Les Palestiniens ont appelé le président américain George W. Bush à traduire dans les faits ses déclarations en faveur d’un État palestinien tandis qu’Israël, sur la défensive, a exclu toute pression des États-Unis pour l’établissement d’un tel État. «Les États Unis ne soumettront jamais à Israël, par surprise, un plan pour le règlement du conflit israélo-palestinien. Jamais les États-Unis n’ont soumis de plan de règlement qui ne soit accepté par les deux parties», a déclaré Raanan Gissin, porte-parole du Premier ministre Ariel Sharon. «Le président Bush s’est déclaré favorable à un État palestinien, Israël aussi, dans certaines conditions. Il n’y a là rien de nouveau. Mais le point important est que les États-Unis n’imposeront jamais quoi que ce soit à Israël, ni sur la question de Jérusalem ni sur aucune autre question. Telle est traditionnellement la politique des États-Unis. Tout se fera d’un plein accord et dans le cadre de négociations», a-t-il ajouté. En revanche, les Palestiniens n’ont pas caché leur satisfaction et affirmé avoir déjà reconnu Israël en s’engageant dans le processus de paix. «Nous nous félicitons de l’appel du président Bush à un État palestinien indépendant (...) car ce serait le chemin le plus court pour établir la sécurité, la paix et la stabilité dans la région», a déclaré Saëb Erakat, principal négociateur palestinien. «L’Administration américaine doit maintenant traduire sa vision par une initiative politique qui comporte des mécanismes de nature à contraindre Israël à appliquer les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité et à respecter le principe de l’échange de la terre contre la paix», a-t-il ajouté. Se voulant rassurant, M. Gissin a estimé que «de toutes façons, ces questions ne seront envisagées qu’au stade des négociations pour le règlement définitif du conflit, après l’application des plans Mitchell et Tenet». «Israël a toujours affirmé être prêt à des négociations politiques, après le retour au calme absolu», a-t-il indiqué. Le plan Mitchell, du nom de l’ex-sénateur américain George Mitchell, prévoit un arrêt total des violences, suivi d’une période test d’accalmie de quelques semaines, puis de mesures visant à rétablir la confiance et s’achevant par un retour à la table des négociations pour parvenir à un règlement définitif. Le président palestinien Yasser Arafat et chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres ont décidé lors d’une rencontre, le 26 septembre, de consolider le cessez-le-feu, négocié au départ par George Tenet, chef de la CIA américaine. Mais la violence s’est poursuivie et les parties s’accusent mutuellement, depuis, de violer les accords de trêve. Le quotidien israélien Yédiot Aharonot a affirmé vendredi que Washington mettait la dernière main à «une nouvelle initiative» pour un règlement au Proche-Orient qui devrait être annoncée «prochainement». «Cette initiative suggérerait des idées pour un règlement définitif du conflit israélo-palestinien, dont la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale», écrit le journal.
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