Un brin de nostalgie souffle sur le Grand Prix du Japon, ultime manche du championnat du monde de Formule 1, demain à Suzuka. Deux des monstres sacrés de la discipline y effectuent en effet leur dernière. Sans doute, le retrait de Mika Hakkinen (McLaren-Mercedes) n’est-il que provisoire. Encore que l’intéressé, évoquant son année sabbatique, déclarait hier : «Peut-être cela sera-t-il définitif ? Je ne le sais pas moi-même». Le public japonais, lui, croit en tout cas au retour de «l’ange blond» dont il avait fait une de ses idoles préférées. Pour preuve, aucune allusion au départ du double champion du monde finlandais n’était faite jeudi dans l’enceinte du parc d’attraction de Honda. En revanche, la retraite de Jean Alesi (Jordan-Honda), elle, sera bien réelle demain soir. Et, hier, pour les premiers essais, les banderoles à la gloire du Français fleurissaient autour du tracé de Suzuka. «Forza Alesi, tu es notre héros». «Souvenez-vous de Jean Alesi». Au-delà des attaches familiales, de Kumiko la compagne, l’Avignonnais a toujours été considéré comme une star à part entière au pays du Soleil Levant où l’on aime la bravoure. Ainsi l’inoubliable Ayrton Senna y a-t-il laissé une trace indélébile. « Bon boulot » «Je vais essayer de piloter pour mon dernier Grand Prix comme je l’avais fait pour mon premier en 1989», a promis Alesi. Il y a douze ans en France, l’Avignonnais avait terminé 4e pour ses débuts. Hier, il s’est hissé en haut de l’affiche, avivant un peu plus les regrets de tous ses fans, et aussi de Michael Schumacher (Ferrari), qui ne veut toujours pas croire à la retraite de son ami. Au-delà de la nostalgie, des titres déjà attribués depuis longtemps à Michael Schumacher et Ferrari, l’intérêt de cette «dernière» de la saison se situera dans la lutte que David Coulthard (McLaren-Mercedes) et Rubens Barrichello (Ferrari) se livreront pour la place de dauphin du quadruple champion du monde. «Se battre pour la deuxième place n’est pas ce qu’il y a de mieux, mais quand on prend la saison course par course, ça m’irait, estime le Brésilien. J’ai eu la possibilité de gagner à Monza, puis à Indianapolis mais, à chaque fois, un problème m’en a empêché. Toutefois, j’ai montré depuis que les titres ont été attribués qu’avec un peu plus d’attention, je peux faire du bon boulot». « Pas simple» Barrichello sait toutefois que la tâche qui l’attend est compliquée. «Il me faut absolument gagner et que David (Coulthard) ne termine pas mieux que 5e. Cela n’est pas simple. On verra», reconnaît le pilote de la Scuderia. Ce dernier sait qu’il pourra éventuellement compter sur un coup de main de son coéquipier et leader, Michael Schumacher, si jamais l’occasion se présentait. Comme d’autres champions l’avaient fait avant, Ayrton Senna avec Gerhard Berger à Suzuka, justement en 1991. Ou comme Eddie Irvine vis-à-vis de Michael Schumacher et inversement ces dernières années. «Nous n’en avons pas parlé, les choses se décideront en course, en fonction des événements, et par radio», note Rubens Barrichello. «Mais j’espère que je n’aurai pas besoin de cette aide», ajoute-t-il aussitôt. Ce duel ne dépendra toutefois pas que des deux hommes, de McLaren-Mercedes et de Ferrari. Williams-BMW, Ralf Schumacher et Juan Pablo Montoya auront également sans doute leur rôle à jouer, eux, qui visent un nouveau succès. Deuxième place, mais aussi suprématie du clan Honda entre Jordan et BAR, désir de terminer en beauté pour Trulli et Fisichella qui échangeront leurs baquets l’an prochain, d’augmenter le capital points pour d’autres, le spectacle devrait être garanti pour cet ultime rendez-vous.
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