Jadis bastion des Nabatéens, peuple arabe industrieux qui s’établit au sud de la Jordanie il y a quelque deux mille ans, Pétra était renommée pour son architecture massive (la ville est entièrement taillée dans les rochers) et l’ingéniosité de son système de fontaines, de barrages et de canaux. À partir de ce poste stratégique en retrait (la zone est naturellement défendue par une chaîne de hautes parois rocheuses uniquement interrompue par un étroit couloir creusé par les eaux du Wadi Mussa), les Nabatéens dominaient les routes commerciales de l’ancienne Arabie. Après son annexion à la province romaine d’Arabie et la prise de contrôle par les Romains des routes commerciales, le déclin de Pétra fut inéluctable et rapide. Au XVIe siècle, Pétra était déjà tombée dans l’oubli, et le resta trois cents ans durant, jusqu’en 1812, où elle fut découverte par un aventurier suisse, Johann Burckhardt. Cependant, les premières fouilles archéologiques ne furent entreprises qu’en 1924, sous la supervision de l’École d’archéologie britannique de Jérusalem. Une grande partie de l’attrait de Pétra provient de son emplacement, au fond d’une gorge étroite ou «siq». Se faufilant entre les parois rocheuses, hautes de 100 mètres de teinte naturelle jaunâtre, rougeâtre et rosâtre, le touriste découvre au détour du «siq», long de 1,2 kilomètre, la grandiose «Khazneh» ou le trésor, sculptée au Ier siècle av. J-C, dans le but de servir de tombe à un roi nabatéen. Le trésor dépassé, le touriste découvre, au terme d’un parcours à pied pénible mais enchanteur, la ville nabatéenne dans toute sa splendeur. Plus de cinq cents majestueuses tombes royales (croyant dans la vie après la mort, les Nabatéens ont longtemps soigné l’architecture de leurs tombes) prolifèrent de par et d’autre du passage. En poussant plus avant dans la ville, le touriste découvre «al-Deir», l’un des plus grands monuments de Pétra et un important lieu de pèlerinage. Essoufflé, après une longue visite des théâtres, temples et monastères qui s’y trouvent également, le touriste pourra, au retour, parcourir le dernier kilomètre à cheval ou dans un char.
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