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Actualités - Chronologies

Genesis part à la conquête des vents solaires

Après des pierres de lune, la Nasa va rapporter... un petit bout du soleil. Il s’agit de l’une des missions les plus originales lancées ces dernières années par l’agence spatiale américaine. Elle sera mise en œuvre par la sonde robotisée Genesis (genèse), dont le lancement est prévu le 30 juillet du centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral, par une fusée Boeing Delta II. En octobre 2001, après un voyage de trois mois qui l’aura emportée à 1,5 million de km, suffisamment loin de la magnétosphère terrestre, Genesis commencera à capturer des échantillons de vents solaires attrapés au vol dans l’espace intersidéral. Après un «bain de soleil» de trois ans et 32 millions de km parcourus, la sonde rapportera en 2004 sur terre son précieux chargement : quelque 10 à 20 microgrammes de particules ionisées et invisibles ! La sonde rentrera dans l’atmosphère terrestre, déploiera son parachute et sera récupérée en vol par l’équipage spécialement entraîné d’un hélicoptère lors d’une manœuvre digne des meilleurs films d’action d’Hollywood. Tout cela afin d’éviter que les particules ne soient «dérangées» par un impact avec le sol. De la masse de quelques grains de sable, ces particules seront les premiers matériaux extraterrestres rapportés sur terre depuis la conquête de la lune. Ces petits bouts de matière solaire devraient faire les délices des scientifiques qui espèrent en les analysant pouvoir répondre à deux questions : de quoi exactement est fait le soleil ? Les planètes et la terre sont-elles faites des mêmes matériaux ? «Genesis va rapporter un petit mais précieux échantillon indispensable pour notre connaissance du soleil et de la formation du système solaire», explique Donald Burnett, directeur scientifique de la mission Genesis au California Institute of Technology, à Pasadena. Construite par la société Lockheed Martin, la sonde d’un poids d’environ une tonne, emporte dans ses flancs quatre instruments très sophistiqués : des panneaux de la taille d’une roue de bicyclette, composés de diamant, d’or, de silicium et de saphir, qui sont destinés à collecter les particules de vents solaires ; un compteur d’ions pour enregistrer la vitesse, la densité, la température et la composition de ces vents ; un compteur d’électrons ; et, enfin, un concentrateur d’ions qui séparera et concentrera les divers matériaux recueillis vers des réservoirs spéciaux. Grâce à cette mission, d’un coût total de 209 millions de dollars, les scientifiques vont tenter de percer les mystères de la «nébuleuse solaire», ce nuage placentaire de poussière et de gaz (principalement d’hydrogène et d’hélium) qui s’est effondré en tournant sur lui-même pour donner naissance à notre soleil. Alors que notre étoile prenait ainsi forme au centre de ce nuage, cette soupe de matière se condensait ailleurs pour donner naissance en l’espace de quelques dizaines de millions d’années à des planètes et aux légions de comètes et d’astéroïdes qui peuplent notre système solaire. Or, de façon remarquable, la surface du soleil contient les traces fossiles de cette nébuleuse solaire. Son atmosphère s’effrite en effet lentement et une partie s’en échappe en un courant régulier. Ces particules d’atomes chargés électriquement (ions) forment précisément ces «vents solaires» que Genesis va tenter de capturer au vol. «Cette mission sera l’équivalent de la pierre de Rosette de la science des planètes parce qu’elle va nous montrer les fondations à partir desquelles notre système solaire a évolué», s’enthousiasme Chester Sasaki, responsable du projet Genesis au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa, à Pasadena.
Après des pierres de lune, la Nasa va rapporter... un petit bout du soleil. Il s’agit de l’une des missions les plus originales lancées ces dernières années par l’agence spatiale américaine. Elle sera mise en œuvre par la sonde robotisée Genesis (genèse), dont le lancement est prévu le 30 juillet du centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral, par une fusée Boeing Delta II. En octobre 2001, après un voyage de trois mois qui l’aura emportée à 1,5 million de km, suffisamment loin de la magnétosphère terrestre, Genesis commencera à capturer des échantillons de vents solaires attrapés au vol dans l’espace intersidéral. Après un «bain de soleil» de trois ans et 32 millions de km parcourus, la sonde rapportera en 2004 sur terre son précieux chargement : quelque 10 à 20 microgrammes de particules ionisées et...