Nom : Farès Prénom : Karim Date de naissance : 26.10.1969 Signe particulier : murmure à l’oreille des chevaux. «Je suis beaucoup plus à l’aise sur un cheval que les pieds sur terre !». Pas étonnant, Karim Farès est tombé dedans tout petit, à quatre ans à peine. Ou peut-être avant, mais il ne le savait pas encore. Quand il marche, il paraît comme perdu, maladroit, hésitant. Mais il suffit qu’il retrouve sa monture pour qu’en un instant il déploie ses ailes et décolle, comblé. st-ce vraiment par hasard qu’on porte un nom aussi équestre, déjà et presque naturellement voué et dévoué à ce sport ? On en vient même à se demander qui du nom ou de la passion a choisi l’autre, qui des deux a entraîné l’autre dans les vastes étendues où le cheval est roi et le cavalier son complice ? Départ au galop Après avoir balbutié ses premiers pas, qui le menaient immanquablement aux écuries où sa mère May, elle-même cavalière émérite, lui apprenait à observer l’animal chéri et donc à l’aimer, spontanément, il se rapproche à petits pas de la bête, l’apprivoise, est à son tour apprivoisé, totalement conquis, pour enfin la monter. Trot en duo, valse à deux temps, puis galop. Le port de tête altier, le dos cambré, il participe à ses premiers concours interscolaires, qui lui donneront goût à la compétition et, très vite, à la victoire. Madame Man, que tout le monde appelait tendrement Missiz Man, prendra la première et de main ferme le destin équestre du jeune Karim. «Un vrai personnage mythique dans notre monde d’enfants. 75 ans, toujours très élégante, un filet dans les cheveux, elle nous a marqués». Après son départ forcé à Chypre, la dame anglaise sera remplacée par le fameux Abou Issam, «il doit être très vieux aujourd’hui. C’est lui qui avait pris en charge ma mère lorsqu’elle avait vingt ans». Chaque été, et pendant plus de dix ans, Karim suit des formations dans des écoles d’équitation en Irlande, en Hollande, en France et au Danemark. Une respiration dans le monde des études obligatoires et obligées. Après avoir obtenu son baccalauréat en Suisse où il a vécu deux courtes années, il fait des études en assurance et marketing et travaille dans la publicité. Mais il pense déjà à quitter ce monde qui l’enferme entre les quatre murs de la ville, des chiffres et des convenances. Karim ressent l’appel des grands espaces. Les compétitions nombreuses qu’il gagne souvent ne suffisent pas à calmer son impatience. Champion du Liban de 1993 à 1998, il remporte de nombreuses médailles d’or et d’argent, par équipes ou individuelles, au Liban et à l’étranger. «Une victoire, c’est 50 % un bon cavalier et 50 % un bon cheval. Les conditions idéales sont difficiles à réunir au Liban». Tous ces exploits forgeront l’image d’un grand sportif accompli qui demeure un repère dans le monde équestre car il a rendu ou donné à l’équitation libanaise ses titres de noblesse ; en 1999, il rate de peu le championnat du Liban qu’il cède à son compatriote Jo Moukhachen, «un titre qu’il a remporté d’arrache-pied. Il l’a bien mérité». Ne dit-on pas d’ailleurs que l’équitation est un sport noble ? Dialogue L’appel du large… Karim Farès va enfin rejoindre son espace de prédilection, une nature intacte peuplée de poneys et de chevaux ravis et communiquer cet art en intégrant le Club hippique libanais de Fawzi Ghandour de 1992 à 1997, avant de créer le Poney Club Karim Farès à Antoura puis à Faqra. Ici, tout est calme et sérénité. Le silence sacré des lieux est rythmé par le pas des chevaux qui partent rejoindre leurs cavaliers. «J’aime enseigner aux enfants le respect du cheval. Dans ce sport, ils n’ont pas à traiter avec une machine ou un objet, une voiture ou une raquette de tennis, mais avec un animal qui a son propre caractère, ses humeurs, et ses limites. Observer un enfant avec son cheval permet très vite de percevoir son éducation, son caractère, les principes qui lui ont été inculqués chez lui». Cet après-midi, les élèves sont nombreux. Le lendemain est un jour de compétition. Karim est dans le manège. Il parle, s’emporte. «Pourquoi est-ce que tu énerves le cheval, calme-toi, il te suivra», lance-t-il à une cavalière particulièrement tendue. Elle s’exécute. Sa monture se calme. Karim est heureux. Calmé lui aussi. «Le cheval est quelque part idéaliste, il veut toujours s’affirmer, montrer qu’il est le meilleur. Lorsqu’il est lâché, il vit en dehors de la réalité. Finalement, oui, on se ressemble. Je voudrais aller au-delà de mes limites, même si ça ne réussit pas à chaque fois. Pour cela, rien ne m’arrête». Fougueux, toujours, Karim Farès est déjà reparti, la Jordanie, l’Allemagne, la Turquie, la Syrie et l’Italie sont au rendez-vous pour de nouveaux chuchotements, conversations privées entre lui et ses amis les chevaux que seuls des applaudissements feraient taire un moment.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Nom : Farès Prénom : Karim Date de naissance : 26.10.1969 Signe particulier : murmure à l’oreille des chevaux. «Je suis beaucoup plus à l’aise sur un cheval que les pieds sur terre !». Pas étonnant, Karim Farès est tombé dedans tout petit, à quatre ans à peine. Ou peut-être avant, mais il ne le savait pas encore. Quand il marche, il paraît comme perdu, maladroit, hésitant. Mais il suffit qu’il retrouve sa monture pour qu’en un instant il déploie ses ailes et décolle, comblé. st-ce vraiment par hasard qu’on porte un nom aussi équestre, déjà et presque naturellement voué et dévoué à ce sport ? On en vient même à se demander qui du nom ou de la passion a choisi l’autre, qui des deux a entraîné l’autre dans les vastes étendues où le cheval est roi et le cavalier son complice ? Départ au galop...