Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Commerzbank annonce les premiers licenciements de son histoire

La quatrième banque allemande Commerzbank a annoncé hier 3 400 suppressions d’emplois, les premières depuis sa création il y a 130 ans, et des pertes au troisième trimestre, renforçant les interrogations sur sa capacité à subsister de manière indépendante. Ce dégraissage, qui représente 8,4 % des effectifs totaux de l’établissement, doit être réalisé en partie par le biais des «fluctuations naturelles» et par des aménagements «flexibles» du temps de travail, a précisé l’établissement dans un communiqué. La Commerzbank devait donner des précisions lors d’une conférence de presse prévue mardi. Les mesures étaient attendues dans la mesure où la plus petite des quatre «majors» allemandes (Deutsche Bank, HypoVereinsbank, Dresdner Bank et Commerzbank) est confrontée à une brutale détérioration de ses résultats. Considérée par les analystes comme la plus faible du lot, elle pense ainsi avoir enregistré une perte nette au troisième trimestre, non encore chiffrée, après un bénéfice respectivement de 193 M EUR au premier trimestre et de 119 M EUR au second trimestre. Au cours des seuls mois de juillet et d’août, la perte a atteint 120 M EUR, a-t-elle précisé. Et pour le mois de septembre, «le directoire pense que le résultat a été également négatif», a-t-il averti. La Commerzbank souffre de la faiblesse des marchés boursiers et de la conjoncture morose qui pèsent sur ses activités de courtage et de prêts et amputent la valeur de son portefeuille de participations. Elle n’est pas la seule : Dresdner prévoit 7 800 suppressions d’emplois, HypoVereinsbank 7 500 et la Deutsche Bank au moins 2 600. Mais en plus d’une base de revenus réduite, la Commerzbank est plombée par des coûts fixes élevés. La restructuration engagée lundi doit permettre de les «ramener en 2002 à leur niveau de 2000 – soit environ 5,5 milliards d’euros», a précisé la banque. «C’est en ligne avec ce qui était attendu, le problème est que la Commerzbank n’a pas quantifié le coût de la restructuration», déplore Dereck Chambers, analyste de Trinkhaus Capital Management. «Les mesures d’économie vont dans le bon sens, mais il est trop tôt pour dire si elles lui permettront de retrouver le chemin des bénéfices, surtout si la reprise économique tarde à venir», renchérit Konrad Becker, de la banque Merck Finck. Du coup, le titre s’est effondré à la Bourse de Francfort. Il perdait 7,63 % à 16,10 EUR vers 15h10 GMT. Dans ces conditions, l’établissement peut-il maintenir son indépendance? Les analystes répondent par la négative. «Les spéculations sur une fusion ne vont pas tarder à ressurgir», estime M. Becker. Le problème est que les piètres performances de la Commerzbank l’empêchent de négocier en position de force. Sa capitalisation boursière, à aujourd’hui seulement 10 milliards d’euros environ, est inférieure à sa valeur comptable, «ce qui signifie que les investisseurs pensent qu’elle va faire des pertes dans les années à venir», souligne M. Becker. La Commerzbank n’affichait au premier semestre qu’un retour sur fonds propres de 4,6 %. Une performance très en-deçà de la moyenne du secteur, qui a valu au membre du directoire chargé de la gestion d’actifs, Heinz Hockmann, d’être remercié lundi. Conséquence : l’italien Unicredito a dû récemment mettre un terme à des négociations de fusion avec la Commerzbank, en raison de la réaction négative des marchés. La banque francfortoise avait auparavant échoué à se rapprocher de sa consœur allemande Dresdner Bank.
La quatrième banque allemande Commerzbank a annoncé hier 3 400 suppressions d’emplois, les premières depuis sa création il y a 130 ans, et des pertes au troisième trimestre, renforçant les interrogations sur sa capacité à subsister de manière indépendante. Ce dégraissage, qui représente 8,4 % des effectifs totaux de l’établissement, doit être réalisé en partie par le biais des «fluctuations naturelles» et par des aménagements «flexibles» du temps de travail, a précisé l’établissement dans un communiqué. La Commerzbank devait donner des précisions lors d’une conférence de presse prévue mardi. Les mesures étaient attendues dans la mesure où la plus petite des quatre «majors» allemandes (Deutsche Bank, HypoVereinsbank, Dresdner Bank et Commerzbank) est confrontée à une brutale détérioration de ses...