Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a subi aucun changement hier, le dollar restant généralement recherché en l’absence de contreparties valables à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Dans ce contexte, l’action de cette dernière est demeurée la plus déterminante de la tendance, comme d’ailleurs auparavant. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue à faire clôturer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de 23 mois, alors qu’il se négociait dans les transactions interbancaires au haut de cette fourchette et jamais en dehors d’elle. Cela étant et eu égard au potentiel limité de la demande en devises, vu le niveau très élevé de la «dollarisation» des dépôts bancaires, le volume des échanges n’aurait guère dépassé hier quelque quinze millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, à en croire les milieux cambistes de la place. Le dollar légèrement soutenu après la Fed À l’étranger, l’euro s’est affaibli légèrement hier par rapport au billet vert sur les marchés des changes internationaux. Les investisseurs, qui avaient rechigné à prendre des positions avant la décision du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), se sont montrés prudemment favorables au dollar après l’annonce d’une baisse d’un quart de point en pourcentage des taux servis sur les fonds fédéraux (Fed funds) de 3,75 % à 3,50 % pour doper l’activité économique aux États-Unis. Selon les cambistes, le marché craignait avant cette décision que la Fed optât pour une baisse plus prononcée d’un demi-point en pourcentage à 3,25 %, dans la mesure où ce geste risquait être interprété comme une réaction panique de l’institut d’émission américain pouvant sanctionner le dollar. Cela étant, et en l’absence de nouvelles économiques importantes, la tendance naturelle de l’euro a été de s’essouffler un peu. Selon les analystes, les gens ont estimé devoir prendre leurs bénéfices sur la monnaie unique européenne car il ne restait plus d’incertitude concernant la décision de la Fed. Cela d’autant que le communiqué de celle-ci diffusé après la réunion de son comité de politique monétaire n’était pas très alarmant quant à l’évolution future des taux d’intérêt aux États-Unis. Le comité de politique monétaire de la Fed avait déjà baissé à six reprises depuis le début de l’année son principal taux directeur de 6,50 % à 3,75 % avant de le ramener hier, pour la septième fois, à 3,50 %, tout en laissant entendre qu’elle était prête à le faire encore cette année pour stimuler l’activité économique dont la faiblesse reste le principal risque et non l’inflation. Maintenant que la décision de la Fed a été digérée, les investisseurs devront se tourner dès aujourd’hui vers l’Europe où est attendu l’indice IFO sur le climat des affaires en Allemagne qui risque de confirmer que la première économie européenne s’achemine vers une récession. Dans cette attente, et compte tenu d’une déclaration faite hier par le ministre japonais des Finances, Masajuro Shiokawa, écartant la possibilité d’une intervention de son gouvernement pour endiguer la récente hausse du yen fort compromettante pour les exportateurs nippons, le dollar s’est ressaisi hier face aux autres grandes monnaies, à l’exception de la devise japonaise. Il s’est négocié, en effet, à New York, sur un ton soutenu comme suit : – 0,9135 pour un euro contre 0,9145, la veille – 1,4495 pour un sterling contre 1,4440 – 2,1410 DM contre 2,1390 – 7,1810 FF contre 1,1730 – 1,6615 FS contre 1,6605 – 2 119,60 lires contre 2 117,30 – 119,70 yens contre 120,75. Bourse de Beyrouth : marché stationnaire À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la stabilité hier, toutes les valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs derniers cours de la veille. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 54,36 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 121,85 points. Ce mouvement s’est toutefois produit dans un marché relativement étoffé grâce à une importante opération portant sur 215 860 actions de Solidere des deux catégories des 219 860 actions négociées sur l’ensemble de la cote, d’une valeur totale de 1 012 420 dollars. Virage à la baisse des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont renoué avec la baisse après la décision de la Fed de baisser comme prévu d’un quart de point en pourcentage son principal taux directeur, estimant que la demande des ménages reste soutenue mais que les profits des entreprises et les dépenses en capital continuent de s’affaiblir alors que le ralentissement de la croissance à l’étranger pèse sur l’économie américaine. De plus, la Fed a réitéré dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion que les risques de poursuite de la faiblesse économique perdurent, indiquant qu’elle est prête à