À l’instar de certaines maladies cancéreuses, les causes du cancer du côlon sont inconnues. «Nous pensons que le facteur alimentaire joue un rôle très important dans le développement de cette maladie, notamment quand il s’agit d’une alimentation riche en graisse animale et pauvre en fibre végétale, explique le Dr Jean-Yves Douillard, président du département d’oncologie médicale au Centre René Gauducheau, à Nantes. C’est une maladie qui présente toutefois une transmission héréditaire dans dix pour cent des cas, ce qui impose des examens de dépistage». Le spécialiste précise que «c’est l’un des cancers les plus fréquents, tous sexes confondus. Il représente en France près de 30 000 cas par an», indique-t-il. Les traitements de ce type de cancer reposent toujours sur la chirurgie. La chimiothérapie peut être utilisée en complément, comme traitement adjuvant ou encore si les ganglions qui se trouvent près de la tumeur sont atteints, ainsi que dans les formes métastatiques de la maladie, les métastases se trouvant dans la majorité des cas au niveau du foie. Dans ce cas, la chimiothérapie peut être utilisée en induction. Elle permet ainsi de réduire la taille des métastases et les éloigne des structures vitales existant dans le foie. «Au cours des cinq dernières années, de nouvelles drogues chimiothérapiques, extrêmement efficaces, ont été développées, indique le Dr Douillard. Ces médicaments permettent pratiquement de doubler le nombre des patients qui répondent à la chimiothérapie». Il ajoute : «Il n’est pas éthique de se contenter des chimiothérapies anciennes, qui peuvent être doublement efficaces si elles sont associées à ces nouveaux médicaments. Contrairement à un cancer de poumon dont on ne guérit jamais car il y a un risque d’une rechute, un cancer du côlon qui, trois ans après la fin du traitement, n’a pas développé de métastases, peut être considéré comme définitivement guéri». Les formes les plus fréquentes de cancers du côlon sont celles limitées au côlon, celles qui représentent un envahissement ganglionnaire ou des métastases hépatiques. «Les formes précoces ne représentent que 15 % du cancer du côlon», note le Dr Douillard qui ajoute que le taux de guérison varie entre 50 et 60 %, tous stades confondus, c’est-à-dire «qu’un malade sur deux développera une métastase au niveau du foie». «Cela survient en gros dans les deux ans qui suivent l’intervention chirurgicale», fait-il remarquer. Bien que plusieurs nouvelles thérapies soient en voie de développement, le seul espoir pour guérir de ce type de cancer demeure, selon le spécialiste, le dépistage, qui permet de détecter des cancers à un stade très précoce.
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