Le dollar est resté recherché hier, à Beyrouth, dans un marché calme sur lequel l’offre en cette monnaie continuait à être très réticente. Dans ces conditions, l’action de la Banque du Liban (BDL) demeurait déterminante de la tendance. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, soit entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, celle-ci est parvenue à faire clôturer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis 23 mois environ. Mais, en raison de la rareté de l’offre de cette monnaie en dehors de la BDL, les établissements de crédit ont été amenés à l’acheter auprès de cette dernière au point supérieur de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes. Pourtant, l’activité du marché est restée très modérée, compte tenu du potentiel limité de la demande du billet vert. En effet, le volume des échanges ne devait pas dépasser hier quelque neuf millions de dollars, presque entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux. Reprise de l’euro et repli du sterling À l’étranger, l’euro a globalement ignoré le statu quo monétaire observé par la Banque centrale européenne (BCE), hier, à la différence de la livre sterling qui a flanché face au dollar, surprise par la baisse des taux d’intérêt britanniques. La livre sterling s’est donc affaiblie après la décision de la Banque d’Angleterre de réduire son principal taux directeur d’un quart de point en pourcentage à 5 %. Quant à l’euro, il a repris des couleurs après la décision de la BCE de maintenir son principal taux directeur à 4,50 %, lors de la dernière réunion de son conseil de gouverneurs hier avant la pause estivale qui va se prolonger jusqu’à fin août. Réunis par téléconférence, les banquiers centraux de la zone euro n’ont pas eu hier le loisir de justifier leur choix. Aucune conférence de presse n’était programmée. Mais, selon les cambistes, leurs raisons sont connues : arc-boutée sur sa mission de maîtrise de l’inflation, la BCE estime toujours qu’il est trop tôt pour lever la garde malgré la décrue des prix amorcée dans la zone euro. De plus, la monnaie unique européenne a été soutenue hier par les perspectives de baisse des taux d’intérêt aux États-Unis la semaine prochaine après l’annonce hier par le département américain du Commerce que les commandes aux fabriques auraient diminué en juin de 2,4 % contre une hausse de 2,2 % en mai, témoignant du net ralentissement de l’économie. Ce développement a fait donc ignorer aux opérateurs que les demandes d’allocations chômage aux États-Unis ont diminué de 23 000 dossiers à 346 000 à la fin de la semaine close le 28 juillet. Cela d’autant que ce phénomène laissait croire à certains analystes que l’économie américaine n’était pas aussi faible que l’on croyait tant qu’elle créait toujours de nouveaux emplois. En Grande-Bretagne, le sterling s’est replié après la décision surprise de la Banque d’Angleterre de baisser son taux directeur. Une telle décision a soulevé les interrogations sur le degré d’inquiétude de la Banque centrale envers le ralentissement mondial. La Banque d’Angleterre avait maintenu son taux en juin et juillet derniers. Il s’agit de la quatrième baisse depuis le début de 2001 pour contrer les effets de la dégradation de la conjoncture mondiale. Afin de justifier son geste, la Banque d’Angleterre a mis en avant l’affaiblissement de l’activité conjoncturelle mondiale : «Les indicateurs économiques ont été plus faibles que prévu au cours des derniers mois», a-t-elle indiqué hier dans un communiqué. Cela étant, le dollar, ferme face au sterling, devait céder du terrain contre les autres grandes monnaies, se négociant à New York, comme suit : – 0,8833 pour un euro contre 0,8810, la veille – 1,4315 pour un sterling contre 1,4340 – 2,2140 DM contre 2,2200 – 7,4260 FF contre 7,4455 – 1,7095 FS contre 1,7125 – 2 192,10 lires contre 2 197,80 – 123,80 yens contre 124,65. Bourse de Beyrouth : marché creux À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la stabilité hier pour la deuxième journée consécutive, les valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs derniers cours affichés mardi dernier. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu invariablement à 55,29 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 121,95 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un marché creux avec seulement 25 150 actions d’une valeur totale de 43 153 dollars. