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Actualités - Chronologies

Le raid de Naplouse, un double risque

En optant pour un net durcissement des actions militaires israéliennes, qui s’est traduit mardi par la mort de huit Palestiniens, le Premier ministre Ariel Sharon a pris le risque d’une déflagration majeure sur le terrain et a fait l’unanimité de la communauté internationale contre Israël. La politique israélienne d’élimination d’activistes palestiniens n’est certes pas nouvelle, mais la liquidation à Naplouse des deux principaux leaders du mouvement radical Hamas dans le nord de la Cisjordanie, Jamal Mansour et Jamal Salim, lors d’un raid d’hélicoptère, constitue «un changement dans la politique israélienne», comme le soulignait le quotidien Maariv. C’est la première fois, en effet, depuis le début de l’intifada, il y a dix mois, que des leaders politiques d’un tel rang sont visés. Cette attaque, qui a coûté la vie à six autres personnes, dont deux enfants, a ramené Israéliens et Palestiniens «de nouveau au bord du précipice», comme l’affirmait le quotidien Jerusalem Post. La simple mention du «cessez-le-feu» proclamé le 13 juin à la suite d’une médiation du patron des services de renseignements américains (CIA), George Tenet, apparaissait mercredi pratiquement grotesque. De même, l’application du rapport de la commission Mitchell, publié en mai et qui est censé ramener les deux parties à la table des négociations, est maintenant plus éloigné que jamais, sa mise en œuvre étant conditionnée à un retour au calme total dont M. Sharon a été fait seul juge par les États-Unis. L’heure est donc une fois de plus à la loi du talion et à l’engrenage classique de la violence. «Les Palestiniens vont maintenant considérer une escalade du terrorisme comme une réplique appropriée à l’assassinat» de ces deux leaders du Hamas, affirmait ainsi l’éditorialiste du quotidien Maariv, Hemi Shalev. «Avec une régularité diabolique, le cycle de sang israélo-palestinien s’étend donc, appelant de nouvelles victimes, dans une escalade conduisant à une explosion inévitable», poursuivait-il. De fait, depuis le raid de mardi, les promesses d’une vengeance sanglante se multiplient du côté palestinien. Les dirigeants israéliens savaient bien sûr à l’avance que cette action, que M. Sharon a décrite mardi soir comme «l’un des plus grands succès» de l’armée israélienne, rendrait la situation encore plus explosive qu’elle ne l’est depuis plusieurs jours. Mais ils la justifient en la présentant comme une action d’«autodéfense» destinée à prévenir de nouveaux attentats. Le ministre de la Défense, Binyamin Ben Eliezer, a ainsi assuré que la mort de Jamal Mansour et Jamal Salim avait «sauvé la vie de centaines de personnes». Il n’en a pas dit plus, mais selon le Maariv, qui citait un haut responsable des services de sécurité israéliens, les deux hommes étaient en train d’organiser cinq attentats-suicide, dont un «de grande envergure» dans le centre de Tel-Aviv. Les avantages de la disparition de ces deux hommes justifieraient donc largement, aux yeux de M. Sharon, les risques d’escalade qu’elle comporte. Mais comme le soulignait M. Shalev, il s’agit là d’un pari très dangereux, car «la politique d’assassinat de l’armée israélienne radicalise la rue palestinienne, impose l’escalade à Yasser Arafat, accroît le soutien au Hamas et envoie des dizaines de candidats au martyre rejoindre ses rangs». M. Sharon a aussi pris un risque d’une autre nature, celui de perdre l’avantage sur les Palestiniens dont Israël disposait sur la scène internationale depuis l’attentat perpétré par un kamikaze du Hamas le 1er juin devant une discothèque de Tel-Aviv. Cet attentat-suicide, qui avait coûté la vie à 21 jeunes gens, avait isolé M. Arafat, les pressions internationales, notamment celles de l’Union européenne, le forçant à proclamer un cessez-le-feu dont il ne voulait pas. L’attaque de Naplouse, avec la mort de ces deux enfants, pourrait renverser la tendance. Elle a en tout cas suscité des condamnations généralisées, y compris – fait rarissime – de la part de l’allié américain, qui l’a qualifiée d’«excessive» et de «provocatrice». Un signe qui ne trompe pas.
En optant pour un net durcissement des actions militaires israéliennes, qui s’est traduit mardi par la mort de huit Palestiniens, le Premier ministre Ariel Sharon a pris le risque d’une déflagration majeure sur le terrain et a fait l’unanimité de la communauté internationale contre Israël. La politique israélienne d’élimination d’activistes palestiniens n’est certes pas nouvelle, mais la liquidation à Naplouse des deux principaux leaders du mouvement radical Hamas dans le nord de la Cisjordanie, Jamal Mansour et Jamal Salim, lors d’un raid d’hélicoptère, constitue «un changement dans la politique israélienne», comme le soulignait le quotidien Maariv. C’est la première fois, en effet, depuis le début de l’intifada, il y a dix mois, que des leaders politiques d’un tel rang sont visés. Cette attaque,...