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Actualités - Chronologies

Wolfgang et Wieland -

Wolfgang Wagner, 81 ans, petit-fils du compositeur romantique Richard Wagner, marque de son empreinte depuis cinquante ans le Festival de Bayreuth, malgré les critiques sur son style de direction «autocratique» et «la sclérose artistique» d’une manifestation qui rassemble chaque été des milliers d’affidés de l’opéra wagnérien. Depuis deux ans, la saga familiale ressemble plus à un «soap opera» mâtiné de féroce bataille des Atrides pour la conquête du poste de directeur, immuablement dévolu depuis 125 ans à un membre du clan familial. Et Wolfgang Wagner, habitué depuis la mort de son frère Wieland, à 49 ans, en 1966, à décider de tout et seul, disposant d’un «contrat à vie» léonin, s’est mis dans la tête que seule celle qui est sa collaboratrice depuis 35 ans et sa seconde épouse, Gudrun, 56 ans, était digne de s’installer dans son fauteuil. C’est de l’époque – 1976 – où Eva Wagner-Pasquier était la cheville ouvrière du festival que date ce qui passe pour la grande réussite artistique de Bayreuth dans les trente dernières années, la Tétralogie dirigée et mise en scène en 1976 par les Français Pierre Boulez et Patrice Chéreau. Car, derrière l’autorité de sa crinière blanche, Wolfgang Wagner souffre depuis toujours de la comparaison avec son frère Wieland et de l’ombre portée de leur mère, Winifred, admiratrice d’Adolf Hitler jusqu’à sa mort en 1980. S’ils ont réussi ensemble à relancer le festival en 1951 malgré les années du nazisme marquées par la compromission de la famille avec le dictateur lui-même, appelé «Oncle Wolf» (le loup en allemand) par les deux frères, les habitués du festival sont loin de reconnaître à Wolfgang le talent de metteur en scène audacieux de Wieland. C’est Wieland qui est l’artisan de la renaissance de Bayreuth, avec dès 1951 un Parsifal et un Ring der Nibelungen révolutionnaires. C’est lui qui fait venir sur «la Colline verte» les grands chefs – Hans Knapperbutsch, Wolfgang Sawallisch, Karl Boehm – et une exceptionnelle phalange de chanteurs : Hans Hotter, Martha Moedl, Astrid Varnay, Wolfgang Windgassen ou Birgit Nilsson. À côté, les mises en scène de Wolfgang apparaîtront toujours sans relief. Et depuis le surprenant recours au tandem Boulez-Chéreau, seul un Tristan de Jean-Pierre Ponnelle en 1981 a frappé les mémoires.
Wolfgang Wagner, 81 ans, petit-fils du compositeur romantique Richard Wagner, marque de son empreinte depuis cinquante ans le Festival de Bayreuth, malgré les critiques sur son style de direction «autocratique» et «la sclérose artistique» d’une manifestation qui rassemble chaque été des milliers d’affidés de l’opéra wagnérien. Depuis deux ans, la saga familiale ressemble plus à un «soap opera» mâtiné de féroce bataille des Atrides pour la conquête du poste de directeur, immuablement dévolu depuis 125 ans à un membre du clan familial. Et Wolfgang Wagner, habitué depuis la mort de son frère Wieland, à 49 ans, en 1966, à décider de tout et seul, disposant d’un «contrat à vie» léonin, s’est mis dans la tête que seule celle qui est sa collaboratrice depuis 35 ans et sa seconde épouse, Gudrun, 56 ans,...