Blanchiment d’argent - Un rapport français épingle le Gafi
le 13 octobre 2001 à 00h00
Un rapport de recherche d’un professeur d’université épingle le prestigieux Gafi, qui lutte contre le blanchiment d’argent sale et doit étendre prochainement son rayon d’action au terrorisme, estimant notamment que ses moyens humains et d’action sont faibles. Signé de Pierre Kopp, professeur à l’Université Paris II (Panthéon-Sorbonne), il a été réalisé avant les attentats du 11 septembre pour le compte de l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI). Le Groupement d’action contre le blanchiment des capitaux (Gafi) a été créé en 1989 et regroupe 29 pays industrialisés. Il a édicté des règles de bonne conduite en matière de lutte contre le blanchiment et établi une liste noire des pays récalcitrants, menaçant certains de sanctions. Vendredi dernier, le Gafi a annoncé qu’il tiendra une réunion extraordinaire les 29 et 30 octobre à Washington afin d’accentuer sa lutte contre le financement du terrorisme. Le rapport de M. Kopp ne fait donc aucune référence au blanchiment d’argent par des organisations terroristes mais dresse un constat parfois sévère de l’action du Gafi après avoir rappelé son histoire et le rôle de la France qui l’a impulsé. Il observe que c’est une «petite structure» qui emploie cinq personnes et dont le budget n’excède pas 5,5 millions de francs (0,84 M EUR) annuels. Le Gafi «jouit d’une certaine légitimité» et «parvient à infléchir la politique antiblanchiment menée dans un pays donné», écrit le professeur d’université. Il «joue un rôle important pour la connaissance des technologies de blanchiment», ajoute-t-il, avant de décocher quelques flèches et de tordre des idées reçues sur le blanchiment. Les évaluations quantitatives «du montant de l’argent blanchi dans le monde sont fantaisistes», fait-il ainsi valoir, qualifiant même ces chiffrages de «patates chaudes qui empoisonnent la vie d’une organisation internationale». «Les études techniques menées par le Gafi sousestiment le coût du blanchiment pour les trafiquants», poursuit Pierre Kopp, ajoutant qu’il s’agit d’une «stratégie coûteuse pour la plupart des délinquants». «Les trafiquants pakistanais d’héroïne n’utilisent pas de stratégie complexe de blanchiment», argumente-t-il à titre d’exemple. «Les banques ne sont pas réellement incitées à dénoncer les transactions douteuses», affirme d’autre part M. Kopp, et les «sanctions économiques se révèlent inefficaces». Il plaide pour une politique «plus efficace» en matière de lutte contre le blanchiment en «jouant sur la menace de perte de réputation» des banques complices. Les travaux du Gafi «ont procédé par approximations successives», résume enfin l’auteur, et «ont partiellement raté la cible de la criminalité organisée». «Nous sommes loin de l’intention initiale du Gafi de renforcer les dispositifs judiciaires afin d’atteindre les organisations criminelles en contrecarrant leurs stratégies de blanchiment des fruits du trafic de drogue», conclut-il.
Un rapport de recherche d’un professeur d’université épingle le prestigieux Gafi, qui lutte contre le blanchiment d’argent sale et doit étendre prochainement son rayon d’action au terrorisme, estimant notamment que ses moyens humains et d’action sont faibles. Signé de Pierre Kopp, professeur à l’Université Paris II (Panthéon-Sorbonne), il a été réalisé avant les attentats du 11 septembre pour le compte de l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI). Le Groupement d’action contre le blanchiment des capitaux (Gafi) a été créé en 1989 et regroupe 29 pays industrialisés. Il a édicté des règles de bonne conduite en matière de lutte contre le blanchiment et établi une liste noire des pays récalcitrants, menaçant certains de sanctions. Vendredi dernier, le Gafi a annoncé qu’il...
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