Même si la menace d’une offensive générale israélienne est prise au sérieux par les responsables palestiniens, peu de préparatifs ont été entrepris sur le terrain pour y faire face. Les dirigeants palestiniens, réunis dans la nuit de vendredi à samedi à Gaza, ont évoqué la possibilité d’une telle attaque et affirmé que «toute aventure militaire israélienne sera mise en échec», sans préciser de quelle manière. «Nos moyens sont limités. Tout ce que nous pouvons faire c’est stocker des aliments, des médicaments et préparer des équipes de sauveteurs», a récemment déclaré le gouverneur de Naplouse, Mahmoud al-Aloul. «Nous avons donné des consignes à nos forces postées aux barrages à l’entrée des zones autonomes de se replier dans des secteurs plus sûrs», a ajouté ce haut responsable en charge des affaires civiles et militaires de la ville autonome du nord de la Cisjordanie. «Nous pouvons combattre des fantassins israéliens, mais il serait beaucoup plus difficile de résister à des chars, à des attaques d’hélicoptères ou à des tirs venant des collines qui dominent la ville», a noté le gouverneur. À Naplouse, comme dans les autres zones autonomes de Cisjordanie, aucune mesure spéciale n’a été prise pour faire face à une éventuelle attaque israélienne d’envergure. Rien n’a été fait pour renforcer les défenses dérisoires en sacs de sable, autour des postes palestiniens : ni abris bétonnés ni même tranchées. Le colonel Abdel Haï Abdel al-Wahed, responsable de la protection civile pour la Cisjordanie, déplore «un manque total de coordination entre les différents services de sécurité ou des affaires civiles». Un haut responsable de sécurité, qui a requis l’anonymat, a affirmé quant à lui que «l’Autorité n’a même pas de plan prenant en compte les scénarios possibles» d’attaques israéliennes. Certes, il y a six semaines alors qu’une attaque israélienne semblait imminente, les Forces nationales et islamiques (treize mouvements, dont le Fateh du président palestinien Yasser Arafat et les organisations radicales islamistes du Hamas et du Jihad islamique) ont appelé la population de Naplouse à préparer des bouteilles incendiaires pour attaquer des blindés israéliens. Le Hamas a même demandé à des volontaires à préparer des ceintures d’explosifs pour des attaques-suicide contre les forces d’invasion. La semaine dernière, la même coalition a une nouvelle fois appelé la population à se placer en «état d’alerte et à se préparer à défendre sa terre». Ces appels sont accueillis souvent avec scepticisme par les Palestiniens. «Je propose qu’on prépare plutôt des stocks de pierres, ce sera plus efficace», ironise un résident du camp de réfugiés de Dheisheh près de Bethléem qui refuse d’être identifié. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a écarté une offensive générale contre l’Autorité palestinienne, compte tenu des complications internationales qu’elle créerait pour Israël et du fait que l’État juif n’a aucun intérêt à réoccuper des centres urbains palestiniens. Sur ce point précis, il est cru par nombre de Palestiniens, y compris ceux qui sont engagés directement dans la bataille contre Israël. «Je m’attends à des incursions répétées, à ce que l’armée israélienne crée des zones tampons (où elle tire à vue), à ce qu’elle multiplie les assassinats (d’activistes palestiniens), mais pas à une offensive générale», a estimé, sous le couvert de l’anonymat, un membre de la branche armée du Fateh en Cisjordanie.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Même si la menace d’une offensive générale israélienne est prise au sérieux par les responsables palestiniens, peu de préparatifs ont été entrepris sur le terrain pour y faire face. Les dirigeants palestiniens, réunis dans la nuit de vendredi à samedi à Gaza, ont évoqué la possibilité d’une telle attaque et affirmé que «toute aventure militaire israélienne sera mise en échec», sans préciser de quelle manière. «Nos moyens sont limités. Tout ce que nous pouvons faire c’est stocker des aliments, des médicaments et préparer des équipes de sauveteurs», a récemment déclaré le gouverneur de Naplouse, Mahmoud al-Aloul. «Nous avons donné des consignes à nos forces postées aux barrages à l’entrée des zones autonomes de se replier dans des secteurs plus sûrs», a ajouté ce haut responsable en charge des...