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Actualités - Chronologies

Roger Lemerre : le gardien du temple

Sans doute bien moins populaire que son prédécesseur Aimé Jacquet, Roger Lemerre, le sélectionneur de l’équipe de France de football, est pourtant un genre de gardien du temple, intransigeant, qui assure avec une efficacité certaine une continuité dans la victoire. Confident des joueurs et souvent boute-en-train, à l’époque des moments difficiles précédant le titre mondial de 1998, Roger Lemerre a assumé sans aucun problème, du jour au lendemain, son nouveau statut de patron, communiquant immédiatement son amour immodéré pour le football. Il est vrai que son discours est parfois difficilement compréhensible, surtout avec les journalistes, un exercice imposé par ses fonctions qui est sans aucun doute celui qui lui porte le plus de peine. «Roger se laisse de temps en temps emporter par son discours et parfois il n’y a que lui qui se comprend. Mais il aime tellement le foot que son message passe. Et puis, on sent qu’il aimerait bien évoluer à notre place», explique son nouveau capitaine Marcel Desailly. Pas de césure «Depuis 1996, il y a dans le groupe des renouvellements et des confirmations, mais il n’y a pas de césure. Dans le secteur technique, je reste fidèle aux idées de ceux qui m’ont précédé dans la fonction», explique le sélectionneur national très proche du directeur technique national (DTN), Aimé Jacquet. Mais, attention, ce Normand bon teint élevé à la mode sedanaise, tout en s’inscrivant dans la ligne de Jacquet, a su faire évoluer l’équipe de France et y apporter sa touche personnelle. «Roger a des idées, donne des ordres et souhaite qu’on les respecte», souligne Marcel Desailly selon lequel le sélectionneur a appris «à canaliser son autorité naturelle pour ouvrir des portes». En fait, Roger Lemerre sait parfaitement gérer son groupe de vedettes entretenant avec eux «un rapport affectif». «J’aime le foot et j’aime les joueurs», rappelle-t-il souvent tout en excluant «de pouvoir faire du sentiment quand il s’agit de l’équipe de France». Son futur professionnel est la dernière de ses préoccupations. Pour le moment, il vit tous les jours «un grand bonheur». «Je ne lie pas mon futur aux résultats de l’équipe de France. J’ai besoin du foot. Je ne sais pas faire autre chose. C’est clair. Je suis heureux quand je suis avec eux», souligne-t-il en insistant sur sa volonté «de bien faire son boulot». Pudique, homme de conviction jusqu’à l’extrême limite, ne pouvant supporter que l’on puisse douter de son honnêteté, Roger Lemerre préfère se cacher derrière une image de père fouettard qui ne lui ressemble pas, lui qui est plutôt un homme de dialogue. Surtout, ne lui parlez pas de la liste des 23 pour le Mondial 2002, même si elle est pratiquement arrêtée dans son esprit. «Pour le moment, nous ne sommes pas à l’heure du choix pour le Mondial. La liste évolue et les joueurs vivent bien en sélection. Je dispose d’un groupe toujours présent qui rend une copie propre», répond-il en esquivant la question. Ainsi va Roger Lemerre, avec ses colères et ses choix judicieux, comme lors de la finale de l’Euro-2000 où il fait entrer un Robert Pires critiqué, mais qui fera la passe décisive, en laissant un Nicolas Anelka sur la touche. Aujourd’hui, Pires flambe et Anelka est en difficulté. Mais la politique de la main tendue de Roger Lemerre n’a pas changé. L’esprit de groupe avant tout.
Sans doute bien moins populaire que son prédécesseur Aimé Jacquet, Roger Lemerre, le sélectionneur de l’équipe de France de football, est pourtant un genre de gardien du temple, intransigeant, qui assure avec une efficacité certaine une continuité dans la victoire. Confident des joueurs et souvent boute-en-train, à l’époque des moments difficiles précédant le titre mondial de 1998, Roger Lemerre a assumé sans aucun problème, du jour au lendemain, son nouveau statut de patron, communiquant immédiatement son amour immodéré pour le football. Il est vrai que son discours est parfois difficilement compréhensible, surtout avec les journalistes, un exercice imposé par ses fonctions qui est sans aucun doute celui qui lui porte le plus de peine. «Roger se laisse de temps en temps emporter par son discours et parfois il...