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Actualités - Opinions

Bloc-notes - Les sous de Satan

«Ne tirez pas le diable, le diable par la queue Ça lui fait mal en diable, au diable, au diable...» C’est un vieux couplet iconoclaste de Guy Béart, peu connu car il figurait sur un 45 tours au verso d’un «tube» du chanteur. On se dit parfois qu’il mettrait pourtant une note d’humour dans les situations de crise où l’on invoque Lucifer plusieurs fois par jour, comme en ce moment dans le doux pays d’ici où l’inflation à la petite semaine ne sait plus comment faire pour enfler encore et gonfler de plus en plus lesdits acteurs sociaux. Sadiques, ceux-ci seraient réconfortés à la seule idée de faire souffrir, surtout pour les dévots, Satan, ainsi déchu, par la queue, l’on peut dire, de son principat... À propos de crise, avez-vous fait vos propres statistiques ? Chapitre festivals par exemple, avez-vous comparé vos dépenses couplées de l’été en cours par rapport à celles de l’an dernier et de celui d’avant, si vous ne faites pas partie du petit «jet set intérieur» autorégulé sur le «plus cher partout, Bustan, Baalbeck, Beiteddine, avec un clin d’œil à ses souvenirs cannois» ? Eh bien moi, j’ai remarqué que mon amour de l’art et mes contributions financières d’amateur avaient fait, sur trois ans, une étrange algèbre. D’abord, je n’invite plus qu’au prix le plus bas. À vrai dire, mon snobisme intellectuel et social (que va penser l’invité des billets dont je me contente et que va-t-il penser de la chute de mon niveau de vie?) fait que je n’invite plus du tout. Ensuite, je me contente de rêver de la nuit passée en 1999, sous l’édredon d’un hôtel de la Békaa ou du Chouf, comme du dernier luxe de ma vie, désormais inaccessible, vouée que je suis aux retours en épingles à cheveux avec jacassage de passagers. Ensuite, évidemment, les calculs pour marier un peu de plaisir gratuit, avec les petites considérations – amour propre, feinte, etc. – («ils vont croire que je prends Casadesus pour une chanteuse si mon siège est trop en biais» ou «ils vont croire que j’ai pris Gabriel Yared pour un orchestre symphonique si je suis au dernier rang»), bref le petit casse-tête des petites sociétés. Mais ne tirez plus le diable, le diable par la queue, ça vous fait mal en diable, vous le voyez bien. Quant aux festivals, modérez la fréquence : deux fois par saison, sans invités. Le rêve est meilleur...
«Ne tirez pas le diable, le diable par la queue Ça lui fait mal en diable, au diable, au diable...» C’est un vieux couplet iconoclaste de Guy Béart, peu connu car il figurait sur un 45 tours au verso d’un «tube» du chanteur. On se dit parfois qu’il mettrait pourtant une note d’humour dans les situations de crise où l’on invoque Lucifer plusieurs fois par jour, comme en ce moment dans le doux pays d’ici où l’inflation à la petite semaine ne sait plus comment faire pour enfler encore et gonfler de plus en plus lesdits acteurs sociaux. Sadiques, ceux-ci seraient réconfortés à la seule idée de faire souffrir, surtout pour les dévots, Satan, ainsi déchu, par la queue, l’on peut dire, de son principat... À propos de crise, avez-vous fait vos propres statistiques ? Chapitre festivals par exemple, avez-vous...