Le dollar a débuté la semaine hier à Beyrouth dans un marché sur lequel la demande l’a emporté très sensiblement sur l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Cela étant et après que cette dernière eut maintenu sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert a dû être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis déjà 23 mois. Mais, eu égard à la pénurie d’offre en cette monnaie, les établissements de crédit ont été amenés encore une fois à la négocier au haut de la fourchette d’intervention de la BDL et très rarement en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter aussi qu’en raison du potentiel limité de la demande, le volume des échanges n’aurait pas dépassé sur toute la journée d’hier quelque dix millions de dollars en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Dollar légèrement mieux à l’étranger À l’étranger, l’euro a oscillé autour du seuil de 0,88 dollar sur les marchés des changes internationaux hier, en l’absence de nouvelles fraîches et à la veille d’une série de chiffres importants sur la situation économique en Allemagne et aux États-Unis. L’euro est resté donc dans des marges étroites face au billet vert, les marchés restant concentrés sur les chiffres attendus aujourd’hui sur la production industrielle et l’emploi en Allemagne en juin et la productivité américaine au deuxième trimestre. Ces chiffres apporteront un éclairage sur l’ampleur de la détérioration de la conjoncture en Europe et sur l’état du redressement économique américain. «Les opérateurs semblent vouloir conserver leurs positions longues sur l’euro pour le moment, toutefois s’il ne progresse pas davantage il risque d’être de nouveau mis sous pression», ont prévenu les analystes de l’agence financière CurrencyNetwork. Et d’ajouter qu’en l’absence de nouvelles fraîches, «l’euro doit faire du surplace». Les investisseurs attendent, selon les cambistes, un signe de redressement de l’économie américaine ou un signe montrant que la consommation dans la zone euro remonte. En juin, les entrées de commandes industrielles en Allemagne ont enregistré en volume un recul de 2,5 % comparé au mois précédent, après un bond de 4,6 % en mai (dû à quelques gros contrats de l’étranger) et une baisse de 2 % en avril, selon des chiffres publiés hier par le ministère allemand des Finances. De son côté, la livre sterling est restée faible. «Les investisseurs sont toujours sous le coup de la baisse surprise des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre jeudi dernier et vont regarder avec attention le rapport trimestriel sur l’inflation» qui sera publié demain. Le sterling s’est en outre affaibli hier à la suite de la nouvelle détérioration de la production manufacturière en Grande-Bretagne au deuxième trimestre 2001. Cette dernière est officiellement entrée en phase de récession, affaiblie par la force de la livre et le ralentissement économique mondial, selon les chiffres publiés hier par l’Office national des statistiques (ONS). La production manufacturière britannique a enregistré un recul de 0,2 % au deuxième trimestre par rapport au premier au courant duquel elle a avait déjà baissé de 0,7 %. Il s’agit donc du deuxième recul trimestriel, définition technique de l’entrée dans une phase de récession. Cette mauvaise santé du secteur manufacturier britannique avait poussé la Banque d’Angleterre, jeudi dernier, à baisser son principal taux directeur d’un quart de point en pourcentage à 5 %. Elle avait expliqué avoir pris cette décision en raison du ralentissement économique mondial et d’indicateurs économiques plus faibles que prévu au cours des derniers mois. Cela étant, et compte tenu aussi de la forte baisse à 37,5 points en juin de l’indicateur avancé de la conjoncture japonaise qui est censé donner une indication sur les perspectives de l’économie nippone sur les trois à six prochains mois, le dollar ne tardait pas à être la monnaie la plus privilégiée en ce début de semaine, se négociant à New York, en hausse comme suit : – 0,8815 pour un euro contre 0,8840, vendredi dernier – 1,4200 pour un sterling contre 1,4290 – 2,2190 DM contre 2,2125 – 7,4415 FF contre 7,4205 – 1,7095 FS contre 1,7070 – 2 196,60 lires contre 2 190,35 – 123,90 yens contre 123,60. Bourse de Beyrouth : marché stationnaire À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la stabilité en ce début de semaine, la baisse des actions A de Solidere de 5,00 à 4 7/8 dollars ayant été compensée par la hausse des actions B de la même société de 5 1/4 à 5 3/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 55,05 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 121,85 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires maigre avec seulement 18 522 actions