Une étonnante biographie signée Carmen Castillo et Evelyne Pisier (Éd. Fayard), intitulée Sonia Rykiel: quand elle n’a pas de rouge, elle met du noir, braque les projecteurs et l’intérêt sur le phénomène Rykiel... Depuis plus de trente ans, la flamboyante chevelure de cette fondatrice d’empire domine l’univers de la mode, et la griffe marque de son empreinte le vêtement féminin. On comprend donc la raison qui incite une romancière, Carmen Castillo, et un professeur de droit, ancien cadre au ministère de la Culture, Evelyne Pisier, d’analyser l’extraordinaire parcours de cette créatrice atypique en mettant en évidence le génie et l’acharnement qu’elle manifeste pour son métier. «La mode?, dit-elle aujourd’hui, j’y suis entrée par hasard en plein mouvement hippie, à un moment où tombaient les tabous et où tout était permis. Ma seule ambition était alors d’avoir dix enfants»... Épouse du propriétaire d’une boutique à la mode où se ruaient les dames branchées d’alors, elle se voit forcée de composer ses propres tenues de grossesse. «On ne trouvait pour s’habiller en ce temps-là que d’horribles housses quand on attendait un enfant...». Elle s’est mise donc à imaginer et à exécuter des vêtements pour cet état en commençant par une robe de jersey bien moulante. Le succès fut foudroyant, puisque toutes les clientes, enceintes ou pas, en voulaient la même. Sonia réforme les sacro-saintes règles de la «façon» traditionnelle. Elle abolit, elle découd, elle superpose, bref elle crée en reniant canons et interdits, règles et coutumes. «Si j’avais appris la couture dans une école, résume-t-elle à présent, jamais je n’aurais osé faire ce que j’ai fait: doublures et rembourrages, retourner les tissus et bien d’autres révolutions inconcevables par la couture traditionnelle. Quand je pense que j’ai arrêté mes études à dix-sept ans pour ne pas prendre le risque d’échouer une deuxième fois au bac. Je vis dans la hantise d’être enfin démasquée. J’ai toujours le sentiment qu’on va dire: Cette fille n’a jamais appris son métier...». Qui l’aurait cru? Cette reine du tricot, cette créatrice qui a réformé la mode, ne sait pas, de son propre aveu, «coudre un bouton», en ajoutant toutefois: «Cette ignorance a été ma chance. J’aurais appris la couture dans une école, jamais je n’aurais osé défaire, superposer, supprimer, tailler». Est-elle rassurée aujourd’hui par le succès qu’elle rencontre, hissée comme elle l’est au sommet d’un véritable empire? «Deux collections ratées et le tout peut s’écrouler, retorque-t-elle, c’est pour ça que je ne peux pas me permettre de perdre du temps... J’ai un sentiment de responsabilité vis-à-vis de mon équipe»...
Une étonnante biographie signée Carmen Castillo et Evelyne Pisier (Éd. Fayard), intitulée Sonia Rykiel: quand elle n’a pas de rouge, elle met du noir, braque les projecteurs et l’intérêt sur le phénomène Rykiel... Depuis plus de trente ans, la flamboyante chevelure de cette fondatrice d’empire domine l’univers de la mode, et la griffe marque de son empreinte le vêtement féminin. On comprend donc la raison qui incite une romancière, Carmen Castillo, et un professeur de droit, ancien cadre au ministère de la Culture, Evelyne Pisier, d’analyser l’extraordinaire parcours de cette créatrice atypique en mettant en évidence le génie et l’acharnement qu’elle manifeste pour son métier. «La mode?, dit-elle aujourd’hui, j’y suis entrée par hasard en plein mouvement hippie, à un moment où tombaient les tabous...
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