Diplômé de théologie en 1975, puis ordonné pasteur de l’Église luthérienne d’État quatre ans plus tard, le nouveau Premier ministre norvégien Kjell Magne Bondevik ne tend pas forcément l’autre joue quand il s’agit de politique. M. Bondevik, qui n’hésite pas à colorer son discours politique de références religieuses, avait déclaré à la veille de prendre ses fonctions de Premier ministre qu’il espérait pouvoir compter sur «l’aide de Dieu et l’appui des gens». D’un esprit ouvert et conciliateur, ce bon vivant, qui ne répugne pas à fumer le cigare tout en sirotant un cognac, est issu d’un parti – les démocrates-chrétiens – qui répète chaque année son opposition de principe à l’avortement. Fin stratège, parfois caustique, M. Bondevik a déjà montré son talent en dirigeant un gouvernement centriste minoritaire pendant deux ans et demi (octobre 1997-mars 2000), alors que les commentateurs évaluaient à six mois ses chances de survie. Condamné durant toute cette période à louvoyer entre les différents partis pour maintenir sa coalition à flot, M. Bondevik, marié et père de trois enfants, a fini par payer de sa personne ce délicat exercice. À l’automne 1998, les médecins diagnostiquaient une légère déprime, lui prescrivant trois semaines et demie d’arrêt-maladie, une expérience dont il assure être sorti «renforcé». Au cours de ces dernières semaines, M. Bondevik a de nouveau fait preuve de son habileté politique en monnayant le soutien de son parti –pourtant près de deux fois plus petit que le Parti conservateur – contre le fauteuil de Premier ministre. En retrouvant ce poste, il rend ainsi la monnaie de leur pièce aux travaillistes qui avaient sonné le glas de son premier gouvernement en fomentant une fronde parlementaire en mars 2000. Grand amateur de football, M. Bondevik est un fervent supporteur de l’équipe de Molde, ville de l’ouest de la Norvège où il est né le 3 septembre 1947. Revêtant volontiers une écharpe aux couleurs de son club favori, on le voit souvent dans les tribunes levant les bras en l’air ou, les jours de défaite, se tenant la tête entre deux mains. M. Bondevik tombe aussi régulièrement la cravate pour aller lui-même taper dans la balle. Vendredi matin, avant de présenter la liste de son gouvernement au roi, il n’a ainsi pas manqué... son match d’entraînement, qui s’est soldé par la défaite de son équipe. Bien qu’auteur de deux buts, le nouveau Premier ministre avait très certainement la tête ailleurs.
Diplômé de théologie en 1975, puis ordonné pasteur de l’Église luthérienne d’État quatre ans plus tard, le nouveau Premier ministre norvégien Kjell Magne Bondevik ne tend pas forcément l’autre joue quand il s’agit de politique. M. Bondevik, qui n’hésite pas à colorer son discours politique de références religieuses, avait déclaré à la veille de prendre ses fonctions de Premier ministre qu’il espérait pouvoir compter sur «l’aide de Dieu et l’appui des gens». D’un esprit ouvert et conciliateur, ce bon vivant, qui ne répugne pas à fumer le cigare tout en sirotant un cognac, est issu d’un parti – les démocrates-chrétiens – qui répète chaque année son opposition de principe à l’avortement. Fin stratège, parfois caustique, M. Bondevik a déjà montré son talent en dirigeant un gouvernement...
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