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont profité passagèrement hier de commentaires favorables d’analystes sur la haute technologie et des remarques plus optimistes d’un PDG du secteur. En visite en Malaisie, où Intel va développer ses opérations, Craig Barrett, le PDG du numéro un mondial des microprocesseurs, a estimé hier que la haute technologie avait touché son plancher, selon la chaîne d’informations financières CNBC. Les gains des marchés boursiers américains ont été toutefois érodés en raison de la publication d’une baisse plus forte que prévu des commandes industrielles en juin aux États-Unis, laissant indifférents les investisseurs à la nouvelle diminution des demandes hebdomadaires d’allocations chômage. Donc à l’exception de quelques valeurs de la haute technologie (Comcast, Advanced Micro Devices, Texas Intruments, Microsoft, Intel, Gateway, Compaq, Dell, Sun Microsystems...), qui étaient en hausse, celles de la grande consommation (McDonald’s, Procter & Gamble, Coca-Cola, Pepsico...) et des cigarettes ont chuté. En effet, l’indice composite Nasdaq est revenu à 2 067 points après avoir franchi le seuil des 2 100 points, ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a oscillé entre un plus bas à 10 513,47 points et un plus haut à 10 609,65 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 519,15 points, en légère hausse de 9,14 points sur la veille, dans des marchés volatils. Irrégularité des Bourses européennes Les valeurs européennes ont terminé sur une tendance indécise jeudi, les marchés restant hésitants face aux décisions apparemment contradictoires des Banques centrales britannique et européenne. La Banque d’Angleterre a réduit son taux d’intervention de 25 points de base pour le ramener à 5 % dans le but de contrer les effets du ralentissement économique mondial, ce qui a satisfait les marchés qui ne s’y attendaient pas. Mais la décision prise une heure plus tard par la Banque centrale européenne (BCE) de ne pas réduire ses taux, bien que plus ou moins anticipée, a déçu. À la clôture de la plupart des Bourses européennes, l’indice FTSE Eurotop 300 était pratiquement revenu à son niveau de la veille, ne conservant plus qu’un gain infime de 0,07 % à 1 350,22 points, tandis que l’indice Eurostoxx 50 reculait de 0,54 % à 4 070,25 points. Paris, Milan et Francfort étaient orientés à la baisse, tandis que Londres a fini en hausse, de même que Madrid. «On n’a pas eu la baisse des taux de la Banque centrale européenne qu’on attendait et les marchés ont pris cela comme excuse pour consolider leurs positions après la hausse de ces derniers jours», a expliqué Lex Werkheim, gérant de fonds chez Eureffect Asset Management. En outre, la baisse de 2,4 % des commandes à l’industrie au mois de juin aux États-Unis a rappelé aux investisseurs que le ralentissement économique mondial était loin d’être terminé. Les valeurs dites de technologie ont poursuivi leur avancée, mais en réduisant leurs gains. L’indice du secteur a gagné 1,7 %. L’indice, en hausse pour sa sixième séance d’affilée, affiche un gain de près de 20 % par rapport à son plancher de deux ans et demi touché le mois dernier. Tokyo : accentuation de la hausse La Bourse de Tokyo a terminé jeudi en hausse avec des valeurs comme Toshiba qui suivent le chemin des actions américaines des semi-conducteurs. L’indice Nikkei a terminé sur un gain de 3,68 %, soit 439,87 points, à 12 399,20, son plus haut depuis le 12 juillet. L’indice Topix a gagné 2,35 % à 1 235,26 points. Toshiba, le premier fabricant mondial de semi-conducteurs, a gagné 7,86 % à 645 yens. Ce fut le titre le plus échangé au cours de la séance pour la première section de la Bourse de Tokyo. Merrill Lynch a fait savoir mercredi qu’il estimait que le pire était peut-être passé pour les entreprises internationales de semi-conducteurs. Les valeurs du secteur en ont profité, aux États-Unis et maintenant au Japon. «Même sans ce rapport, le secteur était prêt pour un come-back. Il a juste donné aux investisseurs le signal pour qu’ils se mettent à acheter», a commenté Akira Hiramine d’Invesco Asset Management. Le marché est toutefois resté sur ses gardes, ne parvenant pas à oublier les résultats trimestriels mitigés du secteur des high-techs. «Le rapport optimiste de Merrill Lynch arrive après une vague de révisions en baisse des prévisions de bénéfices pour les sociétés américaines. Mais ici, ces “profit warnings” ne font que commencer», a commenté Yutaka Miura, de Shinko Securities. Tokyo Electron, équipementier pour l’industrie des semi-conducteurs, a annoncé ses résultats peu après la clôture. Il a annoncé une perte nette de 3,51 milliards de yens au premier trimestre pour le groupe contre un bénéfice de 15,24 milliards un an plus tôt.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le dollar est resté recherché hier, à Beyrouth, dans un marché calme sur lequel l’offre en cette monnaie continuait à être très réticente. Dans ces conditions, l’action de la Banque du Liban (BDL) demeurait déterminante de la tendance. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, soit entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, celle-ci est parvenue à faire clôturer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis 23 mois environ. Mais, en raison de la rareté de l’offre de cette monnaie en dehors de la BDL, les établissements de crédit ont été amenés à l’acheter auprès de cette dernière au point supérieur de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes. Pourtant, l’activité du marché est restée très modérée, compte tenu du...