Le commandant Ahmed Shah Massoud, héros de l’Afghanistan, assassiné deux jours avant les attaques terroristes aux États-Unis, a été enterré dimanche à Saricha, dans sa vallée du Panchir, depuis laquelle il a résisté pendant de longues années aux Soviétiques, puis aux taliban. Des dizaines de milliers de villageois émus se sont alignés sur les chemins poussiéreux du district de Bozarak pour rendre un dernier hommage au «Lion du Panchir». Massoud, 49 ans, leader de l’Alliance du Nord, en lutte contre le pouvoir des taliban, avait succombé samedi à des blessures reçues lors d’un attentat-suicide commis par deux extrémistes arabes, le 9 septembre. Son cercueil, recouvert d’un drapeau vert, blanc et noir, est arrivé dans la vallée par hélicoptère, en provenance de la province de Takhar (nord-est de l’Afghanistan). Quelques bousculades se sont produites lorsque des centaines d’hommes, criant «Allah akbar (Dieu est grand)», se sont précipités pour toucher le cercueil ou jeter des fleurs». Parmi les dirigeants présents : le général Fahim, successeur de Massoud, le président afghan déchu Burhanuddin Rabbani et Ahmed, le fils du commandant, âgé de seulement 13 ans, qui s’est engagé à reprendre le flambeau de la lutte antitaliban. «Je veux juste suivre le même chemin que mon père et obtenir l’indépendance de mon pays», a dit l’adolescent, d’une voix très claire. Les personnes autour de lui ont fondu en larmes. «Mon père voulait être un martyr, il a atteint cet objectif, mais pas au bon moment». Effectivement, la mort de Massoud (49 ans) survient à un mauvais moment pour l’Alliance du Nord, qui comptait davantage sur son chef que sur la communauté internationale, depuis le retrait soviétique. Symbole de la résistance à l’occupation, le commandant tadjik était apparu ces dernières années comme le dernier rempart face aux taliban qui, à l’instar des forces de l’ex-URSS, ne sont jamais parvenus à conquérir le Panchir. Des drapeaux noirs étaient visibles sur pratiquement toutes les habitations et véhicules, qui arboraient également des photos de Massoud et des bannières à la gloire du «héros». «Tu es le cœur de chaque Afghan», pouvait-on lire sous certaines photos. M. Rabbani a lancé une violente diatribe contre la milice des taliban. Les taliban sont «sous le contrôle» du terroriste présumé Oussama Ben Laden et sont «les créatures du Pakistan», a-t-il dit, ajoutant : «Ils seront éliminés d’un coup, si Dieu le veut». Parmi les grands absents de la cérémonie figuraient d’autres dirigeants de l’Alliance du Nord, notamment le chef ouzbek Abdul Rashid Dostam et Ismaël Khan, ancien gouverneur de la province de Herat (ouest de l’Afghanistan), de la même mouvance politique que Massoud (Jamiat-e-Islami). Un mollah a lu la prière, grâce à un porte-voix, depuis la plate-forme d’une camionnette militaire, en présence d’une garde d’honneur de moudjahidine. Sous le soleil qui commençait à taper, des femmes et des fillettes observaient la scène depuis les collines environnantes. De nombreux villageois se sont alors agenouillés en signe de respect pour le disparu. Le cercueil, placé sur un affût de canon, a ensuite été remorqué lentement par un véhicule de transport de troupes blindé sur une distance de quatre kilomètres, vers la colline où Massoud a été enterré.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le commandant Ahmed Shah Massoud, héros de l’Afghanistan, assassiné deux jours avant les attaques terroristes aux États-Unis, a été enterré dimanche à Saricha, dans sa vallée du Panchir, depuis laquelle il a résisté pendant de longues années aux Soviétiques, puis aux taliban. Des dizaines de milliers de villageois émus se sont alignés sur les chemins poussiéreux du district de Bozarak pour rendre un dernier hommage au «Lion du Panchir». Massoud, 49 ans, leader de l’Alliance du Nord, en lutte contre le pouvoir des taliban, avait succombé samedi à des blessures reçues lors d’un attentat-suicide commis par deux extrémistes arabes, le 9 septembre. Son cercueil, recouvert d’un drapeau vert, blanc et noir, est arrivé dans la vallée par hélicoptère, en provenance de la province de Takhar (nord-est de...