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Actualités - Chronologies

La nouvelle tactique israélienne et ses limites

L’incursion israélienne en territoire autonome palestinien à Hébron, venant après plusieurs opérations similaires les jours précédents, illustre la nouvelle tactique de Tsahal qui, en plus de la liquidation systématique des activistes palestiniens, riposte désormais du tac au tac à la moindre attaque. Ce raid d’Hébron (sud de la Cisjordanie), durant lequel l’armée israélienne a dynamité deux maisons dans la nuit de jeudi à vendredi, est survenu peu après que deux membres d’une famille de colons résidant dans le quartier juif de cette ville palestinienne, dont un enfant de 11 ans, eurent été blessés par un tireur embusqué sur la colline d’Abou Sneineh. Douze Palestiniens ont été blessés au cours de l’opération. L’armée israélienne, qui multipliait déjà les incursions en territoire autonome palestinien dans la bande de Gaza, y a maintenant de plus en plus recours en Cisjordanie. Dans la nuit du 13 au 14 août, des chars avaient ainsi pénétré dans le centre de la ville autonome de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, y restant plusieurs heures, le temps de détruire un bâtiment des services de sécurité palestiniens. Le gouvernement israélien entendait ainsi faire pression sur l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat afin de l’inciter à agir pour empêcher les attentats-suicide en Israël, de nombreux kamikazes palestiniens venant de cette ville. Un autre raid majeur dans les villes autonomes palestiniennes de Bethléem et Beit Jala, dans le sud de la Cisjordanie cette fois, avait été annulé à la dernière minute le 14 août, officiellement parce qu’Israël avait reçu des informations selon lesquelles M. Arafat avait donné l’ordre d’empêcher le moindre tir à partir de Beit Jala contre la colonie juive voisine de Gilo, qu’Israël considère comme partie intégrante de Jérusalem. M. Sharon refusant, pour l’heure, d’ordonner une riposte militaire de grande envergure, qui se traduirait sans doute par la destruction de l’Autorité palestinienne et une réoccupation des territoires transférés ces dernières années aux Palestiniens en application des accords d’Oslo, il s’en remet de manière croissante à ces opérations ponctuelles très limitées à la fois dans le temps et dans leurs objectifs. «Nous en sommes arrivés au stade où, malheureusement, les incursions en territoire sous contrôle palestinien sont nécessaires pour mettre fin à ces attaques des terroristes», a déclaré dans une interview un conseiller du Premier ministre israélien Ariel Sharon, l’ancien ambassadeur Meir Rosenne. Il a souligné qu’Israël ne considérait «pas cela comme une action punitive, mais au contraire comme une action de légitime défense», afin de dissuader les Palestiniens de s’en prendre à des civils, notamment à des enfants. À court terme, cette tactique peut, très ponctuellement, offrir à Israël un bref répit. Il n’y a ainsi pas eu un seul tir contre Gilo en provenance de Beit Jala depuis la menace de raid israélien du 14 août. Mais à long terme, il est douteux qu’elle suffise à briser l’intifada. Par un effet pervers, ces incursions israéliennes, au cours desquelles Tsahal ne rencontre guère de résistance compte tenu de la disproportion des forces, deviennent même, aux yeux des Palestiniens, des «victoires». Comme le 14 août à Jénine, les Palestiniens ont ainsi présenté le retrait israélien – pourtant programmé – d’Abou Sneineh comme un «succès» de leur «résistance». «Les soldats ont quitté les lieux en pleurant à la suite de notre résistance», a ainsi déclaré Abbas Zaki, membre du Parlement palestinien. La multiplication de ces raids va de pair avec la recrudescence des tentatives de liquidation d’activistes palestiniens, les deux dernières attaques israéliennes, mercredi à Gaza et jeudi à Naplouse, ayant toutefois manqué leur cible. À en croire un sondage publié vendredi, les Israéliens semblent apprécier ce durcissement, puisque 75 % d’entre eux se disent satisfaits de M. Sharon. Mais en même temps, preuve des limites de sa politique, les deux tiers des Israéliens affirment ne pas le croire lorsqu’il prétend avoir «trouvé le moyen» de mater l’intifada.
L’incursion israélienne en territoire autonome palestinien à Hébron, venant après plusieurs opérations similaires les jours précédents, illustre la nouvelle tactique de Tsahal qui, en plus de la liquidation systématique des activistes palestiniens, riposte désormais du tac au tac à la moindre attaque. Ce raid d’Hébron (sud de la Cisjordanie), durant lequel l’armée israélienne a dynamité deux maisons dans la nuit de jeudi à vendredi, est survenu peu après que deux membres d’une famille de colons résidant dans le quartier juif de cette ville palestinienne, dont un enfant de 11 ans, eurent été blessés par un tireur embusqué sur la colline d’Abou Sneineh. Douze Palestiniens ont été blessés au cours de l’opération. L’armée israélienne, qui multipliait déjà les incursions en territoire autonome...