Deux semaines après la terrible explosion d’une usine chimique dans le sud-ouest de la France, qui a fait 29 morts, les causes du drame restent mystérieuses et l’hypothèse d’un attentat a refait surface constamment alimentée par de nouvelles rumeurs. «Aucune hypothèse» n’est écartée, y compris l’«origine terroriste», a déclaré récemment le ministre de l’Environnement Yves Cochet, faisant ainsi monter la tension alors que depuis deux semaines 110 policiers travaillent d’arrache-pied pour déterminer les raisons de l’explosion. L’explosion le 21 septembre de 300 tonnes de nitrate d’ammonium dans l’usine chimique AZF appartenant à TotalFinaElf à Toulouse (sud-ouest de la France) avait provoqué une émotion d’autant plus vive qu’elle était survenue à peine dix jours après les terribles attentats aux États-Unis. Craignant sans doute de voir une véritable psychose s’emparer de la population, les autorités ont rapidement cherché à calmer les esprits et trois jours à peine après la catastrophe, le procureur de la République, Michel Bréard, a privilégié «à 99 %» l’hypothèse d’un accident. Mais, deux semaines après l’enquête piétine et aucun spécialiste n’est encore parvenu à expliquer ce qui a pu entraîner l’explosion des 300 tonnes de nitrate d’ammonium. Alors que les enquêteurs admettent que leur travail s’annonce «complexe» et de «longue haleine», dans la région de Toulouse les rumeurs vont bon train et certaines évoquent avec insistance l’éventualité d’un attentat islamiste. L’hypothèse, aux yeux de certains, s’est même trouvée renforcée après la découverte du cadavre d’un ouvrier français d’origine tunisienne vêtu de quatre épaisseurs de sous-vêtements, «à la manière des kamikazes islamistes». Selon le quotidien Libération, sa compagne a toutefois expliqué à la police qu’il s’habillait ainsi parce qu’il «était complexé par ses petites fesses». «Les rumeurs peuvent porter tort à la vérité», a dit le ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant. «C’est une manière de discréditer ceux qui mènent l’enquête dans des conditions difficiles depuis le début», a-t-il ajouté. Mais, les versions, parfois rocambolesques, sur la cause de l’explosion sont de plus en plus nombreuses. Ainsi, selon l’hebdomadaire le Figaro-Magazine, on évoque le vol une dizaine de jours avant le drame de 16 bouteilles de gaz, jamais retrouvées. On parle d’un éclair qui serait tombé sur le hangar où était entreposé le nitrate d’ammonium. On croit savoir que des bombes ou des obus datant de la Première Guerre mondiale étaient stockées sous le hangar. Face a ce flot d’explications les autorités ont choisi de rester sereines. «Les investigations progressent», a-t-on indiqué récemment de source proche de l’enquête en ajoutant : «A l’heure actuelle, aucun élément ne vient contredire l’hypothèse d’une origine accidentelle mais les enquêteurs cherchent tous azimuts».
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