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Actualités - Reportages

En Tunisie, les femmes consolident leurs acquis -

En matière de droits acquis, il est désormais reconnu que la femme tunisienne a une longueur d’avance sur ses consœurs arabes. Quelle est l’ampleur et la nature de ces avantages ? En a-t-elle réellement tiré profit ? Comment s’est réalisée cette avancée ? Deux militantes au sein de l’Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement, Saïdi Fatiha et Amal Fakhfakh, rencontrées en marge de la session de formation du Macmag Glip, nous expliquent plus longuement le parcours des Tunisiennes. «Nous avons acquis beaucoup de droits grâce à l’action du président Bourguiba, nous raconte Mme Fakhfakh. Il a supprimé la polygamie, a encouragé la femme à enlever le voile, à fréquenter les établissements scolaires. C’était un homme qui avait un culte du savoir et était convaincu qu’une société ne pouvait évoluer sans connaissances scientifiques acquises à un haut niveau». Ces acquis, le nouveau président les a conservés et même renforcés puisque, en 1993, il a modifié le droit de tutelle de la femme : elle aura ainsi, en cas de divorce, le droit de garder son fils jusqu’à la fin de ses études et sa fille jusqu’à l’âge du mariage. Les femmes ont-elles concrétisé ces acquis ? «Dans la pratique, il existe toujours un clivage entre milieux rural et urbain, souligne-t-elle. La dichotomie entre tradition et modernité continue de se perpétuer. Mais d’une façon générale, les femmes sont conscientes de leurs droits, ce qui leur offre la possibilité d’affronter leur mari, la société civile, et de défendre ces droits aussi bien au travail qu’au sein de la cellule familiale». Mmes Fakhfakh et Fatiha se déclarent «fières» de cette situation qu’elles tiennent absolument à sauvegarder. «Nous espérons qu’elle ne sera pas menacée par un mouvement religieux quelconque», notent-elles cependant. Des menaces se seraient-elles fait sentir ? «En 1987, une levée de boucliers contre ces lois a été menée par des extrémistes, mais, malheureusement pour eux, leur tactique n’a pas abouti», raconte Mme Fatiha. Elle ajoute que les statistiques sont encourageantes. «Pour l’année scolaire 2000-2001, 99 % des filles ont été inscrites à l’âge de six ans, précise-t-elle. La participation de la femme à la vie publique reste minime, avec 11,7 % de députées au Parlement». Égalité de l’héritage ? Un grand obstacle… L’association à laquelle sont affiliées les deux Tunisiennes se charge principalement de recherches. Ayant une vocation scientifique, elle est formée en grande partie d’intellectuelles : juristes, universitaires... Une autre organisation, l’Association des femmes tunisiennes démocrates, a, pour sa part, un rôle beaucoup plus militant. Mais les recherches des premières appuient le mouvement des secondes. «Pour le moment, nous planchons sur l’égalité de l’héritage, explique Mme Fatiha. Sur ce plan subsiste une inégalité qui puise ses sources directement dans la religion musulmane, contre laquelle butent tous les mouvements féministes : le garçon hérite deux fois plus que la fille. Ce n’est pas facile de s’attaquer à cette loi vu que l’opposition ne provient pas seulement des hommes, mais de toutes les personnes très croyantes, parmi elles des femmes». Que leur a apporté la session sur la communication ? «Notre association est en partenariat avec le Macmag Glip, disent-elles. Ce n’est pas la première fois que nous assistons à une formation. Nous devrons lancer un projet, avec la Macmag Glip et une ONG espagnole, pour des formations sur le genre destinées à des populations cibles, différentes à chaque fois». De telles sessions débouchent-elles sur des résultats pratiques ? «Une telle réunion nous inculque une méthodologie en ce qui concerne la communication, souligne Mme Fakhfakh. Cela nous permet, de retour au pays, d’en adapter les recommandations à notre travail».
En matière de droits acquis, il est désormais reconnu que la femme tunisienne a une longueur d’avance sur ses consœurs arabes. Quelle est l’ampleur et la nature de ces avantages ? En a-t-elle réellement tiré profit ? Comment s’est réalisée cette avancée ? Deux militantes au sein de l’Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement, Saïdi Fatiha et Amal Fakhfakh, rencontrées en marge de la session de formation du Macmag Glip, nous expliquent plus longuement le parcours des Tunisiennes. «Nous avons acquis beaucoup de droits grâce à l’action du président Bourguiba, nous raconte Mme Fakhfakh. Il a supprimé la polygamie, a encouragé la femme à enlever le voile, à fréquenter les établissements scolaires. C’était un homme qui avait un culte du savoir et était convaincu qu’une...