prendre de nouvelles mesures d’assouplissement plus tard cette année. Ces remarques n’ont pas tardé à peser sur la tendance surtout après que l’analyste-gourou de Goldman Sachs, Abby Joseph Cohen, eut révisé à la baisse ses perspectives boursières. Elle avait prévu il y a quatre mois que l’indice S&P-500 serait à 1 650 points en fin d’année, puis elle avait revu sa prévision à 1 550 points le 18 avril pour la porter hier à 1 500 points. L’analyste a reconnu qu’elle a été trop optimiste et que les résultats des entreprises du S&P-500 (dont 475 ont publié leurs résultats du deuxième trimestre ces dernières semaines) se sont dégradés plus qu’elle ne le pensait pour le premier semestre. Dans ces conditions, nombre d’opérateurs ont estimé hier devoir prendre leurs gains, ramenant l’indice composite Nasdaq à moins de 1 840 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 378,07 points et un plus bas à 10 156,02 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 171,03 points, en baisse de 149,04 points sur la veille. Hausse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont fini en hausse mardi, avant la fin de la réunion de la Fed, stimulées par l’ouverture positive des marchés américains, le rebond des valeurs technologiques et la bonne performance de Novartis. L’indice Eurotop 300 a gagné 1,25 % et l’Euro Stoxx 50 s’est adjugé 0,66 %. Londres a pris 1,36 %, Paris 0,91 % et Francfort 0,16 %. Les volumes d’échanges étaient minces, tous les regards, aux États-Unis et en Europe, étant tournés vers la Fed qui a annoncé vers 18h15 GMT qu’elle réduisait ses taux d’intérêt de 25 points de base et laissé entendre qu’elle était prête à les baisser davantage si la situation économique se détériorait encore plus. Les investisseurs avaient largement anticipé cette baisse, la septième depuis le début de l’année, dans l’espoir de relancer l’économie américaine. Elle ramènerait le taux des fed funds à 3,50 %. Le fabricant de téléphones portables Ericsson a rebondi et entraîné, avec une hausse de 4,85 %, les autres valeurs technologiques dans son sillage. L’indice du secteur a grimpé de 2,29 %. Le secteur de la santé est lui aussi en nette hausse de 2,35 %, notamment grâce au groupe pharmaceutique qui s’est octroyé 3,6 % après avoir annoncé qu’il avait obtenu le feu vert de la FDA pour son nouveau médicament traitant les complications liées aux cancers. Après cette annonce, la banque Julius Baer a revu en hausse sa recommandation pour l’amener à «achat». D’autres groupes pharmaceutiques ont profité de l’élan. AstraZeneca a fait un bond de 3,24 % et GlaxoSmithKline a gagné 2,17 %, les investisseurs échaudés par les incertitudes de l’économie les choisissant comme valeurs-refuges. L’équipementier pour les télécommunications Marconi a fait partie des grands perdants, avec une baisse de 3,52 %, dans la foulée des mauvaises nouvelles annoncées par le fabricant d’équipements de tests pour l’électronique Agilent Technologies qui a annoncé 4 000 suppressions d’emplois ainsi qu’une perte d’exploitation trimestrielle. Tokyo : reprise technique La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse mardi pour la première fois en cinq séances, portée par les grandes banques et entreprises engagées dans des restructurations ou des alliances comme Fujitsu Ltd. Freiné par ses inquiétudes sur les perspectives de résultats, le marché a en outre hésité à trop s’avancer avant les résultats du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) hier. Une septième baisse des taux américains de l’année, cette fois de 25 points de base, est tenue pour acquise. «Les banques ont probablement amorcé un rebond temporaire en réaction à leurs récentes baisses. Mais les fondamentaux économiques n’ont pas changé du tout», a dit Toshio Tahara, gestionnaire de fonds chez Sumisei Global Investment Trust Management. Le Nikkei a gagné 22,44 points, soit 0,20 %, à 11 280,38 après avoir clôturé lundi à 11 257,94, son plus bas depuis le 11 décembre 1984. L’indice élargi Topix a pris 3,67 points (0,62 %), à 1 158,82. Aux banques, Sumitimo Mitsui Banking Corp a gagné 4,56 % à 985 yens et HFJ Holding Inc 4,346 % à 622 000 yens. Le fabricant de semi-conducteurs et d’ordinateurs Fujitsu, l’une des valeurs les plus travaillées, s’est adjugé 2,57 % à 1 277 yens, consolidant sa hausse de 2,8 % engrangée lundi à la suite de l’annonce d’un plan de restructuration comprenant la suppression de 16 400 emplois dans le monde. «Au-delà des réductions d’effectifs, la décision de Fujitsu de se concentrer sur les logiciels et les services plutôt que sur le matériel informatique va dans la bonne direction», a noté Tsuyoshi Segawa, stratégiste de Shinko Securities. Fujitsu reste néanmoins en baisse de 24 % depuis le début de l’année.
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