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Actualités - Chronologies

L’impossible désarmement de l’IRA

L’absence de désarmement de l’IRA empoisonne le processus de paix en Irlande du Nord depuis la signature de l’accord historique d’avril 1998 et demeure un sujet d’incompréhension totale entre catholiques et protestants. – Le 10 avril 1998 est signé, après de très laborieuses négociations, un accord prévoyant un partage du pouvoir sans précédent entre protestants unionistes et catholiques républicains. Mais la question du désarmement des milices, et en particulier de la plus puissante d’entre elles, l’IRA (Armée républicaine irlandaise), est entourée de flou. L’IRA n’a pas signé l’accord. Les partis signataires, dont le Sinn Féin, la branche politique de l’IRA, s’engagent «à user de toute leur influence pour parvenir à la mise hors d’usage de toutes les armes des formations paramilitaires d’ici à deux ans». – Tony Blair assure par écrit aux protestants en octobre 1998 que le processus de désarmement doit commencer «immédiatement» dans son esprit. Le Premier ministre britannique tente ainsi de rassurer le camp protestant qui rechigne à partager le pouvoir avec le Sinn Fein en l’absence de toute garantie sur la reddition des armes de l’IRA. – Mais un an plus tard, l’impasse demeure totale en dépit de nouveaux mois de négociations. Le 9 novembre 1999, l’IRA s’engage à collaborer avec une commission internationale indépendante chargée du désarmement des milices. Les protestants finissent par accepter à la fin de l’année la mise en place d’un gouvernement et d’une assemblée biconfessionnels. – Le 11 février 2000, Londres doit suspendre ces institutions, sous pression du principal parti protestant, l’UUP, qui ne voit toujours venir aucun désarmement de l’IRA. – Pour sortir de l’impasse, l’IRA promet le 6 mai de la même année de «lancer un processus qui mettra (ses) armes hors d’usage de façon totale et vérifiable». Le camp protestant reconnaît que la formation paramilitaire n’a jamais fait de promesse aussi claire, même si aucun calendrier n’est précisé. Les gouvernements britannique et irlandais repoussent d’un an l’échéance initiale de mai 2000 pour un désarmement des milices. Les institutions nord-irlandaises sont rétablies. – 26 juin 2000 : l’IRA ouvre plusieurs de ses dépôts à l’inspection de deux personnalités étrangères, le Finlandais Martti Ahtisaari et le Sud-Africain Cyril Ramaphosa. Les inspecteurs reviennent en octobre de la même année puis en mai 2001 et constatent que personne n’a touché aux armes qu’ils ont vues. Mais les protestants restent sur leur faim. Seulement trois dépôts sont inspectés. Et surtout, l’IRA, même si elle respecte un cessez-le-feu depuis 1997, demeure libre de reprendre les armes quand elle le souhaitera. – 1er juillet 2001 : David Trimble démissionne de son poste de Premier ministre d’Irlande du Nord en constatant que l’Ira a laissé passé la nouvelle échéance de juin 2001 sans avoir entamé son désarmement. Les protestants préviennent qu’ils n’accepteront désormais plus de promesse ou d’astuce sémantique, mais seulement un désarmement en bonne et due forme de l’armée clandestine catholique. Le Sinn Féin fait valoir qu’une telle promesse ne figure pas dans l’accord de 1998 et que la question du désarmement ne peut être isolée des autres problèmes en suspens, comme la réforme de la police locale aux mains des protestants ou le retrait militaire britannique d’Irlande du Nord. – 1er août 2001 : Londres et Dublin présentent de nouvelles propositions, notamment en termes de retrait militaire britannique de la province, mais s’abstiennent d’inclure une échéance pour le démantèlement de l’arsenal de l’IRA. Tout le monde attend désormais la réaction de cette dernière.
L’absence de désarmement de l’IRA empoisonne le processus de paix en Irlande du Nord depuis la signature de l’accord historique d’avril 1998 et demeure un sujet d’incompréhension totale entre catholiques et protestants. – Le 10 avril 1998 est signé, après de très laborieuses négociations, un accord prévoyant un partage du pouvoir sans précédent entre protestants unionistes et catholiques républicains. Mais la question du désarmement des milices, et en particulier de la plus puissante d’entre elles, l’IRA (Armée républicaine irlandaise), est entourée de flou. L’IRA n’a pas signé l’accord. Les partis signataires, dont le Sinn Féin, la branche politique de l’IRA, s’engagent «à user de toute leur influence pour parvenir à la mise hors d’usage de toutes les armes des formations paramilitaires...