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Actualités - Chronologies

Bush rassure sa base, mais risque de mécontenter les scientifiques

En décidant d’autoriser de façon très limitée le financement fédéral de la recherche sur les cellules souches, le président George W. Bush choisit de rassurer la frange conservatrice de son électorat, mais prend le risque de mécontenter la communauté scientifique Au cours de la campagne électorale, M. Bush avait indiqué qu’il était opposé à tout financement fédéral de recherches qui «entraîneraient la destruction d’embryons humains». Après six mois de réflexion angoissée, il a finalement annoncé sa décision «d’autoriser le financement fédéral sur les lignées de cellules souches déjà découvertes et pour lesquelles la décision de vie ou de mort a déjà été prise». En principe, ces lignées peuvent se reproduire à l’infini en laboratoire, même si l’on en maîtrise pas encore totalement la technique. Selon M. Bush toutefois, cette approche permettra de poursuivre les recherches sans avoir à entraîner «la destruction supplémentaire d’embryons». Estimant que la question des cellules souches prélevées sur des embryons posait un problème de conscience et de foi, il a souhaité, en outre, que soit encouragée la recherche sur les cellules souches obtenues à partir d’autres sources moins controversées : cordon ombilical, placenta, adulte et animal. Le président Bush a clairement tenté de rassurer son électorat par une telle décision, ont estimé des observateurs. «C’est un vrai conservateur, jusqu’à la racine. Il a fait le calcul politique de ménager sa base», a estimé Howard Fineman, chroniqueur politique au Time Magazine. Les milieux religieux ont accueilli avec une relative satisfaction la décision présidentielle, en poussant un très net «ouf» de soulagement. «Ma position idéale aurait été “zéro” dollar pour la recherche», a reconnu le révérend protestant ultraconservateur Jerry Falwell, président de la Liberty University. «Mais ce que le président a fait est moralement la bonne chose : il ne plaide pas pour que l’on ôte la vie», a-t-il ajouté. De son côté, James Dobson, président de l’organisation antiavortement Focus on the Family, s’est réjoui pour les mêmes raisons. «On va travailler à partir de cellules souches existantes. Cela nous convient très bien», a-t-il dit. La seule note discordante est venue des milieux catholiques, furieux que le président ne soit pas allé jusqu’à reconnaître le caractère sacré de l’embryon, comme le pape le lui avait demandé récemment. M. Bush «a tort. Les embryons sont des êtres vivants. Si la vie ne commence pas dès la conception, alors quand commence-t-elle ?», s’est indigné William Donahue, président de la Ligue catholique. «Le compromis qu’il a annoncé est moralement inacceptable», a condamné Joseph Fiorenza, président de la conférence américaine des évêques catholiques. À son entrée en fonctions en janvier, M. Bush avait suspendu une directive des Instituts nationaux de la santé (NIH) élaborée sous la précédente Administration Clinton et qui prévoyait des conditions moins restrictives pour les chercheurs du secteur public. Ces derniers ont donc accueilli plutôt fraîchement une décision qui va avoir deux conséquences immédiates. D’une part, ils se voient interdire l’accès aux embryons créés en surnombre et congelés dans les cliniques de fertilisation in vitro, alors qu’ils finissent aujourd’hui à la poubelle ou sont récupérés par les chercheurs du privé. D’autre part, ils vont devoir se cantonner aux lignées de cellules souches existantes. Mais comme la plupart, sinon la totalité, de ces lignées ont été découvertes par le secteur privé et qu’elles sont déjà protégées par des brevets, elles leur seront difficilement accessibles. «Le fait de restreindre la recherche aux seules lignées déjà existantes risque de poser un gros problème» a mis en garde Curt Freed, biogénéticien à l’Université du Colorado. «Car, a-t-il souligné, nous ne savons pas vraiment comment faire pousser ces cellules souches embryonnaires humaines en laboratoire, ni si celles existantes seront adéquates». «C’est mieux que rien, a ironisé le Pr Lee Silver de l’Université de Princeton. Mais c’est comme si l’on devait travailler avec une main attachée dans le dos».
En décidant d’autoriser de façon très limitée le financement fédéral de la recherche sur les cellules souches, le président George W. Bush choisit de rassurer la frange conservatrice de son électorat, mais prend le risque de mécontenter la communauté scientifique Au cours de la campagne électorale, M. Bush avait indiqué qu’il était opposé à tout financement fédéral de recherches qui «entraîneraient la destruction d’embryons humains». Après six mois de réflexion angoissée, il a finalement annoncé sa décision «d’autoriser le financement fédéral sur les lignées de cellules souches déjà découvertes et pour lesquelles la décision de vie ou de mort a déjà été prise». En principe, ces lignées peuvent se reproduire à l’infini en laboratoire, même si l’on en maîtrise pas encore totalement la...