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Actualités - Chronologies

Walid Charara : Les États-Unis

chercheront à consacrer leur hégémonie dans le monde Comment Walid Charara, journaliste au Monde diplomatique, à Magazine et au Hayat, évalue-t-il les réactions américaines au Proche-Orient suite aux attentats perpétrés contre les États-Unis ? «La question véritable n’est pas tant la riposte elle-même que la signification politique de la réaction américaine», estime-t-il. Celle-ci ne se démarque pas finalement de la logique hégémoniste qui a de tout temps marqué l’histoire de la politique étrangère de ce pays, fait remarquer cet analyste. Si l’Administration américaine cherche à rallier le plus grand nombre de pays arabes au sein d’une large coalition, elle ne manquera pas par ailleurs de frapper ou d’intimider là où elle l’estimera nécessaire dans la région du Proche-Orient. Car désormais, indique le journaliste, un ensemble d’alliances et de mesures sécuritaires et politiques sont devenus nécessaires. «La question n’est pas uniquement de savoir à quel endroit les USA vont porter leur riposte de manière immédiate pour restituer leur prestige. Les représailles peuvent être douloureuses ou effrayantes, dit-il. L’important est de voir comment les intérêts américains, le complexe militaro-industriel et les lobbies vont profiter de cette situation pour imposer de nouvelles alliances politiques aux pays de la région ainsi qu’à d’autres pays du monde», soutient M. Charara. Il est clair que l’idée de proposer l’alliance contre le terrorisme suppose, au niveau de la région, qu’un choix soit fait par les États concernés, c’est-à-dire d’opter pour le camp des USA, ou pour le camp opposé. Cela entraîne un certain nombre de conséquences, dont celles «d’être soumis à un ensemble de conditions politiques, sécuritaires et économiques», au cas où ces États auraient choisi de s’allier aux Américains. Charara rappelle que, de toute évidence, ce choix avait été critiqué par le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Maher, qui avait mis en garde contre une coalition qui ne dispose pas de plate-forme commune, avec, pour commencer, une définition claire du terrorisme. «D’ailleurs, ajoute-t-il, même parmi les alliés arabes des États-Unis, on relève une tentative de se dérober à cette alliance mondiale qui suppose certains engagements qui pourraient les embarrasser à certains égards». D’après M. Charara, cette coalition contre le terrorisme vise à imposer une alliance aux pays du monde et en particulier aux pays arabes pour consacrer l’hégémonie américaine sur cette région et pour rallier ces pays à une alliance sécuritaire militaire et stratégique, «d’où l’exploitation de la riposte sur plan mondial et régional» dit-il. Mais comment, selon la logique américaine, mettre à profit la riposte contre l’Afghanistan pour mieux resserrer l’étau autour des «ennemis» des USA et comment faire face au terrorisme dans un second temps ? Pour le journaliste, il existe actuellement deux conceptions aux États-Unis qui, si elles ne se contredisent pas tout à fait, du moins divergent sur certains aspects. Les partisans de la première thèse, principalement les intellectuels, soutiennent qu’il existe un certain nombre de dossiers ou de «causes» qui créent une atmosphère propice aux types d’attentats qui ont eu lieu à New York et à Washington. Parmi ces causes, la crise israélo-palestinienne, «une crise emblématique», comme dit Walid Charara, qui ne fait qu’augmenter la haine et l’animosité contre les Américains. Bien qu’ils appuient la solution militaire et sécuritaire, à savoir le recours à la riposte pour punir les auteurs présumés de l’attaque, les défenseurs de cette vision réaffirment la nécessité d’apporter des solutions politiques aux problèmes de la région, notamment la redéfinition de l’engagement américain en vue de trouver des solutions au conflit israélo-palestinien. Il faut par conséquent une décision politique et non militaire pour régler l’ensemble des crises au Proche-Orient, afin de parvenir à une certaine stabilité. Quant à la seconde conception, elle se fonde exclusivement sur la dimension sécuritairo-militaire. Elle est incarnée par l’actuelle Administration américaine, précise M. Charara. Cette dernière cherche à voir comment elle pourrait exploiter le coup qui serait porté en Afghanistan pour réaliser une nouvelle attaque stratégique et imposer un nouvel agenda en frappant tous ses ennemis. «Au lieu de séparer les dossiers, l’Administration Bush fait le lien entre ces dossiers, dit-il. Selon cette conception, on pourrait s’attendre dans un proche avenir à des frappes en Irak, par exemple, ou à des tentatives de renversement du régime dans ce pays, ainsi qu’à des possibilités de renforcement de la répression sur les Palestiniens». Pour Walid Charara, les États-Unis exerceront des pressions pour obtenir des concessions importantes de la part de l’Iran, de la Syrie et du Liban et, par conséquent, des pressions sur le Hezbollah. Toutefois, a-t-il précisé, les pays arabes ont unanimement réclamé qu’une distinction soit faite entre les mouvements de résistance et les mouvements terroristes. «Une chose est sûre, c’est que l’Administration américaine cherchera à pousser les États de la région à faire un maximum de concessions», dit-il. Ce qui est le plus à craindre, conclut Walid Charara, c’est le risque de voir reprendre par les États-Unis la théorie de Sharon, celle qui consiste à dire que «lorsqu’un État est frappé par un groupe invisible, le pays agressé riposte en frappant l’État censé contrôler ce groupe». Encore faut-il déterminer la responsabilité du groupe ainsi que celle de l’État concerné. Or les États-Unis n’ont encore défini ni l’un ni l’autre. Retour donc à la case départ et aux mille et une questions que se posent le monde arabe et la planète entière.
chercheront à consacrer leur hégémonie dans le monde Comment Walid Charara, journaliste au Monde diplomatique, à Magazine et au Hayat, évalue-t-il les réactions américaines au Proche-Orient suite aux attentats perpétrés contre les États-Unis ? «La question véritable n’est pas tant la riposte elle-même que la signification politique de la réaction américaine», estime-t-il. Celle-ci ne se démarque pas finalement de la logique hégémoniste qui a de tout temps marqué l’histoire de la politique étrangère de ce pays, fait remarquer cet analyste. Si l’Administration américaine cherche à rallier le plus grand nombre de pays arabes au sein d’une large coalition, elle ne manquera pas par ailleurs de frapper ou d’intimider là où elle l’estimera nécessaire dans la région du Proche-Orient. Car désormais,...