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Actualités - Chronologies

correspondance - Après l’étiage de l’été

Les Parisiens sont gens occupés. Profitent-ils comme ils le devraient de la Ville lumière, capitale du pays le plus visité au monde (75 millions de touristes) en 2001 ? Assurément pas : ils n’en trouvent guère le temps. Tout au long de l’année, ils se partagent entre travail et tâches domestiques, expédiant de leur mieux ce qu’on appelle les affaires courantes. C’est la vie comme elle va, et la vie intérieure, autant dire qu’elle est réduite à la portion congrue. Les sondages revenant cher et ceux-ci, comme chacun sait, ne valant pas tripette, on n’en a jamais réalisé sur le sujet. Le premier quidam venu estimerait sans doute plus commode de faire lui-même les questions et les réponses, résumant assez bien la situation : «La vie intérieure ? Connais pas ! La réflexion personnelle ? Rien à cirer !», Cinglant camouflet aux optimistes impénitents qui s’obstinent à placarder dans le métro des invites à être zen. Ligne de partage des eaux L’été, dans tout cela, certains le voient se profiler comme un passage à vide bienvenu, qui permettra d’opérer le retour sur soi tant souhaité. Mais force est de reconnaître qu’un tel espoir se révèle fallacieux. Dans l’été parisien, le 15 août figure une sorte de ligne de partage des eaux, et le répit n’est pas plus à attendre d’un côté que de l’autre. En juillet déjà, sinon en juin, parviennent aux journalistes des pré-invitations qui sont comme autant de plans tirés sur la comète septembre, toutes assorties de l’injonction comminatoire : «À vos agendas ! À vos agendas !». Il faut alors répondre si oui ou non, deux mois plus tard, on sera libre tel jour à telle heure, sans toutefois être tenu de préciser de quelle humeur on sera !. Des épiphénomènes Et maintenant, c’est la rentrée. Pauvres de nous ! Les mêmes invitations reviennent, pour confirmation définitive, sous forme de cartons d’allure plus solennelle. Il faut donc répondre à nouveau, car il y a probablement des personnes versatiles qui ont dû changer d’avis entre-temps. Et répondre n’est pas une mince affaire car, au lieu de décrocher elles-mêmes, les attachées de presse comptent sur leurs secrétaires qui, elles, ont des répondeurs et rappellent seulement si ça leur chante ! Autre écueil de taille : le tir groupé des présentations diverses et autres conférences de presse programmées en même temps, à croire qu’aucune concertation n’est possible entre ceux qui les organisent. À chacun donc ses options, à chacun ses dilections ! Après l’étiage de l’été, les eaux recommencent à monter, et la tension de même. Le prix des cartables semble affoler tout le monde, le nouveau roman de Michel Honellebecq a provoqué un beau raffut avant même sa mise en vente, on attend la première prestation du successeur de Bernard Pivot, Guillaume Durand, qui s’attend d’ailleurs lui-même au tournant, et la bataille des prochains prix littéraires commence à occuper les petits cénacles germanopratins. Rien que des épiphénomènes, en réalité, de triviaux accidents de parcours que personne ne paraît soucieux de ramener à leurs justes proportions. Ah oui, pauvres de nous, vraiment !
Les Parisiens sont gens occupés. Profitent-ils comme ils le devraient de la Ville lumière, capitale du pays le plus visité au monde (75 millions de touristes) en 2001 ? Assurément pas : ils n’en trouvent guère le temps. Tout au long de l’année, ils se partagent entre travail et tâches domestiques, expédiant de leur mieux ce qu’on appelle les affaires courantes. C’est la vie comme elle va, et la vie intérieure, autant dire qu’elle est réduite à la portion congrue. Les sondages revenant cher et ceux-ci, comme chacun sait, ne valant pas tripette, on n’en a jamais réalisé sur le sujet. Le premier quidam venu estimerait sans doute plus commode de faire lui-même les questions et les réponses, résumant assez bien la situation : «La vie intérieure ? Connais pas ! La réflexion personnelle ? Rien à cirer !»,...