négociées d’une valeur totale de 100 953 dollars. Les marchés américains sous le signe d’Intel Sur les places boursières internationales, les valeurs de la haute technologie ont donné le ton hier aux marchés américains des valeurs mobilières, après la prédiction par un analyste d’une guerre des prix dans le secteur des microprocesseurs aux États-Unis. La cote américaine a souffert également de la performance mitigée des places asiatiques et européennes, et de la traditionnelle baisse de l’activité en août, quand de nombreux opérateurs sont en vacances. L’action Intel, numéro un mondial des microprocesseurs, a largement perdu du terrain hier, déprimée par les commentaires d’un analyste de Lehman Brothers prévoyant une baisse de jusqu’à 50 % des prix des puces les plus puissantes d’Intel vers la fin août, ce qui déclencherait une nouvelle guerre des prix avec son rival Advanced Micro Devices (AMD). Celle-ci s’est également effritée avec Micron Technology, entraînant dans leur sillage IBM, Apple, Sun Microsystems et Cisco. Il en est de même pour l’opérateur américain de télévision par satellite Echostar, qui propose de racheter pour 32 milliards de dollars Hugues Electronics, filiale de General Motors, et qui a perdu du terrain aussi. Cela étant, et abstraction faite de la hausse des compagnies d’aviation sous la conduite de US Airways qui fait l’objet d’une offre de rachat pour près de 10 milliards de dollars lancée par Global Airlines, l’indice composite Nasdaq a continué de battre en retraite hier, retombant à moins de 2 035 points pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 504,13 points et un plus bas à 10 374,95 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 381,33 points, en baisse de 131,45 points sur vendredi dernier. Variations modérées des Bourses européennes Les Bourses européennes ont fait preuve d’irrégularité lundi mais ont peu varié, les technologiques reculant avec Marconi et Alcatel pour lesquels S&P a abaissé ses notes, tandis que les solides résultats de HSBC limitaient les pertes. L’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a terminé la journée en repli de 0,07 % seulement à 1 335,98 points, et le DJ Stoxx 50, réduit aux vedettes de la zone euro, a cédé 0,02 % à 3 886,39, ses pertes étant limitées par une hausse de 3,30 % de HSBC. Le britannique Marconi a cédé 3,16 % et son homologue français Alcatel 0,76 % à la suite de la révision en baisse des notes de S&B sur la dette des deux équipementiers télécoms. Standard & Poor’s estime que les deux groupes sont confrontés à une concurrence féroce dans un secteur où la demande a reflué, où les niveaux de stocks sont élevés et qui souffrent d’un excès de capacité. L’agence de notation a précisé que la perspective des deux groupes reste négative, laissant augurer de nouvelles baisses de ses notes si la situation s’aggrave. Le groupe bancaire britannique HSBC, maison mère du CCF, a satisfait le marché en publiant une hausse de 9 % de son bénéfice semestriel et des provisions pour créances douteuses et irrecouvrables moins lourdes que prévu. «Dans l’ensemble, les chiffres sont rassurants», a noté Philip Small, d’Aegon Asset Management. «Ils font état de conditions difficiles, mais disent que la qualité des actifs reste stable. Ils gèrent visiblement l’activité prudemment en période de ralentissement économique». Irrégularité de la Bourse de Tokyo La Bourse de Tokyo a clôturé sur une note irrégulière lundi. La progression des valeurs de l’immoblier – dans l’espoir qu’elles bénéficieront d’efforts de développement urbain dans le cadre du prochain budget – a compensé les pertes de technologiques telles que TDK Corp. L’indice Nikkei 225 a gagné 1,93 point, soit 0,02 %, à 12 243 90, tandis que le Topix perdait 1,28 point, soit 0,10 %, à 1 218,64. Le volume a été faible avec 469,05 millions de titres, pas loin du plus bas de l’année de 467,26 millions du 16 juillet. «Alors que globalement le marché a adopté une attitude attentiste, avant la présentation du budget vendredi, les actions qui devraient bénéficier de mesures espérées ont attiré des achats substantiels», a commenté Yoshihisa Okamoto, de Fuji Investment Management. Tokyo Land Corp, le titre le plus fortement négocié, s’est adjugé 5,45 % à 232 yens, et Mitsui Fudosan Co Ltd 1,95 % à 1 253 yens. Le secteur de l’immoblier espère que le budget donnera davantage de détails sur la relance des zones urbaines et autres réformes structurelles promises par le Premier ministre, Junichiro Koizumi. En outre, ce secteur a aussi bénéficié de l’annonce par la Bourse vendredi de l’introduction du fonds d’investissement dans l’immobilier constitué par Mitsui Fudosan Co Ltd.
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