Jean-Claude Van Damme, Bruce Willis et Pierce Brosnan projettent à l’écran l’image de leur virilité et le public apprécie. C’est ainsi que vous retrouverez le premier dans «Knock Off», le second dans «The Last Boy Scout» et le troisième dans «Live Wire» : ils sont là pour que ça barde ! Les deux comédies : «Married To It» et «Nice Dreams» baignent dans l’insignifiance. Par contre «Good Will Hunting» de Gus Van Sant et «The Arrangement» d’Élia Kazan auront de quoi satisfaire les plus exigeants. Et «Suspect» de Peter Hyams est un suspense policier cinématographiquement «correct». Jean-Claude Van Damme s’est longtemps considéré comme le rival potentiel de Stallone et de Schwarzenegger. Ses ambitions n’ont été qu’à sa mesure : celle d’un athlète adepte des arts martiaux, mais jamais comme celle d’un acteur. C’est sous la houlette de Tsui Hark, le metteur en scène chinois qui avait signé bon nombre de films de ce genre, que Jean-Claude Van Damme a tourné Knock Off. Une fois de plus, il incarne un homme qui est recruté par les services secrets américains pour combattre le terrorisme. L’originalité réside dans le fait que cette fois, Jean-Claude interprète le rôle d’un exportateur-styliste de vêtements pour hommes, installé à Hong Kong... C’est qui est pour le moins inattendu ! C’est sans doute la seule originalité de ce film où le réalisateur Tsui Hark se montre plus sage qu’il ne l’avait été dans ses films chinois. Il privilégie le montage «hachuré» au lieu de ses combats «chorégraphiés». Diffusion lundi à 21h30 sur LBCI Married To It d’Arthur Hiller est un film dont le destin a été pour le moins malheureux. Réalisé en 1991, il ne fut finalement projeté sur les écrans américains que deux ans plus tard et sa carrière fut le moins discrète... Le film met en scène trois couples qui sont amenés par un hasard – leurs enfants se préparent à monter un spectacle théâtral de fin d’année – à se fréquenter. Issus de milieux sociaux différents, ils vont partager des expériences communes à tous les couples mariés. Aucun des clichés du genre ne nous est épargné. Nous avons droit à des stéréotypes tels que la belle-mère insupportable, le snobisme des uns, la vulgarité des autres, bref un survol de caractères connus et sans aucune originalité. C’est d’autant plus regrettable que des acteurs de talent ont prêté leur concours à cette aventure : Beau Bridges, Stockhard Channing, Cybill Shepherd, Ron Silver, Mary Stuart Masterson, Robert Sean Leonard, mais que peuvent-ils faire lorsque le scénario ne leur permet pas de sauver les situations dans lesquelles ils sont impliqués... Diffusion lundi à minuit sur LBCI Dans la foulée de la série Die Hard qui fit de lui un super-héros, Bruce Willis joue une fois de plus la carte de la virilité triomphante avec The Last Boy Scout. Et comme dans la série précédente, il a pour partenaire un Noir, Damon Wayans. Joe Hallenbeck, agent de la CIA efficace, loyal et droit, surnommé «le dernier samaritain», semblait promis à un brillant avenir, mais il fut limogé pour avoir tabassé un sénateur. Depuis, il vivote à Los Angeles dans une petite agence de détectives privés. Rejeté par sa femme et sa fille, il a sombré dans l’alcool. Pour retrouver l’assassin d’une strip-teaseuse, il fait équipe avec le petit ami de la victime, Jimmy Dix, ex-champion de football américain dont la carrière fut brisée par la drogue. Au cours de leur enquête, les deux losers découvriront un sombre complot où se mêlent magouilles politiques et organisation de matches truqués... Sous la direction de Tony Scott (Revenge, Top Gun), suspense, action et violence sanglante avec gros plans de crânes éclatés et de gorges tranchées. Diffusion mercredi à 13h30 sur Zen TV Good Will Hunting est une histoire analogue à celle de Sylvester Stallone et de Rocky. Il était une fois deux jeunes comédiens : Ben Affleck et Matt Damon. Las d’attendre les bons rôles, ils ont décidé de les forger eux-mêmes en écrivant un scénario, dont la réalisation a été confiée à Gus Van Sant. Après l’arriéré sympa qui réussit tout ce qu’il entreprend, modèle Forrest Gump, voici donc le surdoué asocial, alias Will Hunting. Ce garçon a l’étoffe d’un génie des mathématiques, mais il est handicapé par ses problèmes psychologiques. Risquant la prison, il est remarqué par un prof du MIT, la pépinière des cerveaux prodiges, qui le confie aux bons soins d’un psy atypique : Robin Williams dans une performance analogue à celle du Dead Poet’s Society. L’itinéraire du jeune homme, sa relation exceptionnelle avec son mentor et ses amours avec une belle étudiante forment l’essentiel d’un film sur la réalisation individuelle, thème favori du cinéma américain. Le tout est bien mené, d’une habileté qui, sur la fin, tourne à la