Au cours du dernier congrès de l’Académie américaine de neurologie tenu à Philadelphia, en mai passé, une équipe américaine a communiqué des résultats très intéressants de ses travaux sur la maladie d’Alzheimer, poursuivis depuis bon nombre d’années. Ces recherches portent sur les souris, mais elles apparaissent suffisamment concluantes pour que les expérimentations soient transposées chez l’homme, à très court terme. Malgré la grande réticence manifestée par les cercles scientifiques à susciter des espoirs prématurés ou indus, la nouvelle reste un formidable message d’espoir. Dans le noir tunnel où se débattent les chercheurs depuis tant d’années et face à toutes les personnes cruellement touchées par cette terrible dégénérescence et leurs proches, une lueur s’allume. Même si on est loin encore de tout traitement et de toute prévention de la maladie d’Alzheimer, des percées s’annoncent... Des millions de personnes dans le monde souffrent de cette tragique destruction du plus précieux des organes, payant très cher les quelques années de longévité gagnées par la science. Terrible châtiment asséné à l’homme pour avoir osé voler quelques années à la mort, la maladie d’Alzheimer terrorise tout individu conscient de ses ravages. Descente progressive dans la démence, elle se traduit sur le plan anatomique par la destruction des neurones et des dépôts anormaux d’une protéine (la bêta amyloïde) dans le cerveau. La science s’applique donc d’empêcher cette protéine de s’accumuler et de se déposer dans le cerveau. Sous la direction du Dr Dale Scheuk, de la société de produits pharmaceutiques Elan Pharmaceuticals, de San Francisco, une équipe scientifique a mis au point un vaccin contre ce processus pathologique, donc contre la maladie d’Alzheimer. Publiés en 1999 dans la revue scientifique Nature, les premiers résultats démontrent que l’apparition de lésions pathologiques, qui caractérisent cette maladie, est retardée chez la souris atteinte d’un Alzheimer expérimental. Les souris immunisées depuis huit mois par ce nouveau vaccin sont protégées des pertes de la mémoire spatiale. Effectivement, ces animaux vaccinés ont pu passer avec de bons résultats le test de l’aquarium où ils doivent retrouver une plate-forme, à la surface de l’eau, dont l’emplacement est chaque jour différent. Les animaux vaccinés ont tous réussi l’épreuve, ce qui ne fut nullement le cas pour les souris non vaccinées. Des résultats, comme on peut le constater, assez probants. Mais l’homme n’est pas une souris. Entre elle et lui les différences sont énormes et multiples. Ainsi, de nombreuses pathologies sont parfaitement guérissables chez ces rongeurs mais non pas chez l’homme. Sans compter le fait que ces souris de laboratoire souffrent d’un Alzheimer «expérimental», donc provoqué, qui peut être différent, du moins pas exactement le même que celui survenant chez l’homme. Une bonne tolérance Les études donc se poursuivent très activement. On sait déjà que le vaccin est bien toléré par les êtres humains. Divers services hospitaliers en France, spécialisés dans ce domaine, se sont déclarés prêts à participer aux essais, dès septembre prochain, sur les malades souffrant d’une forme modérée de la maladie d’Alzheimer. Même si rien ne garantit que les résultats expérimentaux seraient aussi concluants chez l’homme que chez les souris, il est réconfortant de constater que la recherche avance et que des lueurs pointent à l’horizon.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Au cours du dernier congrès de l’Académie américaine de neurologie tenu à Philadelphia, en mai passé, une équipe américaine a communiqué des résultats très intéressants de ses travaux sur la maladie d’Alzheimer, poursuivis depuis bon nombre d’années. Ces recherches portent sur les souris, mais elles apparaissent suffisamment concluantes pour que les expérimentations soient transposées chez l’homme, à très court terme. Malgré la grande réticence manifestée par les cercles scientifiques à susciter des espoirs prématurés ou indus, la nouvelle reste un formidable message d’espoir. Dans le noir tunnel où se débattent les chercheurs depuis tant d’années et face à toutes les personnes cruellement touchées par cette terrible dégénérescence et leurs proches, une lueur s’allume. Même si on est loin...