Neuf Cubains réfugiés aux États-Unis et deux Cubains réfugiés en Belgique ont déposé plainte collectivement hier pour crime contre l’humanité contre le président cubain Fidel Castro devant la justice belge, a annoncé Paul Sher, avocat des plaignants. Cette plainte a été déposée devant un juge bruxellois en vertu d’une loi de 1993 accordant la compétence universelle aux tribunaux belges pour les crimes de guerre, de génocide et crimes contre l’humanité, quels que soient leur lieu et les nationalités et lieux de résidence des victimes et des accusés. Quelques heures après le dépôt de la plainte, un ancien prisonnier politique cubain de 86 ans, rédacteur en chef d’un journal conservateur au moment de la révolution, a témoigné hier à Bruxelles des sévices qu’il a endurés durant sa longue détention. «J’étais à la tête d’un journal conservateur. Quand Castro a pris le pouvoir à Cuba (en décembre 1959), j’ai tout de suite été visé», a relaté, visiblement ému, Eugenio de Sosa Chabau, qui vit aujourd’hui aux États-Unis, au cours d’une conférence de presse. «J’ai été torturé, ils m’ont fait subir 14 électrochocs, ils m’ont brisé les os des épaules avec des baïonnettes», a déclaré M. de Sosa Chabau, qui est resté en prison jusqu’en 1980. «C’est incroyable, mais celui qui m’a fait ça a ensuite émigré aux États-Unis et a acquis la nationalité américaine. Heureusement, il est maintenant en prison», a-t-il ajouté. M. de Sosa Chabau a aussi raconté qu’il n’avait pas pu voir sa famille durant ses 21 années de détention. «Ma fille la plus jeune avait deux ans quand j’ai été emprisonné et donc près de 22 ans quand je l’ai revue pour la première fois. Quant à ma mère, ils ne m’ont permis de la revoir qu’après sa mort. Je pensais la trouver dans un cercueil. Mais non, elle était étendue nue sur le sol, du sang sortait de sa bouche, ils venaient de lui ouvrir le ventre. J’avais les mains liées dans le dos. J’ai pu m’agenouiller et lui arracher quelques cheveux avec les dents, cheveux que j’ai gardés en souvenir d’elle», a-t-il ajouté. Soulignant que Cuba était un pays développé au moment de la prise de pouvoir de Fidel Castro – «nous avons eu la télévision quatre ans avant la France», a-t-il dit –, il a estimé que «Cuba a maintenant soixante ans de retard sur le reste du monde. Vous pouvez appeler cela un holocauste. Il y a eu des centaines de milliers de victimes. Je pense que nous allons envoyer Fidel Castro là où il doit être».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Neuf Cubains réfugiés aux États-Unis et deux Cubains réfugiés en Belgique ont déposé plainte collectivement hier pour crime contre l’humanité contre le président cubain Fidel Castro devant la justice belge, a annoncé Paul Sher, avocat des plaignants. Cette plainte a été déposée devant un juge bruxellois en vertu d’une loi de 1993 accordant la compétence universelle aux tribunaux belges pour les crimes de guerre, de génocide et crimes contre l’humanité, quels que soient leur lieu et les nationalités et lieux de résidence des victimes et des accusés. Quelques heures après le dépôt de la plainte, un ancien prisonnier politique cubain de 86 ans, rédacteur en chef d’un journal conservateur au moment de la révolution, a témoigné hier à Bruxelles des sévices qu’il a endurés durant sa longue détention....