Sans remonter jusqu’à la machine à calculer de Blaise Pascal, l’histoire de l’informatique commence sans doute à l’invention du transistor en 1948, dans les laboratoires de la société américaine Bell, un composant électronique permettant, à la manière d’un interrupteur, de laisser passer ou de stopper le courant électrique.Cette invention est suivie en 1959 de celle du circuit intégré par Texas Instruments, qui permet, grâce aux matériaux semi-conducteurs, de réunir plusieurs transistors sans utiliser de câbles. Après avoir inventé le micro-processeur en tant que tel en 1969, Intel crée en 1973 le processeur 8080, considéré comme le point de départ de l’industrie de l’informatique personnelle, ainsi que de celle du logiciel. Il fonctionnait sur un système d’exploitation appelé CP/M, avec des instructions écrites en Basic (Beginers all-purpose symbolic instruction code), un des tous premiers langages de programmation. Le concept d’ordinateur individuel est inauguré en 1975, avec l’Altair de l’institution MITS, vendu en pièces détachées et doté d’un processeur Intel 8080 et de 256 octets de mémoire. L’idée est ensuite améliorée par Apple, qui fabriqua en 1976 quelques exemplaires de son Apple I, sans boîtier ni alimentation électrique, puis en 1977 l’Apple II, doté cette fois d’un boîtier, d’un affichage d’images et de texte en couleurs et du son. De cette époque date également le TRS-80 de Tandy Radio Shack, familièrement appelé Trash 80 (Poubelle 80), en référence à son esthétique et sa fiabilité. Le constructeur IBM, alors réputé pour ses grands ordinateurs mainframe, perçoit le potentiel des micro-ordinateurs et crée, durant l’été 1980, l’Entry Systems Division, implantée à Boca Raton en Floride avec douze ingénieurs, plus tard surnommés «the dirty dozen», comme le film de Robert Aldrich des années 60. Le projet, nommé Project Chess (Projet échecs), débouche le 12 août 1981 sur le premier IBM PC. «Aucun de nous n’avait la moindre idée de ce que cela allait donner», se souvient Earl Whetstone, l’ingénieur commercial d’Intel qui a vendu à IBM le processeur 8088. «Si vous regardez les volumes, ils nous avaient donné pour la première année une fourchette entre un minimum de 50 000 processeurs et un maximum de 200 000, avec un objectif commercial de 100 000 pièces. Ils en ont vendu 130 000». En 2000, le marché mondial des PC a porté sur plus de 140 millions de machines et a généré un chiffre d’affaires de 178 milliards de dollars. En 1981, John Roach, PDG du constructeur Tandy, alors un des leaders du marché et aujourd’hui disparu, avait déclaré à propos de l’arrivée d’IBM sur le secteur de la micro-informatique : «Je ne crois pas que cela soit si important que ça». Le début de l’ère Wintel Parce que IBM voulait être le premier à commercialiser industriellement des micro-ordinateurs, il n’avait matériellement pas le temps de développer en interne les composants nécessaires. En matière de micro-processeur, il fit donc appel à Intel, connu surtout à l’époque pour ses mémoires. Ce recours à des sous-traitants externes a permis à d’autres constructeurs naissants, tel Compaq, de concevoir des micro-ordinateurs dotés des mêmes composants, créant ainsi des «clones» du PC et faisant d’Intel le roi du processeur pour PC. De la même manière, IBM n’ayant pas les moyens de concevoir son propre système d’exploitation, il recourut à un petit éditeur de logiciels, créé en 1975 par deux étudiants, William «Bill» Gates et Paul Allen, baptisé Microsoft. Microsoft venait alors de racheter les droits d’un système d’exploitation qu’il perfectionna pour donner naissance au MS-Dos (MicroSoft-Disk operating system). Doté plus tard d’une interface graphique, le Dos deviendra en 1985 Windows, le système d’exploitation équipant 95 % des ordinateurs actuels. L’omniprésence d’Intel sur les processeurs, combinée à la domination de Microsoft sur les systèmes d’exploitation, donnera naissance à l’expression «Wintel» résumant l’architecture des PC commercialisés depuis 1981 jusqu’à aujourd’hui. Cette association laisse de côté IBM, considéré comme le grand perdant de l’histoire du PC. Bien que régnant toujours sur le marché de l’informatique en général, IBM lutte aujourd’hui pour le troisième rang mondial, derrière Dell et Compaq, qu’il dispute à d’autres constructeurs de micro-ordinateurs, comme Hewlett Packard ou Gateway.
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