Les efforts d’apaisement sur les marchés internationaux des changes, au lendemain de l’assouplissement du crédit des deux côtés de l’Atlantique, se sont traduits hier à Beyrouth par une nette contraction des conversions intérieures de certains capitaux libanais du dollar à l’euro. Quant au rapport de change entre le billet vert et la livre, il est resté gouverné par l’action de la Banque du Liban (BDL) dans des transactions peu nourries. Le maintien par la BDL de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente a servi encore une fois à faire fixer le dollar au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de deux ans, pendant qu’il se négociait effectivement au haut de cette fourchette dans les transactions interbancaires. Mais, compte tenu du potentiel très faible de la demande, le volume des échanges ne devait guère dépasser hier quelque cinq millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, à en croire les milieux cambistes. Stabilité du dollar et de l’euro dans des marchés prudents À l’étranger, l’euro et le dollar ont évolué irrégulièrement hier, les cambistes n’osant toujours pas prendre de risques face à l’incertitude grandissante d’une réplique militaire américaine et alors que les marchés boursiers américains fluctuaient dans des marges étroites. La livre sterling et le yen sont restés par ailleurs indifférents à la décision de la Banque d’Angleterre et de la Banque du Japon de diminuer leurs taux de base de 5 % à 4,75 % et de 0,25 % à 0,10 % respectivement, suivant le mouvement initié la veille par la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE). Les analystes s’accordaient à dire que, pour l’heure, les actions coordonnées des banques centrales occidentales avaient permis d’apporter un peu de stabilité sur les marchés des actions et, par contrecoup, sur ceux des changes. De ce fait, on n’a pas l’impression que les gens se précipitent sur des positions spéculatives, mais qu’ils suivent simplement le flot, indique-t-on dans les milieux cambistes londoniens. Pourtant, on a remarqué que c’est le franc suisse surtout qui profite de la situation internationale en servant de valeur refuge par excellence. Car, la Suisse est considérée comme l’endroit où il y a le plus de réserves en avoirs étrangers. À cet égard, les analystes ont noté que si les revenus de tous ces avoirs sont recyclés, la devise helvétique grimpe, c’est exactement ce qui est en train de se passer avec le franc suisse actuellement. De son côté, la livre sterling a évolué dans des marges étroites après la baisse des taux d’intérêt britanniques. Ce geste, inattendu par les investisseurs, a suivi les baisses des taux coordonnées des autres principales banques centrales mondiales, avec en tête la Fed et la BCE, pour doper l’économie mondiale. «La chute des marchés boursiers dans le monde et ses probables répercussions sur la confiance laissent envisager un affaiblissement des perspectives de croissance pour l’économie mondiale» plus important que prévu lors du précédent comité de politique monétaire, a indiqué la Banque d’Angleterre dans un communiqué pour justifier son geste. C’est d’ailleurs la première fois que l’institut d’émission britannique baisse ses taux en dehors d’une réunion de son comité de politique monétaire. La prochaine réunion se tiendra les 3 et 4 octobre. Le loyer de l’argent au Royaume-Uni est désormais à son niveau le plus bas depuis 1964. Cela étant, le dollar est parvenu à présenter une remarquable résistance aux influences baissières en provenance des craintes de sorties des capitaux des États-Unis, se négociant à New York comme suit : – 0,9265 pour un euro contre 0,9240, la veille – 1,4690 pour un sterling contre 1,4650 – 2,1110 DM contre 2,1165 – 7,0800 FF contre 7,0990 – 1,5975 FS contre 1,6065 – 2 089,90 lires contre 2 095,50 – 117,25 yens contre 117,85. Bourse de Beyrouth : marché stationnaire À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la stabilité hier dans un marché creux, les quelques valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs derniers cours de la veille. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 53,24 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 121,85 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’échanges toujours maigre avec au total 33 396 actions négociées d’une valeur de 126 271 dollars seulement. Reprise manquée des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières n’ont pas réussi hier à se reprendre franchement après leur plongeon de la veille, car leur tendance de fond restait très incertaine. Selon les opérateurs boursiers, les marchés américains ont retrouvé seulement une sensation de normalité hier après la journée émotionnelle de réouverture de lundi après une fermeture exceptionnelle de près d’une semaine. La chasse aux bonnes affaires semble être à l’origine de la reprise passagère de la cote, en particulier dans le secteur des compagnies aériennes qui ont regagné une partie du terrain perdu la veille lorsqu’elles avaient plongé en moyenne de 40 % à la suite des attentats sans précédent du 11 septembre