Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Sharon se fait violence, mais préserve sa coalition

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon s’est certes fait violence en donnant son feu vert au chef de la diplomatie Shimon Peres pour ouvrir des négociations avec les Palestiniens, mais il a préservé ainsi son gouvernement d’union nationale d’un possible éclatement. Les travaillistes, principaux partenaires du Likoud (droite) de M. Sharon au sein du gouvernement, partisans d’une approche pragmatique du conflit israélo-palestinien, semblaient être arrivés au point de rupture face à la ligne dure d’Ariel Sharon. Dimanche, dans la foulée d’une réunion houleuse du cabinet, M. Peres s’était publiquement démarqué, dans des propos d’une rare violence, de la position du gouvernement, liant toute ouverture de négociations avec les Palestiniens à un arrêt absolu des violences. Depuis son entrée en fonctions le 7 mars, M. Sharon n’a jamais cédé d’un pouce sur ce point, tant face aux Palestiniens que devant ses interlocuteurs dans le monde. Le 8 août, lors d’une visite éclair en Turquie, M. Sharon s’était fait dire par son homologue turc, Bulent Ecevit, que sa position était «irréaliste». «La condition préalable d’un arrêt absolu de la violence fait le jeu de ceux qui sont opposés à la paix et qui poursuivront leurs actes de violence pour empêcher à jamais la conclusion d’un accord entre Israéliens et Palestiniens», avait affirmé M. Ecevit. M. Peres a enfoncé le clou dimanche devant le comité central de son parti. «Certains affirment qu’il ne faut pas négocier sous le feu et je l’accepte (...) mais il faut négocier pour appliquer le cessez-le-feu», a-t-il dit. «Je ne crois pas qu’il soit possible de faire cesser le feu uniquement par le feu. Cela n’existe pas» a déclaré M. Peres, soulignant que sans négociations, il n’y avait «aucune chance» de parvenir à un arrêt des violences. Jamais jusqu’ici Shimon Peres n’avait tenu de propos aussi tranchés par rapport à Ariel Sharon sur cette question. Israéliens et Palestiniens ont conclu un accord de cessez-le-feu, entré en vigueur le 13 juin, à la suite d’une médiation américaine, mais il est resté depuis lettre morte. M. Peres avait déjà pris ses distances avec la ligne dure de M. Sharon en votant jeudi contre l’occupation de la Maison d’Orient, le siège officieux de l’Organisation de libération de la Palestine à Jérusalem-Est, unanimement dénoncée dans le monde. Au cours des dernières 48 heures, sentant venir une possible défection de M. Peres et des travaillistes, M. Sharon a entrepris sans succès des contacts d’urgence avec les chefs de deux formations, centriste et religieuse, qui comptent au total 10 députés, pour les rallier à son gouvernement, a rapporté lundi la presse. M. Sharon a finalement été contraint de lâcher la bride à M. Peres, pour préserver l’union nationale, en l’autorisant à ouvrir des négociations avec de hauts responsables palestiniens. Pour bien signifier que ces négociations ne devront avoir aucune dimension politique, M. Sharon a associé trois conditions à son autorisation, selon des sources politiques. M. Peres mènera ses contacts flanqué d’un chaperon, le général Giora Eiland, le chef du département des opérations de l’armée, il ne devra pas rencontrer le président palestinien Yasser Arafat et ses contacts devront être tenus secrets.
Le Premier ministre israélien Ariel Sharon s’est certes fait violence en donnant son feu vert au chef de la diplomatie Shimon Peres pour ouvrir des négociations avec les Palestiniens, mais il a préservé ainsi son gouvernement d’union nationale d’un possible éclatement. Les travaillistes, principaux partenaires du Likoud (droite) de M. Sharon au sein du gouvernement, partisans d’une approche pragmatique du conflit israélo-palestinien, semblaient être arrivés au point de rupture face à la ligne dure d’Ariel Sharon. Dimanche, dans la foulée d’une réunion houleuse du cabinet, M. Peres s’était publiquement démarqué, dans des propos d’une rare violence, de la position du gouvernement, liant toute ouverture de négociations avec les Palestiniens à un arrêt absolu des violences. Depuis son entrée en fonctions le...