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Actualités - Chronologies

Al-Jazira persiste et signe -

La chaîne d’informations qatarienne al-Jazira se pose en donneuse de leçons aux États-Unis, invoquant la liberté d’expression défendue d’habitude par l’Occident, pour s’inscrire en faux contre les critiques de sa couverture de la crise afghane. «Nous allons continuer notre travail d’une manière professionnelle, que ce soit en Afghanistan ou ailleurs», a affirmé hier le président d’al-Jazira, cheikh Hamad Ben Thamer al-Thani. «Nous continuerons dans la même voie professionnelle qu’al-Jazira s’est tracée» depuis son lancement en 1996 «en tant que média offrant une marge de liberté dans le monde arabe», a ajouté le président de cette télévision qui se dit «la première chaîne arabe indépendante». La veille, Mohammad Jassem al-Ali, directeur de la chaîne, la seule autorisée à émettre à partir des régions sous contrôle des taliban, avait défendu une position similaire. «Jusqu’à présent, al-Jazira s’est comportée d’une manière professionnelle et objective. Nous allons procéder comme auparavant», avait martelé M. al-Ali qui n’avait pas caché son «étonnement» face à la réaction de Washington, «la capitale de la liberté». Cette détermination à aller de l’avant faisait suite aux reproches exprimés par le secrétaire d’État américain Colin Powell, qui avait accusé al-Jazira de diffuser des déclarations «au vitriol» et «irresponsables». Depuis le début des frappes américaines dimanche en Afghanistan, al-Jazira a diffusé des messages vidéo préenregistrés d’Oussama Ben Laden et de ses lieutenants depuis leurs caches en Afghanistan. Dans leurs messages, ces derniers appelaient les musulmans au «jihad» contre l’Amérique et se réjouissaient des attentats terroristes aux États-Unis. À la question de savoir si al-Jazira allait continuer à diffuser des messages vidéo de Ben Laden et de son organisation el-Qaëda en dépit des critiques américaines, cheikh Hamad a rétorqué : «Oui, nous le ferons», ajoutant que sa chaîne était «à la recherche de scoops quelle que soit leur origine». Les responsables d’al-Jazira semblent confortés par les déclarations du chef de la diplomatie qatarienne, cheikh Hamad Ben Jassem al-Thani, qui, mercredi, toujours au nom de la liberté de presse, avait défendu la chaîne et s’était déclaré «surpris» par les critiques de Washington. «Les États-Unis sont un État dont nous avons appris la liberté de la presse», a tenu à rappeler l’influent ministre en soulignant : «L’émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa al-Thani, est soucieux de promouvoir la liberté de la presse et l’État de droit». La presse locale a pour sa part défendu hier le droit d’al-Jazira à persister sur la voie tracée par l’émir Hamad. «Il est étonnant qu’une chaîne de télévision qui cherche une place au soleil de l’information moderne fasse l’objet de critiques acerbes et encore plus de Washington que tout le monde a longtemps considérée comme la capitale de la liberté et le chantre de la démocratie», ironise ainsi le quotidien al-Watan. «Tout le monde s’attendait pourtant à des encouragements et à des éloges de la part de Washington pour l’excellent professionnalisme, la liberté d’expression et l’objectivité d’al-Jazira», ajoute le journal. «Les réactions américaines ne manqueront pas de pousser tout le monde à remettre en question l’idéologie sur laquelle est fondé le “monde libre” dirigé par l’Amérique», écrit al-Watan. Et le journal de conclure qu’«al-Jazira demeurera, bon gré mal gré, un phare pour les téléspectateurs arabes».
La chaîne d’informations qatarienne al-Jazira se pose en donneuse de leçons aux États-Unis, invoquant la liberté d’expression défendue d’habitude par l’Occident, pour s’inscrire en faux contre les critiques de sa couverture de la crise afghane. «Nous allons continuer notre travail d’une manière professionnelle, que ce soit en Afghanistan ou ailleurs», a affirmé hier le président d’al-Jazira, cheikh Hamad Ben Thamer al-Thani. «Nous continuerons dans la même voie professionnelle qu’al-Jazira s’est tracée» depuis son lancement en 1996 «en tant que média offrant une marge de liberté dans le monde arabe», a ajouté le président de cette télévision qui se dit «la première chaîne arabe indépendante». La veille, Mohammad Jassem al-Ali, directeur de la chaîne, la seule autorisée à émettre à partir...