutes les tendances de la décoration, les a vécues, appréciées, des années 70 jusqu’aujourd’hui. Nabil Dada travaille beaucoup, dans le calme et la discrétion. Et avec une apparente patience qui semble l’avoir mené… jusqu’au Sérail libanais. Oui, Nabil Dada est le décorateur attitré du Premier ministre Rafic Hariri. C’est en effet lui qui s’est chargé d’habiller les différentes résidences du chef du gouvernement, à Paris, Monte-Carlo, Londres, dans le centre de la France ainsi qu’à Beyrouth et Faqra. Et oui, il a pour clients arabes de nombreux princes, de Mansour et Mohamed Bandar ben Sultan aux princes Salman et Abdallah Fayçal ben Abdel Aziz. Mais il n’est pas «que ça», et tient à le souligner d’emblée. «Je suis heureux de ces accomplissements mais les gens ont trop tendance à m’enfermer dans un genre et dans un style particuliers, précise-t-il de sa voix calme, étrangement calme. J’aime le mélange de styles, le moderne et le traditionnel, qui est un accomplissement, un mélange réfléchi, étudié et puis j’aime ce nouvel esprit moderne». «Je rêve, ajoute-t-il avec un sourire discret, je rêve d’une clientèle qui me laisse faire. Je rêve de créations modernes». Nabil Dada a depuis toujours privilégié une «architecture très simple mais avec une présence. La combinaison de meubles est dangereuse et difficile à faire. Une combinaison réussie exige beaucoup de recherches et de temps. J’aime cet aspect du travail». La meilleure illustration en demeure son propre appartement où se côtoient en parfaite harmonie masques africains, fauteuil italien XVIIe, Napoléon III et bloc sculpté en bronze. L’espace pour lui est sacré, il aime le laisser respirer, exister, s’étaler. Pas d’encombrements inutiles donc et beaucoup de transparence et de silence, des matières naturelles, bois, cuir, marbre, et la présence quasi obligatoire de l’eau, en extérieur ou en intérieur, pour son bruit, sa clarté, «son feeling et l’équilibre que crée cette matière avec les autres» De l’Alba au Sérail, toute une carrière L’équilibre. Ce mot va bien à Nabil Dada. Parfaitement équilibré dans son fauteuil, jeans, chemise négligemment laissée «par-dessus», une élégance naturelle, également. Sur sa table s’étalent les photos de ses différents projets, des résidences, des banques, des appartements dans lesquels il prend un malin plaisir à s’éclater et, explications techniques à l’appui, nous faisons ensemble le tour du propriétaire, «pour pouvoir créer une personnalité à l’endroit que je travaille, ce qui est pour moi l’essentiel. Il me faut d’abord étudier la circulation des lieux, le plan architectural intérieur. Distribuer les valeurs, donner un soin particulier à l’éclairage. Vient alors la décoration» puis le tour de son parcours, long, chargé, qui l’a mené de l’Alba où il a fait ses études au Sérail dont il vient d’achever l’essentiel. De nombreuses années pendant lesquelles M. Dada a énormément bossé. «Depuis l’école, je me souviens de moi en train de dessiner !», avec une patience à toute épreuve. «C’est quelquefois très fatiguant, confesse-t-il, «de discuter, de convaincre, de changer les idées reçues». Ses premiers projets dans les années 70 seront trois appartements situés dans un même immeuble. «J’ai toujours travaillé seul, au début dans un petit bureau de la rue Hamra avant de me déplacer à la rue Spears. Je n’ai jamais pu m’enfermer avec quelqu’un». Durant les années de guerre, l’Arabie séoudite et Paris seront des passages obligés, «mais tout le travail sortait d’ici». Et c’est «d’ici» que sortiront les recherches et projets concernant le Sérail. Un long et périlleux travail, 14 000 mètres de surface et quelques trois années de dur labeur. «Nous avons tenté d’introduire un esprit nouveau qui aille avec le XXIe siècle, tout en respectant les contraintes et les exigences. Les résultats sont satisfaisants même s’il y a quelques critiques à faire et que l’ameublement rajouté à la fin est moins bon » conclut- il en déposant les dernières photos sur la grande table, avec les autres. Un véritable puzzle de couleurs, de styles et de formes qui ne réussit pas à enfermer Nabil Dada – à son grand bonheur – dans un seul genre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il a connu toutes les tendances de la décoration, les a vécues, appréciées, des années 70 jusqu’aujourd’hui. Nabil Dada travaille beaucoup, dans le calme et la discrétion. Et avec une apparente patience qui semble l’avoir mené… jusqu’au Sérail libanais. Oui, Nabil Dada est le décorateur attitré du Premier ministre Rafic Hariri. C’est en effet lui qui s’est chargé d’habiller les différentes résidences du chef du gouvernement, à Paris, Monte-Carlo, Londres, dans le centre de la France ainsi qu’à Beyrouth et Faqra. Et oui, il a pour clients arabes de nombreux princes, de Mansour et Mohamed Bandar ben Sultan aux princes Salman et Abdallah Fayçal ben Abdel Aziz. Mais il n’est pas «que ça», et tient à le souligner d’emblée. «Je suis heureux de ces accomplissements mais les gens ont trop tendance à...