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Actualités - Chronologies

Bioterrorisme : paranoïa - dans le ciel américain

La crainte d’une attaque bioterroriste par les airs a contraint les autorités américaines à interdire le vol des avions d’épandage utilisés pour asperger les cultures de pesticides et qui semblaient intéresser au plus haut point les terroristes du 11 septembre et certains de leurs complices présumés. Cette mesure, prise pour la deuxième fois en quinze jours, a été décrétée pour des «raisons de sécurité nationale», a indiqué l’Administration fédérale de l’aviation civile (FAA). En réalité, sans vouloir le dire, les autorités américaines craignent une attaque bioterroriste. Car ces petits avions légers, utilisés pour arroser de pesticides ou d’engrais les cultures, sont considérés par les experts comme le meilleur vecteur de dispersion d’un agent toxique en cas d’attaque chimique ou bactériologique. «Le scénario consisterait à faire voler un tel avion non pas directement au-dessus d’une agglomération mais à proximité, ce qui permettrait de disperser un nuage dérivant sur la ville par le seul jeu des vents dominants», explique Philip Russell, professeur à l’Université Johns Hopkins. Ces avions sont capables d’emporter 1 000 à 3 000 litres de produits chimiques. Selon les derniers chiffres disponibles, il y avait environ 4 600 avions de ce type immatriculés aux États-Unis en 1999. Or, au moins l’un des pirates de l’air présumés d’un des deux Boeing qui se sont écrasés contre les tours jumelles du World Trade Center, Mohammed Atta, s’était intéressé de près à ces petits appareils. Atta s’était ainsi rendu plusieurs fois, la dernière fois en août, sur le petit aérodrome de Belle Glade, à 130 km au nord-est de Miami (Floride, sud-est), selon un responsable de l’entretien, James Lester, cité par la presse locale. «Il voulait savoir comment ils volaient (...) et quelle charge ils pouvaient transporter», a déclaré James Lester, qui s’occupe notamment d’un petit appareil Air Tractor 502, capable d’emporter 1 900 litres d’insecticides ou d’engrais. Un autre terroriste présumé, un Franco-Marocain répondant au nom de Zacarias Moussaoui, arrêté le 17 août aux États-Unis et actuellement en garde à vue fédérale depuis les attentats, avait été interpellé en possession d’un manuel de vol d’un avion d’épandage. Ces différents éléments ont conduit les responsables américains à penser que des cellules terroristes aux États-Unis préparaient une attaque bioterroriste, comme l’a reconnu le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld. S’il a admis «ne pas avoir de preuves» mais «que des soupçons», le chef du Pentagone a néanmoins justifié dimanche les précautions prises. «Quand l’on tombe sur ce genre d’informations, cela doit vous forcer à reconnaître que ce sont des dangers qui doivent nous préoccuper», a-t-il déclaré. Par ailleurs, la sûreté fédérale (FBI) a lancé un appel à la vigilance aux propriétaires, utilisateurs et mécaniciens travaillant avec des avions d’épandage. Ceux-ci ont été invités à rapporter au FBI «toute activité suspecte relative à l’utilisation (de ces avions), aux cours de formation et à l’acquisition de produits chimiques dangereux ou d’aérosols, y compris des menaces, achats inhabituels et comportements suspects». Enfin, dernier signe de la paranoïa qui s’est emparée du ciel américain : l’US Air Force, qui avait interrompu il y a une semaine ses vols au-dessus d’une quinzaine de grandes villes américaines, a réactivé ce week-end ses patrouilles aériennes effectuées par des escadrons de chasseurs F-16 chargés de la défense du territoire.
La crainte d’une attaque bioterroriste par les airs a contraint les autorités américaines à interdire le vol des avions d’épandage utilisés pour asperger les cultures de pesticides et qui semblaient intéresser au plus haut point les terroristes du 11 septembre et certains de leurs complices présumés. Cette mesure, prise pour la deuxième fois en quinze jours, a été décrétée pour des «raisons de sécurité nationale», a indiqué l’Administration fédérale de l’aviation civile (FAA). En réalité, sans vouloir le dire, les autorités américaines craignent une attaque bioterroriste. Car ces petits avions légers, utilisés pour arroser de pesticides ou d’engrais les cultures, sont considérés par les experts comme le meilleur vecteur de dispersion d’un agent toxique en cas d’attaque chimique ou...