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Actualités - Chronologies

Consensus fragile entre Moscou et Washington

La Russie de Vladimir Poutine s’est engagée à collaborer étroitement avec les États-Unis pour combattre le terrorisme, mais les divergences fondamentales entre les deux rivaux de l’époque de la guerre froide sont loin d’être réglées. «Tout ce qui nous unit pour l’instant est un ennemi commun et le consensus tient parce qu’il ne concerne que des questions sur lesquelles tout le monde est d’accord», souligne l’expert militaire indépendant Pavel Felgenhauer. Dans un geste surprenant, le président Vladimir Poutine a offert lundi dernier une aide sans précédent aux États-Unis en déclarant que Moscou était prête à participer à des «opérations de sauvetage et de recherches internationales» en Afghanistan. Washington entend y mener une action militaire contre Oussama Ben Laden désigné comme le principal suspect des attentats du 11 septembre. M. Poutine a également offert l’espace aérien de la Russie pour une éventuelle aide humanitaire vers ce pays et approuvé l’utilisation par les États-Unis des bases militaires dans les ex-républiques soviétiques en Asie centrale. La Maison-Blanche a appelé en échange les dirigeants tchétchènes à couper «immédiatement et inconditionnellement tout contact avec des organisations terroristes comme Oussama Ben Laden et son réseau el-Qaëda», un indéniable succès pour Moscou qui n’a cessé de dénoncer les liens entre «le terroriste numéro un» et les indépendantistes. «L’atmosphère est favorable au règlement des questions en suspens mais ce n’est pas irréversible», estime Alexandre Pikaïev, analyste de la fondation Carnegie. Selon lui, les États-Unis pourraient retarder leur décision sur le traité ABM de 1972 qu’ils souhaitent abandonner pour déployer leur bouclier antimissile et temporiser sur la question de l’élargissement de l’Otan face aux concessions faites par Moscou. Pour M. Felgenhauer, la visite à Moscou du ministre iranien de la Défense Ali Chamkhani, du 1er au 5 octobre, sera «un premier test» pour voir si les Américains «demandent à nouveau à la Russie de cesser de vendre des armes à Téhéran». «La Russie et les États-Unis étaient alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, mais ils ne le sont pas restés pour autant», rappelle pour sa part Iouri Korgoniouk de la fondation Indem. Alors que les experts russes s’interrogent sur la façon dont la Russie va exploiter la nouvelle donne mondiale créée par les attentats, le quotidien russe Izvestia estime déjà qu’«une idylle dans les relations russo-américaines basée sur la haine envers le terrorisme est déjà finie». Le journal rappelle que les Américains ont laissé entendre qu’ils allaient insister sur une solution politique du conflit russo-tchétchène et le respect des droits de l’homme quelle que soit leur action en Afghanistan. Or, la bonne entente entre la Russie et l’Occident «dépendra de l’aptitude des Occidentaux à mener une realpolitik et donc à tolérer les crimes de guerre en Tchétchénie», estime M. Felgenhauer. Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part très mal pris jeudi un article du Washington Times qui accusait des groupes mafieux russes d’aider Oussama Ben Laden à fabriquer des armes chimiques et biologiques. «Nous avons l’impression que certaines forces aux États-Unis n’aiment pas l’intensification de la collaboration entre Moscou et Washington», a déclaré le ministère dans un communiqué, accusant ces forces de «compromettre» les relations bilatérales.
La Russie de Vladimir Poutine s’est engagée à collaborer étroitement avec les États-Unis pour combattre le terrorisme, mais les divergences fondamentales entre les deux rivaux de l’époque de la guerre froide sont loin d’être réglées. «Tout ce qui nous unit pour l’instant est un ennemi commun et le consensus tient parce qu’il ne concerne que des questions sur lesquelles tout le monde est d’accord», souligne l’expert militaire indépendant Pavel Felgenhauer. Dans un geste surprenant, le président Vladimir Poutine a offert lundi dernier une aide sans précédent aux États-Unis en déclarant que Moscou était prête à participer à des «opérations de sauvetage et de recherches internationales» en Afghanistan. Washington entend y mener une action militaire contre Oussama Ben Laden désigné comme le principal...