roublardise. Diffusion jeudi à minuit sur LBCI Metteur en scène, Élia Kazan s’est aussi essayé à l’écriture et, en 1966, il publia The Arrangement qui, contrairement à ce qu’affirmait son auteur, comportait une grande partie autobiographique. Comme le héros qu’il dépeignait, Élia Kazan traversait à cette époque une crise existentielle, et c’est à travers ce livre, qu’il devait trois ans plus tard porter à l’écran, qu’il pose les questions sur son mal de vivre. Un jour, alors qu’il se rend à son bureau, le publicitaire Eddie Anderson dirige volontairement sa voiture sous un gros camion. L’accident ne le tue pas et Eddie se retrouve immobilisé pour une longue convalescence, entouré par sa femme Florence, sa fille Ellen et son frère Michael. Il se souvient alors du passé et notamment de Gwen, qui fut sa maîtresse, et de ses parents dont la personnalité le hante... Élia Kazan a voulu dénoncer le conditionnement de l’être humain, étouffé par la société qui l’entoure ; et les régulières et perpétuelles sonneries de la montre de Kirk Douglas lui rappelant les passages des spots publicitaires témoignent de cette aliénation continuelle. À l’opposé de ce monde étouffant, le héros va découvrir la passion amoureuse et la beauté de la nature. Si les idées de Kazan sont généreuses et souvent bouleversantes, la «forme» de son film est plus contestable. Le montage anachronique, la vision des phantasmes de son héros, les «projections» de celui-ci créent un chaos visuel très factice. Lorsque Kazan échappe à ses complaisances narratives, le film retrouve brusquement une sauvage grandeur (ainsi, par exemple, dans la scène où Kirk Douglas rame comme un fou pour tenter de rejoindre son père qu’emmènent les médecins) mais ces moments sont hélas très rares. Diffusion vendredi à 23h30 sur Zen TV La chanteuse Cher et Dennis Quaid forment un drôle de couple dans Suspect de Peter Yates : elle incarne une avocate qui, aidée par l’un des membres du jury, se transforme en détective privée pour prouver l’innocence de son client. Washington, le juge Lowell, magistrat éminent de la cour surpême, se suicide d’un coup de fusil de chasse peu après avoir remis un paquet à sa secrétaire, Elizabeth Quinn. Quelques heures plus tard, le cadavre de cette dernière est retrouvé dans les eaux du Potomac. Elle a été égorgée. Ratissant les environs, la police appréhende un vagabond, Carl Wayne Anderson, trouvé en possession des papiers de la victime et d’un couteau ensanglanté. L’avocate Kathleen Riley, connue pour son intégrité, est aussitôt chargée de sa défense. Elle réussit à gagner la confiance de ce prévenu plutôt agressif et apprend qu’il s’agit d’un ancien du Vietnam. Un suspense solidement construit et qui retient sans faiblesse l’attention du spectateur. Un beau rôle pour Cher qui met beaucoup de charme et de réalisme dans son personnage d’avocate intègre. À son côté, Liam Neeson qui n’était pas encore devenu la vedette qu’il est ! Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Cheech Martin et Thomas Chong ambitionnèrent, dans les années 80, de reprendre le flambeau de Laurel et Hardy, de Abbott et Costello. Volontairement iconoclastes, ils furent les chantres de la consommation de la drogue à outrance... À une époque où l’Amérique baignait dans la douce euphorie des stupéfiants. Ainsi dans Nice Dreams, ils sont les propriétaires d’un camion-boutique ambulante pour la vente de glaces, mais dont ils vont se servir de façade pour un trafic de drogues à consommer sur place... Ce n’est même pas drôle ! Et d’ailleurs après deux autres tentatives, ils ont tous les deux disparu de la scène cinématographique. On ne regrettera ni Cheech ni Chong... Diffusion samedi à minuit sur LBCI Avant de devenir James Bond, Pierce Brosnan tourna quelques films d’action dont Live Wire de Christian Duguay. Le Capitole, haut lieu du Congrès américain, est en émoi depuis qu’un groupe terroriste a pris pour cible les sénateurs qui siègent au sein de la toute-puissante commission de défense chargée du Moyen-Orient. Déjà, plusieurs d’entre eux sont tombés victimes d’attentats à l’explosif particulièrement ingénieux. Le FBI dépêche sur les lieux son meilleur spécialiste, Danny O’Neill... Ce dernier, expert en explosifs, est chargé d’assurer la protection d’un sénateur menacé de mort par des terroristes et qui n’est autre que l’amant de sa femme. Sorti à la sauvette aux USA et ailleurs en vidéo, ce thriller est tout à la fois banal par son thème et intéressant par ses détails qui empruntent à la science-fiction. Il s’appuie aussi sur un bon suspense et nous permet de découvrir Pierce Brosnan dans l’un de ses premiers rôles au grand écran. Diffusion dimanche à 21h30 sur MTV
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