Vladimir Poutine doit rencontrer, mercredi, le secrétaire général de l’Otan George Robertson à Bruxelles, alors que les attentats aux États-Unis ont suscité une solidarité nouvelle entre Moscou et l’Alliance atlantique, qui n’efface pas pour autant toute divergence, selon les analystes. La rencontre entre MM. Poutine et Robertson, qui n’aura pas lieu cependant au siège de l’Otan, survient alors que l’Alliance et la Russie se sont déclarées «unies» contre le «fléau du terrorisme», dans un communiqué diffusé à l’issue d’une réunion à Bruxelles le 13 septembre. Moscou a été jusqu’à accepter lundi dernier d’ouvrir son espace aérien et autoriser l’usage des anciennes bases soviétiques d’Asie centrale aux avions américains pour acheminer de «l’aide humanitaire» vers l’Afghanistan. Le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov s’est rendu mercredi dernier au siège de l’Otan pour y discuter coopération avec ses collègues de l’Alliance. Au-delà de cette coopération immédiate, le choc provoqué par les attentats aux États-Unis a été interprété par certains comme le prélude à un rapprochement accéléré entre la Russie et l’Otan, voire à un processus d’intégration. Le ministre italien de la Défense Antonio Martino a estimé le 17 septembre que «l’Otan va devoir changer ses objectifs et sa composition, en s’élargissant le plus rapidement possible à la Russie et aux pays d’Europe de l’Est» pour englober, sous un nouveau nom, «tout l’hémisphère septentrional de l’Alaska à Moscou». Mercredi dernier, dans un discours devant les députés allemands du Bundestag, M. Poutine avait également appelé à la mise en place d’une nouvelle structure de sécurité, adaptée au monde multipolaire de l’après-guerre froide. «Tout dépend de ce qui sera proposé», a-t-il répété jeudi, répondant à une question sur une éventuelle intégration de la Russie à l’Otan. En juillet, le président russe avait déjà évoqué l’éventualité d’une intégration, mais aussi celle d’une dissolution de l’Alliance, afin de créer «un espace commun de sécurité». Selon l’analyste Alexandre Pikaïev, de l’antenne moscovite du centre Carnegie, c’est surtout la dissolution de l’Otan et la création d’une nouvelle structure que Moscou voudrait obtenir, car «les cadres hérités de la guerre froide sont caducs». La question d’une intégration de la Russie à l’Otan reste dans ce contexte purement rhétorique et «ne trompe personne», selon l’expert militaire Pavel Felgenhauer. «La seule chose qui unit la Russie et l’Otan aujourd’hui est un ennemi commun. C’est peu», souligne-t-il, ajoutant qu’il existe une «liste longue» de questions restées en suspens entre la Russie et l’Otan, ou au moins entre Moscou et Washington. La question d’un élargissement de l’Otan aux pays baltes, que Moscou refuse catégoriquement, doit notamment être discutée d’ici à la fin de l’année, rappelle-t-il, de même que le projet américain de défense antimissile. L’Otan et les États-Unis pourraient temporiser sur ces questions au moins jusqu’au printemps pour ne pas froisser Moscou, notamment parce que «intervenir en Afghanistan sans la Russie, et encore moins contre elle, est impossible», souligne Alexandre Pikaïev. La Russie de son côté compte avoir les mains déliées pour agir à sa guise en Tchétchénie, Moscou et l’Otan «ne manquent donc pas d’arrière-pensées» dans leur union contre les terroristes, conclut le politologue Iouri Kourgouniouk.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Vladimir Poutine doit rencontrer, mercredi, le secrétaire général de l’Otan George Robertson à Bruxelles, alors que les attentats aux États-Unis ont suscité une solidarité nouvelle entre Moscou et l’Alliance atlantique, qui n’efface pas pour autant toute divergence, selon les analystes. La rencontre entre MM. Poutine et Robertson, qui n’aura pas lieu cependant au siège de l’Otan, survient alors que l’Alliance et la Russie se sont déclarées «unies» contre le «fléau du terrorisme», dans un communiqué diffusé à l’issue d’une réunion à Bruxelles le 13 septembre. Moscou a été jusqu’à accepter lundi dernier d’ouvrir son espace aérien et autoriser l’usage des anciennes bases soviétiques d’Asie centrale aux avions américains pour acheminer de «l’aide humanitaire» vers l’Afghanistan. Le...