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Actualités - Chronologies

Le temps des miracles

Si je sais bien compter, il y a six mois déjà que l’opération «l’Année de la francophonie» a été déclenchée. Et si je sais encore compter, il nous reste six mois encore à passer. Pause mi-temps, et la question: «Où en sommes-nous?». Moi, j’en suis à me dire, les deux yeux scotchés à mon récepteur, comme dans un conte de Perrault: «Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir?». Et je me réponds: «Quel âne!». Car il m’a fallu tout ce temps pour comprendre que nous n’aurons pas plus – à moins d’un miracle, le fameux «miracle libanais» – que ce à quoi nous avons droit: c’est-à-dire aux deux magazines, hebdomadaire sur l’une de nos chaînes, quasi quotidien sur une autre et au sigle qui s’allume, pour s’éteindre aussitôt sur les écrans de quelques autres. Je ne suis pas concerné par ce qui se fait dans les autres domaines. Mais ce qui se passe dans l’audiovisuel est certes odieux et nullement visuel! Lorsqu’il y a de cela quelques années, il y eut une opération «la télévision française au Liban», on vit débarquer des hôtes aussi prestigieux que Bernard Pivot ou Michel Field. Cela avait une autre dimension que ce qui nous a été proposé jusqu’ici. Pas le moindre film français à l’antenne. Pas la moindre série (où sont les Maigret, Navarro, Nestor Burma d’antan?). Pas le moindre téléfilm (le dernier Balzac date d’il y a deux ans!). Et c’est une initiative privée qui nous a valu le passage par Beyrouth de Julien Lepers. À moins que la francophonie ne sous-entende le plagiat de certaines émissions françaises et la diffusion de séries mexicaines sous prétexte que le dernier empereur dudit pays maximilien était soutenu par la France... Cela lui valut d’être fusillé. P.-S.: Le temps des miracles, film yougoslave de Goran Paskaljevic.
Si je sais bien compter, il y a six mois déjà que l’opération «l’Année de la francophonie» a été déclenchée. Et si je sais encore compter, il nous reste six mois encore à passer. Pause mi-temps, et la question: «Où en sommes-nous?». Moi, j’en suis à me dire, les deux yeux scotchés à mon récepteur, comme dans un conte de Perrault: «Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir?». Et je me réponds: «Quel âne!». Car il m’a fallu tout ce temps pour comprendre que nous n’aurons pas plus – à moins d’un miracle, le fameux «miracle libanais» – que ce à quoi nous avons droit: c’est-à-dire aux deux magazines, hebdomadaire sur l’une de nos chaînes, quasi quotidien sur une autre et au sigle qui s’allume, pour s’éteindre aussitôt sur les écrans de quelques autres. Je ne suis pas concerné par ce...