La Jordanie a bénéficié du processus de privatisation lancé depuis trois ans, selon l’organisme chargé de ce programme, mais des experts critiquent la manière dont sont utilisés les fonds provenant des sociétés privatisées. Les sept principaux projets vendus au secteur privé depuis 1998 «ont rapporté à l’État 935,8 millions de dollars et amélioré les performances des secteurs concernés», a indiqué le président de l’organisme responsable des privatisations, Adel Qodah. Selon lui, les privatisations ont permis de mettre «fin aux subventions par l’État des secteurs qui subissaient des pertes, d’encaisser des impôts des compagnies privatisées et d’accroître les réserves du pays en devises». Ces réserves sont actuellement estimées à 2 milliards de dollars contre 900 millions de dollars en 1999. La Jordanie table sur une plus grande participation du secteur privé pour consolider son économie qui souffre d’une dette extérieure de 6,8 milliards de dollars, représentant près de 90 % du PIB. La restructuration et la privatisation du secteur public jordanien était l’une des recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Depuis 1998, le gouvernement a vendu 33 % du capital de la compagnie des ciments au groupe Lafarge, a confié la gestion de la ligne ferroviaire d’Aqaba (sud) à la firme américaine Raytheon Wisconsin Central et celle du réseau d’eau d’Amman au groupe Suez Lyonnaise des Eaux. Il a attribué la gestion de la station thermale de Maïn au groupe Accor et confié le réseau des transports de bus à des investisseurs locaux privés. Mais l’opération la plus importante reste la vente de 40 % du capital de Jordan Telecom à France Telecom et à la Banque Arabe pour 508 millions de dollars. «Le gouvernement a déjà utilisé près du tiers des revenus des privatisations pour financer des projets d’infrastructures, racheter une partie de ses dettes et construire des logements aux militaires», au lieu de faire fructifier ces fonds, affirme l’économiste Fahd Fanek. Le professeur d’économie Mounir Hamarneh reproche de son côté au gouvernement de ne pas avoir utilisé les ressources des privatisations dans «des projets d’investissements pour créer des emplois et réduire le chômage», qui touche le quart de la population active, selon des estimations non officielles. Sur le plan social, M. Qodah affirme que les privatisations «n’ont pas entraîné de licenciements collectifs». «Aucun licenciement n’a eu lieu mais il y a eu des départs naturels», a indiqué le directeur général de Jordan Telecom, Pierre Mateï. La compagnie des ciments a consacré cette année plus de 12 millions de dollars pour couvrir les retraites anticipées. Le secteur public contribue aujourd’hui à 7 % du PIB jordanien contre 14 % avant les privatisations. Les privatisations, totales ou partielles, vont se poursuivre dans les prochaines années, souligne M. Qodah. Elles vont toucher notamment les trois sociétés du secteur électrique (production et distribution), les firmes de phosphate et de potasse, la compagnie aérienne Royal Jordanian, les grands aéroports ainsi que la poste et les douanes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Jordanie a bénéficié du processus de privatisation lancé depuis trois ans, selon l’organisme chargé de ce programme, mais des experts critiquent la manière dont sont utilisés les fonds provenant des sociétés privatisées. Les sept principaux projets vendus au secteur privé depuis 1998 «ont rapporté à l’État 935,8 millions de dollars et amélioré les performances des secteurs concernés», a indiqué le président de l’organisme responsable des privatisations, Adel Qodah. Selon lui, les privatisations ont permis de mettre «fin aux subventions par l’État des secteurs qui subissaient des pertes, d’encaisser des impôts des compagnies privatisées et d’accroître les réserves du pays en devises». Ces réserves sont actuellement estimées à 2 milliards de dollars contre 900 millions de dollars en 1999. La...