Les soldats allemands de l’opération de l’Otan en Macédoine étaient enfin quasiment opérationnels, vendredi, après le parcours d’obstacles parlementaire qui a retardé leur arrivée, et une route éprouvante depuis le Kosovo voisin. Partis jeudi en fin d’après-midi de Prizren, dans le sud-est du Kosovo, 250 militaires allemands de la Kfor, qui se transformeront en participants à la «Moisson essentielle», sont arrivés 13 heures plus tard, soit au petit matin, à Erebino, leur camp en Macédoine. Les militaires allemands sont le dernier contingent à rejoindre l’opération multinationale «Moisson essentielle», qui a déjà réalisé plus du tiers de sa mission de collecte des armes de la guérilla albanaise. Pour des raisons constitutionnelles, qui soumettent tout envoi de troupes à l’approbation du Parlement, ils ont accumulé plus d’une semaine de retard. Les soldats allemands, qui seront au total 400 à 500, «arrivent tard mais nous pensons qu’ils ont encore un rôle important à jouer, car il reste deux tiers des armes à collecter», a déclaré jeudi le ministre de la Défense Rudolf Scharping, en rendant visite à Erebeno aux premiers hommes de la Bundeswehr tout juste débarqués d’Allemagne. En trois opérations de collecte de l’arsenal des rebelles albanais, depuis lundi, l’Otan a déjà ramassé 1 400 armes sur un objectif de 3 300. Mais les soldats allemands n’ont pas été seulement tributaires de ces contingences politiques. Leur convoi d’une centaine de véhicules, dont des blindés, s’est déplacé très lentement pour effectuer la centaine de kilomètres séparant Prizren d’Erebino, tout près de la grande ville albanophone de Tetovo, au nord-ouest de la Macédoine. Le parcours a aussi été marqué par des hésitations sur l’itinéraire à emprunter, car le trafic au poste frontière principal entre le Kosovo et la Macédoine est perturbé depuis deux semaines par des manifestants macédoniens hostiles à l’Otan. «Nous ne les bloquerons pas, les soldats allemands pourront passer s’ils le souhaitent», assurait pourtant dans la nuit un porte-parole des manifestants, installés devant leur caravane en plein milieu de la route. Face à l’émotion que suscitent toujours en Allemagne les opérations militaires extérieures, c’est là que s’étaient postés les journalistes allemands pour prendre acte de ce nouveau moment historique, le franchissement de la frontière macédonienne par les blindés. Les soldats allemands ont tout de même changé d’itinéraire, et sont finalement passés par le poste frontière de Jazince, au nord-ouest de la Macédoine. Le porte-parole militaire allemand pouvait enfin affirmer vendredi matin que la majorité des soldats de la Bundeswehr étaient à Erebino, et à pied d’œuvre pour la mission de l’Otan. Environ 15 jours après les éléments précurseurs britanniques et français. Pour certains de ces soldats, le périple ne s’achèvera pas dans la région de Tetovo. Il est question qu’une partie au moins du contingent allemand rejoigne dans les prochains jours Piper Camp, au nord de Skopje, où est installé le bataillon sous commandement français, dans lequel les hommes de la Bundeswehr doivent servir. Ils y installeront peut-être les quelques chars Leopard, prévus pour l’opération. Ils sont les seuls, parmi la force de l’Otan, à avoir choisi d’emmener des blindés lourds. «Cela fera joli dans le camp français», s’est amusé un militaire britannique, en doutant de leur utilité pour ce type de missions.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les soldats allemands de l’opération de l’Otan en Macédoine étaient enfin quasiment opérationnels, vendredi, après le parcours d’obstacles parlementaire qui a retardé leur arrivée, et une route éprouvante depuis le Kosovo voisin. Partis jeudi en fin d’après-midi de Prizren, dans le sud-est du Kosovo, 250 militaires allemands de la Kfor, qui se transformeront en participants à la «Moisson essentielle», sont arrivés 13 heures plus tard, soit au petit matin, à Erebino, leur camp en Macédoine. Les militaires allemands sont le dernier contingent à rejoindre l’opération multinationale «Moisson essentielle», qui a déjà réalisé plus du tiers de sa mission de collecte des armes de la guérilla albanaise. Pour des raisons constitutionnelles, qui soumettent tout envoi de troupes à l’approbation du Parlement, ils...