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Actualités - Chronologies

Le Japon sur la pente raide de la déflation

La présence d’une déflation modérée au Japon a été illustrée vendredi par l’annonce d’une nouvelle baisse des prix en juillet et d’un recul de la consommation des ménages, ravivant les discussions sur la nécessité de créer de l’inflation pour stimuler l’économie. Les prix à la consommation ont chuté de 0,8 % le mois dernier, reculant pour le 23e mois consécutif, et ils ont baissé de 0,9 % en août à Tokyo, qui préfigure l’évolution de tout le pays. Le Bureau du gouvernement a estimé que la «tendance à la déflation est devenue plus nette» alors que le mois dernier, les autorités ne faisaient que constater que «les prix étaient à la baisse». Makiko Adachi, économiste senior de l’Institut de recherche Dai-Ichi Kangyo, a estimé que ces données «assombrissent encore les perspectives pour l’économie» même si la baisse a été exacerbée de 0,3 point de pourcentage en raison d’une nouvelle méthode de calcul. «La tendance à la baisse des prix est particulièrement inquiétante lorsque l’économie se contracte et que les possibilités de déclin s’amplifient», a estimé cette chercheuse, en estimant que cela aura un impact négatif sur la consommation et les investissements. La consommation des ménages salariés (60 % du total des familles) a reculé en juillet pour le quatrième mois de suite, baissant de 0,4 % après une chute de 3 % en juin. La déflation devient dangereuse pour une économie lorsqu’elle se transforme en spirale, la baisse des prix cessant de stimuler la demande et incitant au contraire les acheteurs à attendre de nouveaux abattements. L’évolution du Produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre de l’exercice comptable (deuxième du calendrier) sera annoncée le 7 septembre mais les économistes tablent généralement sur une baisse d’environ 0,8 % sur un trimestre. Si on y ajoute les inquiétudes face à la déflation, «le PIB pour avril-juin va probablement pousser la Banque du Japon à assouplir encore sa politique monétaire en septembre après la détente décidée en août», a estimé Mme Adachi. «Assouplir encore serait mieux que ne rien faire mais personne ne sait si cela serait efficace sachant que les taux d’intérêt sont déjà proches de zéro», a estimé l’analyste. Un groupe de parlementaires menés par Kozo Yamamoto, un ex-fonctionnaire du ministère des Finances, a demandé à la BoJ de fixer un objectif chiffré pour l’inflation mais le gouverneur de la Banque centrale Masaru Hayami est très réticent face à l’idée de créer artificiellement de l’inflation. Le ministre en charge de la politique budgétaire et économique Heizo Takenaka, favorable à un objectif d’inflation explicite, a reconnu que l’évolution de l’indice des prix est plus préoccupante que prévu. Tout en soulignant que le gouvernement a «de fortes attentes» vis-à-vis de la politique monétaire, M. Takenaka a admis que «cela n’est pas suffisant pour stopper la baisse des prix». «Il est nécessaire d’accélérer le débat sur ce que l’on peut faire pour stopper la baisse des prix», a-t-il dit devant la presse. La Banque du Japon avait au début du mois décidé d’accroître le montant des dépôts des banques sur ses comptes de 1 000 milliards de yens à 6 000 mds afin d’encourager les entreprises à emprunter davantage auprès de leurs banques. Pour Susumu Okano, chef économiste de l’Institut de recherche Daiwa, se donner un objectif spécifique d’inflation n’a pas de sens. «Ce qui est important en matière de politique financière, c’est d’accroître le revenu nominal des consommateurs, par exemple de 3 %», a-t-il dit. «Augmenter les prix n’aiderait en rien l’économie si ce n’est pas accompagné d’un accroissement des revenus», a ajouté M. Okano.
La présence d’une déflation modérée au Japon a été illustrée vendredi par l’annonce d’une nouvelle baisse des prix en juillet et d’un recul de la consommation des ménages, ravivant les discussions sur la nécessité de créer de l’inflation pour stimuler l’économie. Les prix à la consommation ont chuté de 0,8 % le mois dernier, reculant pour le 23e mois consécutif, et ils ont baissé de 0,9 % en août à Tokyo, qui préfigure l’évolution de tout le pays. Le Bureau du gouvernement a estimé que la «tendance à la déflation est devenue plus nette» alors que le mois dernier, les autorités ne faisaient que constater que «les prix étaient à la baisse». Makiko Adachi, économiste senior de l’Institut de recherche Dai-Ichi Kangyo, a estimé que ces données «assombrissent encore les perspectives pour...