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Actualités - Chronologies

Après l’Afghanistan, l’Irak ?

La concentration de forces américaines aux alentours de l’Afghanistan, en particulier dans la région du Golfe, a remis d’actualité à Washington le débat sur la nécessité de régler une fois pour toutes son compte au régime irakien, bête noire des États-unis au Proche-Orient. Le président Saddam Hussein, chassé du Koweit en 1991 par le père du président George W. Bush, a réussi depuis à rester au pouvoir, au grand dam de Washington qui maintient déjà un important dispositif militaire autour de l’Irak. Bien que les États-Unis reconnaissent ne pas avoir à ce stade de preuve formelle de l’implication de Bagdad dans les attentats, de nombreuses voix soulignent que l’Irak reste un danger majeur. De possibles contacts entre l’un des pirates de l’air Mohammed Atta et les services secrets irakiens ou encore l’arrestation en Équateur de sept Irakiens dans le cadre de l’enquête sur les réseaux terroristes alimentent la vigilance américaine. Le sénateur républicain Jesse Helms et d’autres membres de la tendance la plus conservatrice du Congrès ont récemment pressé le président Bush de profiter de l’occasion offerte par la vaste campagne antiterroriste qui se met en place pour chasser Saddam Hussein. «Le premier président Bush aurait déjà dû se débarrasser de lui. Ne pas l’avoir fait (en 1991) est l’une de ses plus grosses erreurs», a déclaré récemment le sénateur. Pour Michael O’Hanlon, spécialiste de politique étrangère à la Fondation Brookings, «la plus importante divergence au sein de l’Administration, qui n’est peut-être pas encore très apparente, consiste à savoir que faire avec Saddam Hussein. Et il y aura des gens favorables à ce qu’on frappe fort». Avec les passions que soulève toujours le dossier irakien à Washington, «il n’est pas surprenant qu’il y ait des vues différentes», estime Walter Russell Mead, du Council on Foreign Relations, un centre d’analyses américain. Des échanges à fleuret moucheté entre le Pentagone – ministère de la Défense – et le département d’État – Affaires étrangères – ont déjà laissé entrevoir ce débat. Des déclarations du secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz, «faucon» notoire et partisan déclaré d’une politique irakienne musclée, sur la nécessité de frapper les pays soutenant le terrorisme ont relancé les spéculations sur une action contre Bagdad. Le chef de la diplomatie américaine, Colin Powell, a depuis souligné à maintes reprises que l’objectif numéro un était le commanditaire présumé des attentats, Oussama Ben Laden, réfugié en Afghanistan, et son réseau el-Qaëda, pas d’entrer en guerre contre des pays précis. Mais tout en excluant implicitement Bagdad de la «phase un» de la riposte américaine, M. Powell a souligné qu’il y aurait des «phases deux et trois», sans spécifier leur contenu. «Nous n’avons aucune illusion sur Saddam Hussein. Depuis dix ans nous contenons son régime et continuerons de le faire. Nous avons toujours la possibilité de frapper si cela semble approprié», a-t-il répété au cours des derniers jours. Les signaux contradictoires des États-Unis ont poussé nombre de pays arabes à intervenir pour les presser de ne pas chercher à élargir leurs opérations en dehors de l’Afghanistan. Le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Maher, qui s’est rendu à Washington dans le courant de la semaine, est apparemment reparti rassuré, affirmant que «les États-Unis se concentrent sur Oussama Ben Laden et n’envisagent pas d’élargir la confrontation». L’Irak, quant à lui, semble avoir également pressenti le danger, à en croire la multiplication de ses déclarations d’innocence. «Nous ne connaissons pas M. Ben Laden, nous n’avons aucun contact avec lui, et nous n’avons pas de rapport avec le gouvernement des taliban», avait déclaré le chef de la diplomatie irakienne Tarek Aziz.
La concentration de forces américaines aux alentours de l’Afghanistan, en particulier dans la région du Golfe, a remis d’actualité à Washington le débat sur la nécessité de régler une fois pour toutes son compte au régime irakien, bête noire des États-unis au Proche-Orient. Le président Saddam Hussein, chassé du Koweit en 1991 par le père du président George W. Bush, a réussi depuis à rester au pouvoir, au grand dam de Washington qui maintient déjà un important dispositif militaire autour de l’Irak. Bien que les États-Unis reconnaissent ne pas avoir à ce stade de preuve formelle de l’implication de Bagdad dans les attentats, de nombreuses voix soulignent que l’Irak reste un danger majeur. De possibles contacts entre l’un des pirates de l’air Mohammed Atta et les services secrets irakiens ou encore...