Rechercher
Rechercher

Actualités - Biographies

L’un des plus implacables dictateurs d’Amérique latine

Instigateur du coup d’État sanglant contre le président socialiste Salvador Allende, le 11 septembre 1973, il a gouverné pendant 17 ans d’une poigne d’acier les quelque 15 millions de Chiliens, avec le soutien sans faille des forces armées et de la police militaire des Carabiniers. Se présentant comme «l’homme qui a sauvé le Chili du communisme», il eut recours à des mesures expéditives pour conforter son pouvoir, dont l’exécution de centaines d’opposants politiques ou syndicaux au début de son règne, qui fit au total plus de 3 000 morts et disparus et entraîna l’exil de près d’un million de personnes. Fils de militaire, issu d’une famille française ayant quitté Saint-Malo au début du XVIIIe siècle, Augusto Pinochet Ugarte avait commencé sa carrière comme capitaine d’un camp de détention où étaient emprisonnés les dirigeants du Parti communiste, proscrit par le chef de l’État de l’époque, Gabriel Gonzalez Videla, à Iquique. Devenu général après l’arrivée au pouvoir de Salvador Allende, en septembre 1970, il trahit le président socialiste peu après avoir été nommé au commandement en chef de l’armée en août 1973. Partisan de l’économie libérale, jouissant des sympathies du régime américain en raison de son anticommunisme viscéral, Pinochet eut cependant des déboires avec les États-Unis après l’assassinat, par sa police secrète en 1976 à Washington, d’Orlando Letelier, ancien ministre des Affaires étrangères d’Allende. Accusé d’assassinats, de tortures et de nombreuses autres violations des droits de l’homme, Pinochet est confronté à partir de 1983 à des manifestations massives qui réclament le retour de la démocratie et auxquelles il répond par une implacable répression. En 1986, il échappe à un attentat du Front patriotique Manuel Rodriguez (FPMR, gauche), dans lequel cinq membres de son escorte sont tués. Et cet expert en stratégie perd une bataille historique lors du plébiscite de 1988, où plus de 53 % des votants disent «non» à son projet de rester au pouvoir une décennie de plus. En 1990, il doit céder le pouvoir au démocrate-chrétien Patricio Aylwin, tout en restant à la tête des forces armées. À partir de 1994, sous la présidence d’Eduardo Frei, Pinochet se fait plus discret tout en restant omniprésent dans la vie politique, où il réapparaît officiellement en mars 1998, après avoir quitté le commandement de l’armée, en devenant sénateur à vie comme l’y autorise la Constitution adoptée sous son régime. Se croyant protégé par son immunité parlementaire, il se rend alors en Grande-Bretagne, où il est interpellé le 16 octobre 1998 à la demande du juge espagnol Baltasar Garzon, qui souhaite le juger en Espagne pour des crimes commis pendant la dictature. Libéré après 503 jours de détention par les autorités britanniques, qui estiment que la dégradation de son état de santé physique et mental ne lui permet pas d’être extradé en Espagne et poursuivi en justice, l’ex-dictateur regagne Santiago le 3 mars 2000. Cinq mois plus tard, la Cour suprême le prive de son immunité parlementaire, alors que les plaintes à son encontre, dépassant aujourd’hui les 250, ne cessent de s’accumuler au Chili. Il est inculpé une première fois le 1er décembre 2000 par le juge Juan Guzman Tapia pour sa responsabilité dans les crimes commis par la «Caravane de la mort» puis, cette décision ayant été infirmée pour vice de forme, une seconde fois le 29 janvier dernier.
Instigateur du coup d’État sanglant contre le président socialiste Salvador Allende, le 11 septembre 1973, il a gouverné pendant 17 ans d’une poigne d’acier les quelque 15 millions de Chiliens, avec le soutien sans faille des forces armées et de la police militaire des Carabiniers. Se présentant comme «l’homme qui a sauvé le Chili du communisme», il eut recours à des mesures expéditives pour conforter son pouvoir, dont l’exécution de centaines d’opposants politiques ou syndicaux au début de son règne, qui fit au total plus de 3 000 morts et disparus et entraîna l’exil de près d’un million de personnes. Fils de militaire, issu d’une famille française ayant quitté Saint-Malo au début du XVIIIe siècle, Augusto Pinochet Ugarte avait commencé sa carrière comme capitaine d’un camp de détention où...