En entrant dans l’histoire du saut à la perche grâce à un saut de 6,05 mètres, l’Australien Dimitri Markov a fait sensation jeudi lors des championnats du monde d’athlétisme d’Edmonton. Markov a écrasé la finale de cette discipline, devant l’Israélien Aleksandr Averbukh et l’Américain Nick Hysong. À 26 ans, il est devenu le troisième homme à franchir une telle barre, après le Russe Maksim Tarasov, auquel il succédait au palmarès, et évidemment l’Ukrainien Serguei Bubka, l’homme aux six titres mondiaux et 35 records du monde. C’est Boubka en personne qui a symboliquement passé le relais à Markov, en lui remettant la médaille d’or. «Je n’avais jamais pensé franchir 6 m avant la finale mais je suis vraiment très fier d’avoir effacé 6,05 m. C’est un grand jour», commentait le lauréat, oubliant la douleur à un pied qui l’avait perturbé durant les dernières 48 heures. Le Bélarusse d’origine, Australien depuis 1999, après quelques frayeurs à sa première barre (5,75 m franchis au 3e essai), s’est même permis de tenter les 6,10 m devant des tribunes où l’on comptait une fois encore de grands espaces vides. Dommage, car le concours fut le plus relevé des l’histoire des Mondiaux, avec dix des finalistes à 5,75 m et plus, dont l’Israélien Aleksandr Averbuck (2e) et l’Américain Nick Hysong (3e), tous deux à 5,85 m. De quoi faire taire maître Bubka qui s’inquiétait récemment de l’avenir de la perche masculine. Ravi de sa performance, Markov n’en restait pas moins les pieds sur terre. «Je ne suis pas prêt à battre le record du monde, pas encore», répondait-il à ceux qui le voit déjà dépasser le «tsar». Kederis encore L’autre grande finale de cette septième journée, le 200 mètres messieurs, très ouverte après le forfait du grandissime favori, l’Américain Maurice Greene, s’est révélée l’une des plus disputées de l’histoire des championnats du monde. Le Grec Konstadinos Kederis, pratiquement inconnu il y a à peine plus d’un an, est allé s’imposer en 20’’04. Kederis, déjà champion olympique l’an dernier à Sydney, a devancé dans les vingt derniers mètres ses adversaires, qui ont bataillé pour les places d’honneur. Résultat : cinq coureurs sont regroupés en à peine quatre centièmes de seconde, avec le Jamaïcain Christopher Williams médaillé d’argent. L’arrivée au finish a donné l’Américain Shawn Crawford et Kim Collins, de St-Kitts, troisièmes ex-aequo. Sur le 110 mètres haies messieurs, c’est Allen Johnson qui, en signant le meilleur temps de la saison, s’est imposé face au champion olympique, Anier Garcia. L’Américain a couru trois centièmes plus vite que le Cubain, en 13’’04. Il a ainsi remporté le titre mondial pour la troisième fois, après ses victoires de 1995 et 1997. L’Haïtien Dudley Dorival est monté sur la troisième marche du podium. Premier contrôle positif à l’EPO Malgré la présence de trois Italiennes dans les dix premières, la Russe Olimpiada Ivanova a réussi à imposer son pas dans le 20 km marche, et a remporté la médaille d’or à l’usure devant ses principales adversaires dans la course au titre. En 1h27’48’’, elle a devancé la Bélarusse Valentina Tsiboulskaïa et l’Italienne Elisabetta Perrone. Mis à part Mesnil, les autres Français se sont fort bien comportés dans les qualifications. Mehdi Baala, Driss Maazouzi et Saïd Chebili se sont tous trois qualifiés pour les demi-finales du 1 500 mètres messieurs. Le Marocain Hicham el-Guerrouj, grand favori pour remporter un troisième titre mondial consécutif, s’est imposé sans difficultés en tête de sa série. Chez les dames, trois tricolores seront également présentes au départ des demi-finales du 100 mètres haies : Nicole Ramalalanirina, Linda Ferga et Patricia Girard ont passé le tour lors de séries dominées par les Américaines Gail Divers et Anjanette Kirkland. Contrairement aux demi-finales du 100 mètres dames, qui avaient envoyé à Marion Jones un premier message présageant sa deuxième place derrière l’Ukrainienne Janna Pintousevitch, le 200 mètres n’a pas réservé de surprises jusqu’à présent à l’Américaine. Jones s’est qualifiée sans frayeurs pour la finale de vendredi (durant la nuit). Par ailleurs, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a annoncé jeudi qu’un athlète non identifié, qui a déjà disputé une ou plusieurs épreuves sans remporter de médaille, avait été contrôlé positif à l’érythropoïétine (EPO). C’est la première fois que cela arrive en athlétisme, si l’on fait exception de la championne du monde du 3.000 mètres en salle, la Russe Olga Yegorova, contrôlée positive à l’EPO au meeting de Saint-Denis le mois dernier, mais finalement autorisée à concourir à Edmonton par le Comité international olympique (CIO) pour vice de forme. L’IAAF a précisé que Yegorova n’était pas l’athlète contrôlée positive. Cette dernière s’est qualifiée jeudi lors des séries du 5 000 mètres dames, de même que la Roumaine Gabriela Szabo, qui avait initialement menacé de ne pas prendre le départ si la Russe était autorisée à courir.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats En entrant dans l’histoire du saut à la perche grâce à un saut de 6,05 mètres, l’Australien Dimitri Markov a fait sensation jeudi lors des championnats du monde d’athlétisme d’Edmonton. Markov a écrasé la finale de cette discipline, devant l’Israélien Aleksandr Averbukh et l’Américain Nick Hysong. À 26 ans, il est devenu le troisième homme à franchir une telle barre, après le Russe Maksim Tarasov, auquel il succédait au palmarès, et évidemment l’Ukrainien Serguei Bubka, l’homme aux six titres mondiaux et 35 records du monde. C’est Boubka en personne qui a symboliquement passé le relais à Markov, en lui remettant la médaille d’or. «Je n’avais jamais pensé franchir 6 m avant la finale mais je suis vraiment très fier d’avoir effacé 6,05 m. C’est un grand jour», commentait le lauréat,...