avec des avions-suicide contre le World Trade Center et le Pentagone. Les investisseurs ont été parfois rassurés par les interventions massives des banques centrales qui ont partout baissé leurs taux d’intérêt pour relancer la croissance en injectant des liquidités massives afin d’éviter une crise du système financier international. Ces mesures, ainsi que les aides financières importantes adoptées par le gouvernement américain, pourraient avoir un effet positif sur la croissance économique dans la mesure où elles permettraient de modérer et de raccourcir une éventuelle récession. À cet égard, les investisseurs ont été rassurés par le vote d’une aide de 40 milliards de dollars par le Congrès ainsi que par une importante assistance financière envisagée pour les compagnies aériennes, sans parler d’une hausse des dépenses militaires qui devrait doper les industries de la défense. Mais il n’en demeurait pas moins que la tendance restait indécise, les investisseurs hésitant entre les niveaux très attrayants des prix des actions et les craintes de récession liées à la baisse de la confiance des consommateurs américains. Cela étant, l’indice composite Nasdaq a dû accentuer ses pertes de quelques fractions à 1 555 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait à la baisse entre un plus haut à 9 028,06 points et un plus bas 8 869,91 points, avant d’afficher en préclôture, à 23 H heure de Beyrouth, 8 873,42 points, en baisse de 47,28 points sur la veille. Baisse des Bourses européennes Les Bourses européennes sont reparties à la baisse mardi, après avoir rebondi la veille, les investisseurs craignant toujours les conséquences économiques et militaires des attentats du 11 septembre. «Il y a trop d’inconnues et d’élements en jeu qui ne sont plus économiques et financiers», a jugé un opérateur parisien, en parlant «d’éléments psychologiques et politiques» ainsi que du «facteur guerrier et militaire». «La situation actuelle est unique en ce qui concerne les réactions éventuelles des consommateurs», a affirmé Henry Willmore, économiste de la banque Barclays Capital. «Les attentats terroristes ont eu un effet beaucoup plus profond qu’une catastrophe naturelle», a-t-il ajouté. Les principaux marchés européens, qui avaient résisté à la panique la semaine dernière après les attentats de New York et Washington en limitant leurs pertes à des baisses comprises entre 6 et 13 %, sont restés bien orientés lundi à la suite de la réouverture le même jour des marchés américains après quatre jours de fermeture. mais, mardi, ils ont terminé sur des baisses comprises entre près de 1 % et plus de 3 %. La Bourse de Paris a perdu 1,13 % à 3 970,18 points, celle de Londres 1,02 % à 4 848,7 points et celle de Francfort perdait 0,94 % à 4 194,85 points. Parmi les autres places financières européennes, Madrid a cédé 0,72 %, Milan 1,82 %, Zurich 1,19 %, Bruxelles 0,31 %, Copenhague 3,52 % et Stockholm 2,86 %. En revanche, Amsterdam s’est adjugée une hausse de 0,26 %. Tokyo : en hausse L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo s’est ressaisi mardi clôturant en hausse de 1,8 % à 9 679,88 points, les investisseurs étant encouragés par la réouverture de Wall Street, mais plusieurs alertes à la bombe à Tokyo ont réduit la perspective de nouveaux gains en fin de séance, selon des courtiers. L’indice Nikkei des 225 valeurs vedettes a gagné 175,47 points. L’indice phare avait perdu 5 %, soit 504,48 points, lundi, tombant à 9 504,41 points, son niveau de clôture le plus bas depuis le 19 décembre 1983, où il avait atteint 9 484,17 points. «La Bourse était optimiste jusqu’à ce que vers 5h30 GMT, l’annonce d’alertes à la bombe fasse s’effondrer ce sentiment», a rapporté Hiroshi Sato, chez Cosmos Securities, jugeant que «c’était malveillant». Deux hôtels et un établissement abritant une banque d’investissements étrangère, Citybank ou Chase Manhattan, ont reçu des alertes à la bombe une demi-heure avant la fermeture de la Bourse, mardi entre 5h et 5h30 GMT, selon l’agence Jiji. La police a cependant déclaré recevoir quotidiennement un grand nombre d’alertes. «Il y a des centaines d’arlertes à la bombe chaque jour à Tokyo et nous n’annonçons que celles qui semblent fondées», a déclaré un porte-parole de la police de Tokyo. Masaaki Higashida, de chez Nomura Securities, a estimé que les alertes à la bombe «ont fait chuter les ventes en rappelant aux investisseurs les attaques terroristes aux États-Unis». Le marché de Tokyo avait ouvert dans un climat stable, les investisseurs ayant bien accueilli la réouverture de Wall Street après son interruption de près d’une semaine, à la suite des attaques contre le World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington. «Les échanges sont toujours menés par des courtiers qui agissent rapidement, tandis que beaucoup d’investisseurs restent sur la touche», a estimé M. Higashida. L’indice élargi Topix a gagné 16,64 points, soit 1,7 % à 1 013,09 points. Au total, quelque 863 millions d’actions ont été échangées, contre 718,8 millions la veille.
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