Les Sept pays les plus industrialisés (G7), réunis vendredi à Gênes, ont souhaité que l’Organisation mondiale du commerce (OMC), bête noire des militants antimondialisation, devienne une institution plus à l’écoute de la société civile et des pays les plus pauvres. Le groupe des Sept ne propose pas de bouleverser cette institution née en 1995, à la suite du cycle de négociations de l’Uruguay (l’«Uruguay Round»), mais l’invite à se faire plus attentive au «développement durable» et «aux attentes légitimes de la société civile», selon sa déclaration finale. Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni prennent acte à double titre de l’échec de la réunion ministérielle de l’OMC à Seattle (États-Unis) à la fin 1999 et consacrent un long passage au sujet dans leur déclaration finale sur l’économie, publiée au premier jour de leurs travaux qui a été endeuillé par la mort d’un manifestant antimondialisation lors d’incidents violents entre extrémistes et forces de l’ordre. Seattle devait lancer un nouveau cycle de discussions, mais la réunion s’est terminée sur un échec en raison de divergences entre pays du Nord et du Sud, et entre États-Unis et Européens, sur fond de violentes manifestations. Les chefs d’État et de gouvernement des sept grandes puissances espèrent bien, cette fois, relancer pour de bon un cycle de négociations, à l’occasion de la prochaine réunion ministérielle de Doha, au Qatar, prévue pour novembre. «Nous nous engageons à intervenir individuellement et collectivement en faveur du lancement d’un nouveau cycle ambitieux de négociations commerciales globales» lors de la conférence de Doha, indique la déclaration conjointe. Parallèlement, les Sept veulent que les pays en voie de développement ne soient pas laissés en marge de l’OMC et que «leurs priorités» soient prises en compte dans l’établissement des règles du commerce mondial, ce qui est l’une des revendications des organisations anti-OMC. Pour ce faire, les Sept se proposent d’œuvrer pour que l’accès aux marchés des pays pauvres ou pays en développement soit amélioré. Les règles commerciales devront être «plus saines et transparentes» pour permettre une meilleure intégration des pays pauvres au système commercial global. Le «développement durable», l’un des mots-clefs des tiers-mondistes et écologistes, devra être l’une des préoccupations des négociateurs lors du nouveau cycle de discussions de l’OMC qui se profile, indique le G7. L’ordre du jour des négociations de Doha devra être «équilibré» et l’organisation devra tendre vers plus de transparence, un élément «important pour consolider la confiance dans le système commercial mondial». Pour autant, les puissances industrialisées ne remettent pas fondamentalement en cause l’institution qu’elles veulent «renforcer en tant que fondement du système commercial multilatéral». Les Sept font d’ailleurs toujours allégeance au credo libre-échangiste. «Pour assurer une croissance économique soutenue au niveau mondial, nous devons renouveler notre engagement en faveur du libre-échange», indique le communiqué. Dans cette optique, les chefs d’État et de gouvernement se prononcent pour un «renforcement et développement des règles multilatérales». En particulier, le système de règlements des différends entre pays membres devra être amélioré. Enfin, les Sept se félicitent du bon avancement des négociations pour accueillir la Chine au sein de l’OMC et des progrès sur une adhésion russe. Pour les Sept, l’OMC a pour vocation de devenir «une organisation universelle». L’actuel ministre italien des Affaires étrangères, pays hôte du G7, Renato Ruggiero, est ancien directeur général de l’organisation.
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